18 fév
2011

SCENARISTE ou L’ART DE SE FAIRE OUBLIER 2/4

(petite précision en intro, cet article est le deuxième d’une série de 4, le premier se trouvant si on clique ici…)

Trouver le dessinateur

"Cherchez le garçon, trouver son nom..."

ça vaut aussi pour le scénario. Enfin le garçon peut être une fille, vu comme le métier d’auteurs de bd s’est ouvert au beau sexe. Il y a d’ailleurs de LA scénariste désormais et on ne peut que s’en réjouir

La rencontre dessinateur scénariste peut se passer de plein de façon différente.

Certain ont déjà un dessinateur sous la main qui leur dit « tiens, toi qui est drôle / a de l’imagination dessine moi une connerie » auquel cas pas de problème. C’est vite trouvé. En même temps, le premier dessinateur venu n’est pas forcément le bon.

La plupart du temps, on a personne sous la main pour dessiner ses conneries, parce qu’on ne traine pas dans le milieux des dessineux (ou qu’on vit en province). Alors on essaie des trucs pour rencontrer la bonne personne. La plupart des scénaristes en herbe tentent le dernier recours du célibataire : les marieuses… En l’occurrence, ils envoient leur texte à un éditeur en espérant que le mec va les maquer avec un dessinateur de talent qui saura révéler leur génie.

En tant qu’éditeur, il m’arrive souvent de recevoir des scénarios géniaux de très grands auteurs encore méconnus… et qui risquent de le rester. Car, il faut le savoir, un éditeur ne lit jamais un scénario. Sauf bien sûr si vous avez un moyen de pression sur lui, tel qu’une amitié, un lien de parenté, une certaine célébrité qui fait de vous quelqu’un de « bankabeul », une apparence physique attractive ou une arme contondante.

Mais, sinon, vous avez assez peu de chance qu’on vous trouve quelqu’un. Moi en tout cas, je me suis toujours refusé à faire le maquereau. Après le dessinateur et le scénariste pense que je vais éditer leur merde, et je me sentirais obligé, j’ai horreur de me sentir obligé.

J'ai l'endroit parfait pour ranger ce scénario...

Comme je suis un garçon poli je décline la proposition. La plupart des éditeurs sont des fils de pute gens pressés et eux se contentent juste de jeter le manuscrit à la poubelle (ou de le réutiliser comme papier imprimante au dos, je fais ça aussi, c’est bon pour la planète).

Mon conseil ? Les sites de rencontre… Ne perdez pas votre temps à attendre la bonne fée qui trouvera pour vous le prince charmant et allez vous même à la chasse au tigre.

D’autant que le tigre est plutôt une timide petit canari, et qu’en plus il y a en a une chiée. Ça court les blogs… et oui, c’est de que j’entends par les sites de rencontres. Les bloggeurs sont autant d’oiseaux qui montrent leur plumage pour attirer votre ramage.

Hé non, il n'arrivera jamais ce superman qui réalisera la winning team...

Des enlumineurs de talents, ça court les rues d’internet. Mais des raconteurs… hou, c’est plus rare. Des gens qui savent écrire ? Il y a en a un pour trente personnes sachant dessiner.

Alors si vous êtes suffisamment prétentieux (ou conscient de votre valeur) pour penser que vous en êtes, ne bradez pas votre production avec le premier venu.

En général, on commence toujours par le plus proche copain sachant dessiner, c’est plus pratique. C’est l’erreur classique, mais c’est comme ça que ça marche et ma foi, pour ses premiers projets, autant se casser la gueule bien.

Il ne faut pas trouver un dessinateur pour un scénario. Il faut trouver « le » dessinateur pour « ce » scénario.

Même en général, il est encore mieux de faire le scénario pour le dessinateur.

Un dessinateur a toujours un univers et, parfois, il est contre-productif de demander au dessinateur de dessiner des choses qu’il déteste (au hasard : des voitures, des chevaux, des flingues, des personnages, des perspectives… parfois tout ça à la fois, auquel cas on a affaire à un scénariste et donc on s’est trompé d’interlocuteur).

En revanche, quand on connaît son client (le dessinateur je veux dire), on sait qu’il prendra plaisir à certaines choses qui en sortiront plus forte.

On a réussi à recruter le dessinateur Jean Marc Rochette (le cador qui a, entre autres, dessiné « le Transperceneige »), à condition de lui faire un scénario de commande comportant (je cite)  » des foules, pas de bagnoles, des paysages enneigées et des putes » … ce que j’ai fait (j’ai sottement oublié les putes).

Loïc Sécheresse, pour sa part, ma envoyé plusieurs mail de menace pour une bête perspective parisienne à trois points de fuite en contre-plongée.

Quel paresseux.

Bref, votre scénario doit coller au dessinateur. Ou l’inverse.

Votre scénario doit coller au dessinateur comme la crème doit coller au visage de Bernard Henri Lévy

Peut être vous dites vous que votre scénario peut être dessiné par tous. C’est faux.

Un scénario de drame social illustré par un dessinateur « gros nez » aura probablement moins de force ce que donnera le trait d’un dessinateur réaliste

Tout comme des gags sur les gendarmes ou les motards seront sans doute moins bien servi par un auteur de roman graphique.

Un projet nécessite « son » dessin. Et ce n’est pas forcément le plus joli ou le plus tape à l’œil que vous puissiez trouver.

Le parfait exemple en l’occurrence est Alan Moore, un auteur qui a su travailler avec des dessinateurs atypiques, au trait surprenant, mais qui ont toujours su servir ses histoires, qu’il s’agisse de « From Hell », de « Filles perdues » ou de « Watchmen » (pour ne citer que ces trois là).

Et si vous pensez que vous pouvez scénariser pour tous les dessinateurs, je vous arrête tout de suite, c’est faux.

Non pas que vous soyez condamné à un type de dessin, mais il y a des affinités à trouver.

"Un duo de scénariste doit traverser le temps comme un couple qui vieillit bien"

L’alchimie scénariste dessinateur est assez délicate à obtenir et, en général, un projet accouché dans la douleur donne des choses moins bonnes qu’un enfant conçu dans l’amour (si j’ose m’exprimer ainsi).

Il faut ainsi ne pas hésiter à se tester sur une ou deux petites histoires avant de jeter son dévolu sur « le bon ». Une fois votre dessineux trouvé, il faut commencer à bosser avec lui, ne serait ce que pour le tester un peu.

Comme dans la vraie vie, en somme. On se teste un peu avant d’emménager ensemble, paraît il…

Quoi que « le coup de foudre » existe aussi, hein, attention. Je peux en parler, j’ai connu.

Je file décidément la métaphore sentimentalo sexuelle jusqu’à la lie.

Dans le prochain épisode, nous quitterons donc ces considération poético-métaphorique à la mord moi la buche pour aborder un truc bien moins bandant… La technique.

14 fév
2011

SCENARISTE ou L’ART DE SE FAIRE OUBLIER 1/4

Voilà, c’est le titre d’une conférence donnée lors du dernier Angoulême. Quand on me connaît un peu, le titre donne à rire, mais bon, ça trouve son sens dans le propos que je développe plus loin… En fait, j’ai divisé le truc en 4 parties, vu que sinon ce ne serait pas trop digeste. Déjà que là…

Normalement, je commence la conférence en me présentant un peu pour dire à quel titre je prétend parler du sujet, vu que je déteste les mecs qui parlent d’un sujet qu’ils n’ont fait qu’effleurer du bout de l’œil sans pratiquer le coït avec.

Comme ça ferait extrêmement prétentieux de ressortir mon cv, que si vous lisez ce truc sur ce blog avec mon nom dans l’adresse, c’est que vous savez un peu où vous avez mis les pieds, d’autant plus qu’on est sur internet ; il vous suffit donc d’une gougueulisation wikipédiante pour savoir à quel titre je m’exprime sur ce magnifique sujet, le scénario en bande dessinée.

Rentrons donc profondément dans le vif du sujet.

Qu’est ce qu’un scénariste ? Un scénariste de bande dessinée, s’entend.

Spontanément, pour la plupart des gens, le scénariste c’est celui qui « écrit » l’histoire… Ce qui est très bien, sauf qu’en bande dessinée « écrire l’histoire » ça recouvre beaucoup de choses.

Il y a l’histoire globale (ce qui se passe), il y a le découpage (comment ça se passe, page après page, case après case), et enfin, il y a les dialogues, qui sont un genre en soi, à tel point qu’on a pu parler de scénariste-dialoguiste (qu’on pourrait opposer au scénariste de BD muette, mais pas que…).

Donc, si on devait faire une définition d’un scénariste de bande dessinée, c’est celui qui conçoit l’histoire dans son ensemble et dans ses détails.

Un scénariste attentif soigne le détail. Et parfois il porte des gilets au dessus d'une chemise improbable.

En théorie du moins.

On verra qu’en pratique, c’est un peu plus compliqué. On rentrera plus loin dans le détail, et, vous allez voir, c’est assez chiant en fait. Plus qu’on ne penserait. De toute façon, le boulot est mal connu, et j’ai une petite idée là-dessus.

Une relative « invisibilité » du scénariste : quelques stars pour beaucoup d’inconnus

En général, l’histoire de la bande dessinée retient peu les scénaristes.

D’ailleurs, le Grand Prix de la ville d’Angoulême, prix récompensant un auteur de bande dessinée, n’a jamais été attribué à un scénariste. Pour nuancer toutefois ce constat, il a rarement été attribué à un dessinateur qui ne soit pas aussi l’auteur de ses propres histoires  – mais ça s’est déjà vu : Mérière ou Schuiten (ou Lob) dont la quasi totalité de l’œuvre est dessinée uniquement. Ou Uderzo, hélas, qui aurait-peut être aussi bien juste se contenter de dessiner sans scénariser, au lu des derniers Astérix (enfin surtout du dernier)…

L'homme invisible, sa vie, son œuvre, ses lunettes.

Bien sûr, il y a des exceptions. Il y a des scénariste « stars », au premier rang desquels Goscinny, le scénariste d’Astérix, de Oumpah pah, du Petit Nicolas mais aussi de certains des meilleurs Lucky Luke… ou son compère Charlier, le roi de la bd d’aventures, moins célèbre aujourd’hui mais à qui on doit quand même Blueberry, les Chevaliers du ciel, Buck Danny, ou…euh… l’immortelle Patrouille des Castors.

Il y a aussi, bien sûr, Van Hamme, le scénariste des séries à succès que sont XIII, Largo Winch ou les Maîtres de l’Orge, mais aussi de quelques petits one shot de grande valeur comme le Grand Pouvoir du Schnikel ou histoire sans héros, ou encore Jodorowsky, le gourou drogué à qui l’on doit l’Incal, les Métabarons, les Technopères et toutes sortes d’histoire où l’on est susceptible de croiser des homéoputes.

Plus récemment, on peut citer Alain Ayrolles, l’auteur de De capes et de crocs et Garulfo, Jean-David Morvan (Sillage, Nomad…)

Bien sûr, on ne peut pas passer sous silence Lewis Trondheim et Joann Sfar qui sont non seulement des dessinateurs prolifiques mais aussi des scénaristes à répétition de séries à succès, comme, entre pléthore de choses, la série tentaculaire Donjon (ou pour Sfar la Fille du professeur qu’on peut écrire et mourir après).

En enchérissant sur ce badge sur le site de son propriétaire, tu sponsorises une juste cause en permettant à Lewis Trondheim d'acheter un badge plus joli l'an prochain.

Dans la nouvelle génération de scénaristes, citons enfin Fabien Vehlmann (Seuls, les derniers Jours d’un immortel, le Marquis d’Anaon…), Olivier Jouvray (Lincoln, Nous ne serons jamais des héros), et bien sûr Thomas Cadène à qui ont doit déjà plusieurs livres, dont récemment Sex Tape mais aussi le projet « Les Autres Gens » sur lequel je reviendrai, parce que j’ai du mal de m’empêcher de parler de ça.

Aux États-Unis, on connait quelques stars du même acabit (voir d’un acabit supérieur, vu que, you know, là-bas c’est plus gros) comme Stan Lee, Neil Gaiman ou l’incontournable britannique Alan Moore.

Au Japon, le problème se pose de façon différente, chaque grand dessinateur se faisant régulièrement accompagner d’une équipe s’étoffant au fur et à mesure du succès des ses albums, on peut parler de scénariste pour beaucoup des dessinateurs de série connus, aux limites d’ailleurs du chef de studio (je connais moins bien le manga, cette assertion est sujette à caution et peut être corrigée par quelqu’un s’y connaissant mieux que moi).

Cependant, force est de constater que ces grands noms représentent une goutte dans les noms qui viennent spontanément à la bouche quand il s’agit de parler d’auteurs de bande dessinée.

Deux raisons très simples :

D’abord, il y a beaucoup d’auteurs complets dans la bande dessinée et, spontanément, c’est plus naturellement le dessin qui marque les esprit (même s’il est très clair que Hergé, Pratt ou Franquin sont d’immenses scénaristes).

C’est d’ailleurs pour cela qu’on retient en général plus le dessinateur, dont le dessin donne une « image », naturellement plus mémorisable qu’une histoire, une phrase ou même un mot.

C’est injuste, mais tu le sais public, tu regarde plus que tu ne lis, c’est ton problème et on ne va pas le régler ici.

Stevie Wonder, lui, il sait se concentrer sur le scénario, merci Stevie.

La seconde raison, et là, je rentre dans une théorie personnelle que je vais développer ici, c’est que tout le métier justement du scénariste est de se faire oublier au service de l’histoire.

D’où le titre de cette conférence « l’Art de se faire oublier ».

Avant d’entrer plus avant dans cette vision un peu théorique et sûrement contestable du métier de scénariste, j’aimerais détailler un peu avec vous en quoi consiste concrètement le métier de scénariste.

Comment devient-on scénariste ?

Nombreux sont ceux qui se sentent appelés à faire de la bande dessinée, surtout en ces temps de surproduction, où on voudrait bien supprimer la moitié des jeunes prétentieux bourrés de talents qui nous prennent la place sur les étales des libraires.

C’est normal, la bande dessinée véhicule ce vieux rêve enfantin et moi aussi j’ai eu cette envie étant jeune de « faire des BD ». Mais comme bon nombre de ces appelés, j’ai réalisé ce triste constat… je n’étais pas aux nombres des élus sachant « bien dessiner », ou « très bien dessiner »… ou je ne sais pas quoi. Entendons-nous, je sais gribouiller pas mal, je fais illusion en société, et même j’ai produit un ou deux trucs dont je ne suis pas honteux.

Mais je bosse avec des stars du dessin, je suis éditeur, je sais faire la différence entre un vrai dessinateur et un escroc.

Dans ces cas là, soit on s’accroche, on dessine, on progresse (ou pas) ou, comme moi (ou comme Navo l’auteur de la Bande pas dessinée), on trouve des solutions minimalistes, dans un premier temps, pour raconter ses conneries.

Soit on arrête, et, franchement, c’est mieux pour tout le monde.

On n'est pas obligé d'en arriver là, si on ne sait pas dessiner. Scénariste, c'est finalement une solution tout à fait honorable.

Dernière possibilité, on devient scénariste.

Cela a un double avantage : d’une part, c’est mieux dessiné, d’autre part, ça vous prend vachement moins de temps.

En effet, le temps de dessiner une planche mal branlée, vous pouvez tomber 8 pages de scénarios soignés… Bon allez, 4.

Voilà donc une ou deux bonnes raisons de devenir scénariste… Sachant que la meilleure reste encore d’avoir envie de faire de la bande dessinée, que vous soyez bon ou piètre dessinateur, on s’en fout. Plus de considérations génériques sans fondement théorique dans les jours qui viennent, merci de votre attention.

21 jan
2011

8 comix, Vehlmann, les Autres Gens


La nouvelle de la semaine, c’est, me semble-t-il, l’ouverture de
8comix, site proposant de lire en ligne de la bande dessinée de grande tenue, puisqu’on ne trouve que des pointures dans les auteurs présents.

On trouve donc un paquet de bons auteurs parmi lesquels Cyril Pedrosa, Fabien Vehlmann, Jérôme et Olivier Jouvray, Greg et Fred Salsedo, Jason, j’en passe et des meilleurs… ou du moins de tout aussi bons.


En tant que lecteur, et surtout en tant que lecteur e xilé au pays de la saucisse-bière-choucroute, je ne peux que me réjouir de cette initiative qui va me permettre de me faire ma ligne de bulle quotidienne, autrement qu’en lisant les Autres Gens, qui récemment me surprennent moins, pour une raison que je dévoilerai en fin d’article (il va vous falloir tout se cogner, bonne chance).

En tant qu’auteur et participant du monde magnifique et merveilleux de la bande dessinée, je suis un peu surpris.

En effet, on trouve dans ce pool de champions bon nombre des membres du syndicat des auteurs de bande dessinée, dont l’immense et rubicond Olivier Jouvray, ainsi que Fabien Vehlmann, excellent scénariste aux multiples séries à succès (Seuls…, Le Marquis d’Anaon) et qui a commis cette année un excellent livre Derniers jours d’un immortel, que j’engage toute personne à lire et à relire pour découvrir comment faire de la science-fiction en tout minimalisme, sans flingue ni vaisseaux spatiaux ni monstres à dents et tentacules.

les derniers jours d'un immortel

Qu'est ce que c'est que cette couv de SF sans fille à gros seins ?

Fabien Vehlmann qui a d’ailleurs écrit il y a quelques temps deux textes sur son blog, (post 1 et post 2 ) où il faisait part de son angoisse pour le métier d’auteur de bande dessinée qui se précarisait, ce qui contraignait ceux qui voulaient en vivre à multiplier les projets afin de s’assurer une existence décente (une voiture, une femme, des enfants, un chien peut-être).

( J’AI UN ENORME EDIT A FAIRE : Les textes de FV, je les ai pris de mon point de vue de petit éditeur-jeune auteur-blogueur, alors que, de son point de vue, il les a sans nul doute écrit en pensant à la grosse édition, aux grosses machines, sans penser un instant que les petits et les sans grade dans mon genre puissent se sentir concernés (bon c’est dommage, mais c’est vrai que nous ne sommes guère représentatif)… Donc du coup, voilà comment donner une vision biaisée d’un texte quand deux personnes pensent parler de la même chose alors qu’en fait non. Le texte suivant, jusqu’à ce qu’on revienne sur 8comix est donc à prendre comme un témoignage de mon amour pour la polémique, là où en fait, y en a pas )

Ce texte, qui part sans nul doute d’une excellente intention, m’avait à l’époque pas mal gêné, parce qu’il comportait trois ou quatre faiblesses, de celles qu’on pardonne aisément à un jeune inconnu, mais qui, venant d’un acteur aussi remarquable de la scène bande dessinée est éminemment dommageable quand on sait qu’on pardonne tout d’avance à l’auteur aimé et que sa parole vaut certification notariale, surtout sur internet.

Ainsi, Vehlmann témoignait d’une méconnaissance certaine de la réalité de la majorité des auteurs de BD qui, non, ne touchent pas 16 000 euros d’avances sur droit. Pas même trois mille pour un blog, comme Fabien s’en offusquait (ce que tellement d’auteurs rêveraient de toucher même pas en avances, mais comme total des droits)…

D’autre part, il déplorait, comme tous les acteurs du livre, cette « surproduction », résultat d’une course à l’échalote de l’édition à laquelle tous, auteurs comme éditeurs, semblaient se livrer, avec des conséquences contre-productives quant aux recettes engrangées par les uns comme par les autres.

Jusqu’ici, rien de très nouveau sous le soleil, tout le monde déplore la situation, mais personne ne va s’arrêter de publier.

Et c’est là que le texte de Fabien Vehlmann gêne, car il en ressortait qu’il fallait arrêter de laisser publier aux jeunes auteurs leurs livres pour rien, afin de laisser les auteurs publiés toucher des droits dignes d’eux.

Ainsi, les libraires auront plus de place et d’argent à consacrer à l’achat et à la vente des « vrais auteurs » et tout le monde sera content.

C’est un peu gênant, surtout de la part d’un auteur payé, multipliant les séries à succès et qui, soyons honnêtes, prend à chaque sortie autant de place que 15 ou 20 jeunes auteurs pas payés, chez des petits labels dont les éditeurs ne sont pas plus rémunérés (snif) et qui sont bien contents quand le libraire leur prend 5 exemplaires d’une nouveauté.

C’est un peu paradoxal de s’inquiéter dans ces conditions de l’avenir des jeunes auteurs…

Entendons-nous : il est hors de question de demander aux auteurs prolifiques, et de surcroit blindés de talent, de limiter leur production, mais les voir suggérer que les jeunes pourraient attendre d’être dignes d’être payés avant d’espérer monter dans le train où, du coup, on aurait plus de place et on serait plus à son aise… c’est assez indécent.

Alors la faute à qui ?

On va taper sur le bouc émissaire habituel : les éditeurs, ces salauds qui s’engraissent sur le dos des auteurs.

un éditeur

Malgré son physique rassurant, il convient de se méfier de l'éditeur.

Rendez-vous compte, ces mecs touchent du fric – je cite – dès le premier album vendu… Alors que l’auteur, lui, doit attendre un certain nombre d’exemplaires pour espérer toucher plus que les, tiens, 16 000 euros que lui a donnés l’autre salaud, qui a surement dû payer en plus 4000 euros pour produire l’album, mais tu comprends, il touche dès le premier album vendu, salaud !

Bref, quant à ces salauds d’éditeurs tout gras de l’argent qu’ils volent à l’auteur, vivement qu’un modèle miracle issu d’internet nous débarrasse d’eux afin de permettre enfin au lecteur de sponsoriser l’auteur sans tous ces vampires que sont l’éditeur, le distributeur, le diffuseur et le libraire.

Oui, parce qu’on oublie souvent de le dire, mais, si l’auteur touche entre 6 et 10% seulement du prix de vente, parfois versés en partie en avance, l’éditeurs lui, ne gagne que ce qui reste après le passage de ces trois intermédiaires que sont le distributeur, le diffuseur et le libraire, qui, à eux trois, prennent plus de 50 % du prix du livre. Ce à quoi on ajoute les frais de production du livre (imprimeurs + frais de fonctionnement) et donc notre éditeur il prend… ce qui reste. Ce qui peut représenter pas mal d’argent, effectivement… À condition que le livre se vende, bien sûr.

Je détaille un peu, mais je vous rassure, dans le post originel toutes ces précisions sordides sont soigneusement évitées, nous sommes dans la bande dessinée, soit l’art de l’ellipse et de la simplification, mais parfois, il convient de ne pas trop simplifier pour ne pas sombrer dans la caricature.

Bref : l’éditeur, il doit arrêter de tendre la griffe au lecteur et de profiter de la profusion de gens qui veulent faire de la bande dessinée, pour ne pas les payer beaucoup (ou ne pas les payer du tout) sous prétexte qu’il ne va pas vendre beaucoup du livres, voire perdre de l’argent dessus.

Dont acte : messieurs les éditeurs, tirez les premiers. Fermez donc la porte aux jeunes, ces gâcheurs !

Renvoyons les au fanzinat et à la publication blog, jusqu’à ce qu’ils soient dignes d’être payés.

Au passage, je note aussi une utilisation régulière du terme « blogueur » qui se retrouve maladroitement juxtaposé au terme « auteur », comme si un blogueur n’était pas simplement un auteur qui publie sur support internet, mais bien une sorte de sous-auteur aspirant à être édité et ainsi consacré « vrai auteur ».

Le blogueur, pas vraiment un auteur, à peine un être humain. Il n'a pas d'âme.

Et ça s’explique assez simplement, car, effectivement, du fait qu’en France la culture blog propose un contenu gratuit, on peut facilement assimiler les « blogueurs » à des bradeurs de métier qui offrent de la bande dessinée à leur lecteur, puis éventuellement aux éditeurs, donnant leur contenu pour la gloire d’être édité (et espérant ainsi rentrer dans la cour des grands, où on les paiera peut-être un jour un quart de ce que touche Fabien Vehlmann en avances sur droits, juste en tant que scénariste, vous imaginez la misère…).

Et c’est là que je reviens à l’expérience 8comix, après un sacré détour…

8comix, de quoi s’agit-il ? Il s’agit de mettre en ligne, temporairement ou indéfiniment, des planches de BD en lecture gratuite, qu’il s’agisse de BD inédite ou d’anciens projets libres de droits.

Je viens de lire la présentation qui se termine par ces mots « c’est une expérience, nous voulons tout simplement voir ce qui se passe lorsqu’on met gratuitement et collectivement du contenu inédit et de qualité sur internet. »

Spontanément, j’ai envie de répondre à cette note d’intention en disant : Du contenu collectif inédit et de qualité, mais messieurs, il suffit d’aller lire sur Grand Papier ou sur Manolosanctis… Disons que la formulation n’est pas très diplomate, mais un court passage sur le blog de Vehlmann permet de dissiper les doutes là-dessus… ces gens savent qu’il y a déjà du bon sur internet.

Donc, c’est une expérience. Mais, comme je l’ai dit, cette expérience, elle existe déjà, on connaît un paquet de sites communautaires ou de blogs proposant du contenu de qualité, donc, bon, rien de révolutionnaire. C’est plus une question de goût qu’autre chose, 8comix proposant essentiellement (mais pas que) de la BD « classique », genre planche d’album scannée et mise en ligne.

Bon.

Cependant, je m’interroge. Dans 8comix, il y a plein de membres éminents du syndicat des auteurs de BD, il y a Fabien Vehlmann, il y a Olivier Jouvray… Et voilà que tous ces auteurs qui se plaignent des éditeurs, un peu des blogueurs, qui appellent au nouveau modèle économique internet, et qui, par leur notoriété seule, pourraient légitimement demander au lecteur de payer le contenu qu’ils proposent, lancent un site de publication en ligne, où ils pourraient justement développer ce nouveau modèle payant, mais… mais non.

Non, nos grands auteurs n’osent pas.

Bien sûr, en tant que lecteur, je me réjouis de lire leurs planches à l’œil. Mais, en tant que fervent supporter du syndicat des auteurs de BD, je ne peux pas m’empêcher de demander à ses membres présents « pourquoi vous ne sautez pas le pas ? C’est vous qui avez la crédibilité, le public, bref la position pour dire au public, oui, payer un auteur sur internet c’est bien, il faut le faire, et vous ne le faites pas ».

J’ai toujours eu cette conviction que ce n’est pas au blogueur inconnu de réaliser ce passage, cette évolution des mentalités, mais bien à des gens à forte visibilité, à des gens suivis, de faire basculer le modèle gratuit au modèle payant, comme c’est le cas aux Etats-Unis, parce que oui, merde, l’auteur de BD, il peut à bon escient estimer être payé pour son boulot, parce que c’est un boulot, et pas se contenter de toucher l’argent des pubs sur le site (pour ceux qui en ont) ou les droits de son blog une fois publié sur papier.

Seulement, l’auteur de bd, il veut trop être aimé du public, je crois que c’est là que le bât blesse.

Comme l’argent, c’est sale, c’est caca, en France, il faut qu’il y ait un intermédiaire, méprisable certes, pour prendre l’argent au lecteur afin que la relation auteur-lecteur reste propre. L’éditeur, le distributeur, le libraire, c’est un peu le préservatif de cette relation.

dessin de Libon

Le libraire : le maquereau qui permet la sordide relation auteur-lecteur (dessin Libon)

Trondheim a été l’un des premier à passer à l’acte et à faire payer son travail sur internet avec Bluzdee. Mais là encore, on a un intermédiaire pour prendre au lecteur son bel argent… Ah la la, ils ne sont pas encore prêt à tenir la caisse, nos grands auteurs.

En même temps, Lewis a sûrement mieux à faire.

Pour revenir à 8comix, pourquoi toute cette bande d’auteurs qui hurlent à la mort quand on leur parle d’auteurs pas payés, de blogueurs édités à rien, pourquoi eux n’ont pas fait ce courageux choix, consistant à faire payer l’internaute ?

Ben non, on préfère demander aux autres auteurs de ne pas publier, ou aux éditeurs de refuser des projets.

Fabien, Olivier, c’est vous qui deviez initier ce mouvement, et qu’est-ce que vous faites ? Vous vous contentez de reproduire ce qui existe déjà.

Enfin… J’imagine que moi aussi je sombre dans ce travers, consistant à attendre la solution des autres, de ces gens que j’admire, plutôt que de moi-même. En même temps, moi, je suis un auteur-éditeur, les gars. Faire payer les gens, ça ne me fait pas peur.

Ce qui m’amène aux Autres Gens.

Les Autres Gens, c’est une BD-novella sur internet, créée par Thomas Cadène, un jeune auteur bourré de talent, issu de l’écurie KSTR et qui a créé et lancé cette grande fresque sur internet, avec toute une bande de dessinateurs excellents, dont l’énumération serait fastidieuse tant ils sont nombreux (et nombreuses), mais qui regroupe à la fois des auteurs issus du blog (Boulet, Manu XYZ, Lommsek) que des auteurs d’abord connus par leur œuvre éditée (Bastien Vives, Christophe Gautier ou plus récemment le dessinateur du Transperceneige, Jean-Marc Rochette).

Outre l’immense qualité graphique et narrative de l’expérience, la grande nouveauté de la chose, en tout cas en matière de sites de publication de BD en France, c’est que c’est payant et que… les auteurs sont payés.

Peut être pas follement, l’abonnement de six mois étant à 15 euros, mais oui, les auteurs sont payés et le public paie pour les lire.

Et qui a fait ça ? Pas un gros éditeur avec plein de sous , même si Dupuis a eu depuis l’intelligence d’attraper ce train en marche et le propose en livre en mars, pas une star (pas encore), non, c’est un jeune auteur avec tout juste quatre livres derrière lui qui a pris le risque seul (quoique soutenu par toute une bande d’auteurs et d’amis) de monter une structure et de proposer un contenu payant sur internet.

Et ça, oui, je trouve ça couillu, et je regrette que les pontes et stars qui composent 8comix n’aient pas fait ce choix-là. Je pense que, bien sûr, la question a du être âprement discutée, mais, hélas, c’est le choix de la facilité qui a été pris.

Le lecteur fâché "quoi ? Payer de la BD sur internet ?!!"

On n’a pas voulu fâcher le lecteur, tant mieux pour lui, et tant pis pour les auteurs qui devront attendre un peu plus longtemps que Les Autres Gens fassent des émules pour pouvoir prétendre être payés sur internet et se passer un jour d’intermédiaire, ce jour joyeux où l’on considérera que, en matière de bande dessinée, payer et être payé pour son boulot c’est pas sale.

Voilà, c’est la fin de ce long long article, où j’ai sûrement dit beaucoup de bêtises, où j’ai volontairement fait un ou deux procès d’intention dont les victimes viendront se défendre à bon droit (ou ne le feront pas, hein) et où j’ai fait une bonne pub à Thomas Cadène et aux Autres Gens, probablement parce que je fais partie de l’équipe depuis peu, mais sans doute aussi parce que c’est quelque chose de vraiment bien.

Je vais encore me faire des amis, tiens… Moi qui adore le travail de Vehlmann. A la veille d’Angoulême, c’est pas bien malin.

En attendant, je vais aller lire les excellentes BD que proposent Olivier et Fabien sur 8comix.fr …

Bonus : saviez vous qu'en Allemagne, Valerian vit des aventures galactiques avec une certaine Véronique ?

6 sept
2010

Comment ne pas choper ?

Ce n’est pas si facile qu’il y parait…

Spontanément on se dit « Ho ben ça va aller tout seul », et puis tout d’un coup on bouscule une demoizelle, on s’excuse, voilà que la fille vous répond et vous voilà bien emmerdé, obligé de la raccompagner chez elle, voire même de lui faire l’amour, sans parler de la revoir.

Pour éviter cette issue déplaisante, quelques conseils ne sont pas superflus.

Tout d’abord, une petite préparation mentale semble une excellente entrée en matière.

Avant toute sortie, regardez vous dans la glace, pas rasé, pas maquillé, mal habillé, tel que vous irez d’ailleurs en soirée, et dites vous des phrases de motivation que vous adapterez de la méthode Coué.

« Je suis un gros louseur »
« Je vais pas choper ce soir »
« De toute façon je pourrais jamais avoir d’enfant de façon naturelle…
 »

Voilà, vous êtes chaud.

et voilà, vous êtes chauve.

Faites cela, même si vous n’êtes pas parti pour sortir.
L’amour, ce petit sournois, peut frapper n’importe. Vous partez pour acheter un petit pain au chocolat et paf, la boulangère vous sourit, vous ne la regardez pas, Elle vous offre des lunettes et là c’est le drame, un soir on vous mariera peut être même dans l’odeur chaude des galettes, des baguettes et des babas, ya ya ya ya.

Bref sortez couverts, on se sait jamais.

Si vous devez aller en soirée pour boire des coups, ou pire, passer une bonne soirée avec des amis, le risque de rencontrer quelqu’un est démultiplié. A choisir, favorisez plutôt les dîners en appartement avec des gens mariés ou maqués depuis belle lurette.
Même s’ils décident de vous présenter quelqu’un, ce sera toujours mieux que de risquer la promiscuité avec tout plein d’inconnues au sex-appeal menaçant, alors que, si vos amis vous présentent une célibataire, dites vous que c’est sans doute pour une bonne raison qu’elle l’est restée, le danger est donc moindre.

Si vous ne pouvez pas faire autrement et que vous vous retrouvez contraint à sortir, soyez forts, mais faites contre mauvaise fortune bon cœur. Ne souriez toutefois pas trop, les filles aiment les gens sympathiques (sauf bien entendu si vous avez une dentition déplorable, dans ce cas là allez y).
Méfiez vous de l’excès inverse : certaines aiment aussi les connards, si vous êtes par trop hargneux, vous risquez d’attirer l’attention de l’immense frange sado-maso de la population féminine.

Attention à ne pas laisser croire que vous vous êtes déguisé pour l'occasion.

Entrez discrètement dans la boite, l’appartement ou le bar, sans vous faire remarquer d’aucune façon, même en mal. Si vous tombiez face contre terre il se peut qu’une femme a l’instinct maternel exacerbé vous vienne en aide et là, vous courrez directement à l’échec.

Soyez discret, mais pas trop.

Regardez de droite a gauche en cherchant d’hypothétiques amis. Profitez en pour reluquer ostensiblement les filles, vous marquerez des points dans leur désintérêt.

  Évitez au maximum d’avoir des amis valorisants avec vous. Pas de copain bien intentionné, pas de faire-valoir.
Préférez des beaux gosses égoïstes qui vous écrasent de leur superbe ou des gros lourds qui en sont restés au concours de cassage.

Une habile combinaison des deux types vous permettra de rentrer seul sans coup férir.

Dans le meilleur des cas, il vaut mieux éviter tout contact avec l’élément féminin.

Rester entre gros lourds est la garantie de bien des soirées réussies où on est pas dérangé par une fille un tant soit peu mignonne et/ou sympa.

 Cependant, il arrive parfois, si vous vous éloignez trop du troupeau, la dangereuse mésaventure d’être entouré de femmes.

Ne vous laissez pas démonter.
On peut très bien se sortir de ce mauvais pas. Des milliers d’homme l’ont fait, si vous gardez votre sang froid, il n’est pas de raison pour que ça tourne mal.

Tout d’abord ne  croisez pas le regard et surtout, surtout, ne parlez pas.
Si vous y êtes contraint, limitez vous a des banalités

« La musique est forte »
« Ou sont les toilettes ?  »
« Je suis fatigué « 

"c'est toi, cette odeur ?" à ne pas confondre avec "c'est quoi ton parfum?" (à proscrire)

En général, la fille comprendra que vous n’en valez pas la peine et vous laissera tranquille.
 Cependant, certaines ne se laissent pas si facilement décourager, donc prudence : une conversation si pauvre soit elle ne vous met pas a l’abri du danger.

 Surtout si, par mégarde, vous vous êtes laissez coincé sur la piste de danse…

Dans tous les cas : n’essayez pas de danser ! Toute femme y verra les débuts possibles d’une parade amoureuse et vous seriez pris a votre propre jeu.
 La seule exception reste le pogo qui vous assure une relative tranquillité au niveau séduction.
Tout entraînante que soit la musique, gardez les mains le long du corps et affichez l’immobilité du bigorneau sur son rocher. (Une exception toutefois si vous deviez être tombé sur une soirée Minimal Wave où tout le monde danse comme ça).
Dès qu’un moment est propice (changement de disque, envie pressante, pièce plongée dans la pénombre, remous de la foule) jetez vous loin de la succube tentatrice et blottissez vous dans votre groupe de gros lourds. Il est impossible qu’on vienne vous y chercher.

Si vous n’êtes pas assez rapide ou pris par surprise, vous vous pourriez vous retrouver coincé par une demoiselle insistant absolument pour vous parler, par exemple, sur une banquette.
Là, vous êtes mal mais tout n’est pas perdu.

 Tout d’abord, notez le bien, feindre l’imbécillité totale ne vous garantit en rien de ne pas plaire.

évitez de sourire, sauf si vous avez le sourire décourageant.


En amour comme en tout, l’intelligence est rarement un critère digne d’être pris en compte.

 Soyez terne.

 Ne laissez aucune partie de votre personnalité rejaillir. Ne soyez pas fascinant, soyez vacillant

. Si la demoiselle est simple soyez puant, si elle est puante, soyez humble.

Laissez lui bien comprendre que vous n’avez aucun point en commun.

Ne vous intéressez surtout pas à elle. Une façon imparable de passer pour un type intéressant est toujours de s’intéresser à son interlocutrice. Donc soyez inintéressant : ne l’écoutez pas, ne lui posez pas de question.

 Si malgré votre mutisme, elle insiste lourdement, ne perdez pas pied, et pensez à prendre une bonne goulée d’air frais irriguera votre cerveau, en prévision de la rude partie qui s’annonce ; ça ne veut pas dire aller dehors avec elle, ce serait la pire chose à faire.

Ne vous éloignez pas de la masse. Evitez toute zone d’intimité, débrouillez vous pour n’être ni trop isolé, ni trop serré, toutes situation qui vous rapprocherait d’elle.

Cependant, malgré votre résistance il se peut que la conversation s’engage, car certaine ont développé un art du monologue dialogué qui ferait honte à bon nombre de scénariste de films français. Dans ce cas, prenez garde à ne pas parlez de vous. Si elle tient absolument à ce que vous lui répondiez et que vous êtes récalcitrant à l’idée d’être grossier (pourtant une solution bien pratique pour rompre les amarres), soyez plat et neutre : évitez les références communes et fuyez absolument toute pensée originale, toute considération personnelle et tout détail intime.

Surtout si elle s’aventure sur le terrain de votre vie sentimentale.

"Ma vie sentimentale ? Ah ah ah... tu vois le Sahel ?"

Arrivé à ce degré de danger, il n’y a plus d’honneur qui tienne, aux grands mots les grands remèdes.

Parlez de vos ex. De toutes, mais les douloureuses en premier. Laisser entendre qu’elles sont nombreuses, récentes et que vous les revoyez souvent. N’hésitez pas à multiplier les histoires de conquête, imaginaires ou non, sauf si vous voyez que ça l’excite.
Auquel cas parlez de vos piètres performances sexuelles, à mots couverts, afin de décourager les désirs inassouvis de la prétendante.

Si elle s’accroche encore, parlez de votre mère.
Au besoin, plusieurs fois.
Si la fille n’est pas découragée, des solutions d’urgence existent, mais sont à utiliser en dernier recours : l’alarme incendie, la violence physique, la simulation de crise d’épilepsie, l’émission de pets.

Si rien de tout cela n’a marche.
Ma foi,…

Hé bien laissez vous faire, parfois, il ne faut pas contredire les femmes.

les carottes sont elles cuites ?

1 sept
2010

Les enfants, ces teignes.

Ah oui alors les enfants parlons en.

Quelle poisse, quelle plaie, quel enfer.
Non mais sans blague.

Pouah les jeunes !
Hou les petits !
A mort les mômes.

Et le pire, c’est qu’en Europe, c’est le règne de l’enfant roi : un tueur de vieille, on a de la compréhension, un violeur de fille, passe encore (faut voir comme elle s’habillent aussi), mais alors écrasez le château de sable d’un petit rouquin braillard, cassez le jouet d’un morveux ou déshabillez les poupées Barbie de votre petite cousine pour leur faire faire des trucs ensemble (ou leur introduire des légo dans des parties génitales que vous pourrez faire au tournevis, par exemple) et vous verrez comme on vous regardera…

Non mais les mômes, c’est pas des saints non plus, hein.

Je rentre d’un vol de seulement deux heures engoinfré d’une bande de moutard espingouins. Si le purgatoire existe (et c’est bien évident, quand on pense au nombre de mauvais chrétiens qui courent sur terre), ça doit ressembler a une cabine d’airbus bondé de mouflets castillans.

Dans un train on a encore le loisir de fuir ou de jeter un ou deux exemplaires par la fenêtre pour montrer l’exemple aux autres (les enfants sont si grégaires, on dirait des français). Dans un avion, c’est tout de suite plus compliqué.

Je crois qu’Ibéria faisait des prix sur ces vols à cause du risque de voyager avec des ressortissants mineurs. Saleté d’Ibéria.

"monsieur, dessine nous un mouton..."

"S'il te plaît monsieur, dessine nous un mouton"

Je comprend mal qu’on ait pas encore organisé des transports longues distances uniquement réservés aux mouflets, afin de protéger les gens sérieux qui voyagent et aimeraient bien finir leur niveau de Zelda tranquille (il s’agit d’un exemple au hasard, les gens sérieux ont aussi parfois envie de lire un magazine de charme sans être assaillis par  des rires rigolards de pré-adolescents caverneux).

Bref, pourquoi pas des charters acnéiques, des trains corail à braillards, ou, au moins des zones de bruit isolées du reste de l’appareil ou du compartiment ou ont regrouperait les parents et les accompagnateurs pour leur apprendre un peu, avec, bien entendu, interdiction de dormir ou de profiter du voyage.

Les mexicains ont fait ça dans leur capitale avec des compartiments exclusivement réservé aux femmes et aux enfants (la raison officielle invoquée était que les femmes agressaient sexuellement trop souvent les hommes mexicains en jetant leur postérieur sur la mains de ces malheureux). Si les mexicains l’ont fait, pourquoi pas nous ? On est pas plus con que ces gens là, croyez moi.

"Bonjour madame, belle moustache..."

Hélas, je crois que les avions modernes ne sont pas fait pour supporter les conditions extrême que représenteraient une horde de nabots en pleine croissance et seul l’industrie du car a vraiment réussi à développer des machines assez résistantes pour être rempli UNIQUEMENT d’enfant.
Evidemment, l’espérance de vie d’un car de ramassage scolaire est assez limitée, voilà pourquoi on préférera dans la mesure du possible le wagon à bestiaux. Toujours est il que l’avion réservé aux enfants n’existe pas encore, et c’est bien dommage.

Il faut donc faire des équipages mixtes, adulte-enfant.

Il y a des moyen pour réduire le mouflet au silence. Je ne parle pas du bébé, qui lui ne se calme qu’avec un coussin sur la bouche pendant dix longues minutes. Non pour le môme lambda, il suffit de l’entourer 5 adulte en pleine santé et en costume gris dans l’entourage immédiat du fauteur de trouble pour atténuer sa nocivité de façon à permettre un transport aérien dans des conditions de sécurité suffisantes pour l’appareil, sinon pour la santé mentale des passagers.

Pour ce faire, les adultes entourant doivent avoir une belle qualité d’ennui. Les banquiers sont idéals pour ça. Isoler un enfant dans un avion donne enfin  une raison d’être au banquier.

Attention attention, je ne dis pas que tous les enfants sont des machines à déféquer hurleuses venues sur terre par a suite d’une défaillance intellectuelle, d’une faute d’inattention ou du désir morbide de générer un éventuel donneur d’organe compatible pour son géniteur (après tout pourquoi pas, ça se défend).

Attention, votre enfant pourrait ressembler à ça.

Vous auriez pu avoir un chien... Mais non.

Dans ma famille par exemple, les enfants échappent tout à fait à cette norme et, s’ils pleurent un peu, c’est pour rire ou pour attirer l’attention, mais rien de plus. Je parle ici de mes frères et de moi-même (et de leurs enfants).

Cette introduction sur les enfants et la famille m’amènent naturellement à parler de pédophilie.
Cessons les fausses pudibonderies et entrons dans le vif du sujet.

Je ne suis pas pédophile. J’ai essayé quand j’étais petit et, vraiment, c’est pas mon truc. L’enfant, encore plus que l’animal est très peu reconnaissant après l’amour et, une foi son carambar en poche, s’en est fini des promesses d’éternité que seul visiblement l’attrait de la friandise avait généré.

Le carambar : ou comment vendre son corps contre quelques carries

Les femmes sont aussi comme ça, mais, elles du moins ont le bon sens de penser au delà de l’instant présent et assurent un service après vente, bien sûr pas tout à fait désintéressé, puisqu’elle s’attendent bien souvent à épouser en bout de course votre immense fortune. Mon dieu que ces être sont vils.
Toujours est il que, depuis ma majorité sexuelle, j’ai arrêté de m’intéresser aux enfants, ces petites teignes égoïstes, pour me spécialiser dans la femme.

( En l’occurrence est ce que “se spécialiser dans” est bien correct comme expression ?  ça sonne mieux que “se spécialiser sur” Mais après tout, on est parfois dans la femme, et parfois dessus…Parfois dessous aussi… )

Bref, je fais pas l’enfant. Sauf pour obtenir des trucs, auquel cas, je trépigne, je crie et je fais des simagrées et, à force de, j’obtiens en général ma friandise.

Pour revenir aux enfants, bien que je n’ai vraiment aucun goût pour eux, je ne juge pas ceux que ça tente, après tout, s’ils aiment changer les couches… Non ce qui me gênent, c’est que la legislation actuelle a laissé ce plaisir bien innocent à une élite de nantie, position bien peu démocratique pour une république.

Ainsi, pour peu qu’on soit un peu de la famille du président, qu’on ait des billets d’avions pas chers pour le maroc ou la thaïlande ou, plus couramment, qu’on ait un poste dans l’Eglise Catholique, les fruits défendus de la jeunesse vous sont ouverts.

Ce favoritisme est complètement scandaleux et on ne peut pas cautionner un truc pareil, surtout dans un état laïc.
S’il faut interdire la pédophilie, je propose de l’interdire à tous, partout.
Et d’ailleurs, pas seulement à ceux qui ont des rapports sexuels avec les enfants. 
Ou en veulent.

Interdisons  ce pédophilisme déguisé, ce truc qui consiste à s’intéresser aux mômes qu’ils soient les siens ou non. Et particulièrement la fascination malsaine qu’éprouvent certaines (et parfois certains) pour les bébés, ces petites gonflures violacées et bruyantes, brouillon peu ragoûtant d’être humain qui ne sont là que pour nous pousser dans la tombe et nous ôter le sein de leur mère de la bouche.

Appelons les enfants par des numéros, élevons-les dans de grandes fermes communautaires, où ils pourront jouer ensemble et devenir bons camarades en apprenant les bases d’une belle société humaniste.

à la majorité sexuelle, les gens qui voudraient absolument avoir une expérience de parents pourraient tirer un numéro au hasard et connaître ainsi les joies de l’adolescence avec leur lot.

Ils seraient au bout de quelques années débarrassés de leur progéniture et auraient tout lieu de s’en réjouir. En plus, ils pourraient avoir eu entretemps des rapports sexuels avec sans que se pose le triste problème de l’inceste qui fait tant de ravages en belgique et dans le Nord de la France.

Ce serait idéal.
Quelle société parfaite.

Et on pourrait enfin voyager en paix.