Le mariage gay et le mariage triste.

14 nov 2012 by wandrille, 83 Comments »

Je suis assez mauvais dans la discussion. Entendre : je suis souvent de mauvaise foi, agressif, et j’ai tendance naturellement à me braquer mes interlocuteurs, ayant soin d’avoir raison sur eux, plutôt que de les convaincre.

C’est nul, mais je me soigne.

En général, sans effet majeur.

Du coup, j’essaie, la plupart du temps de m’abstenir de rentrer dans la controverse, parce que je fais souvent plus de mal que de bien. C’est pour ça notamment que j’évite depuis quelques années de fréquenter les forums, haut lieu de la foire à la connerie, dans lequel le dernier qui a commenté a raison. Bon… il arrive que je ne résiste pas…

Et parfois, la discussion porte sur un sujet suffisamment important ou implique des gens que j’aime, alors j’enfourche mon cheval de bataille, un percheron qui ne fait pas dans la dentelle, je mets mon armure rose de templier et, la hache à la main, je file m’embrouiller avec les petits justiciers de circonstance, en général courageusement dissimulés derrière l’anonymat d’internet.

Y a pas à dire, ça envoie de la virilité l’armure d’Andromède…

Là, je fais du dégât et dis quelques conneries, mais, au passage, je me fais un ou deux de ces  Zorros du dimanche et autres bons samaritains de la connerie. C’est pas très chrétien, mais ça soulage. Ça, quand ça démange, faut gratter.

C’est le cas aujourd’hui, alors je gratte.

Parlons, causons et soyons prolixe et longs, et, pour changer, ne soyons pas trop bête sur un sujet d’actualité pour lequel on entend bon nombre d’horreur bien-pensante.

Oui, tu l’as compris lecteur, mon semblables mon frère, je vais parler de quelque chose d’important, même si pas le plus urgent, je ne parlerais donc pas de la crise du logement, de l’impunité des banques financées et garanties par les états ou, encore mieux, de la soumission des états souverains aux intérêts du privé.

Non, non, ça, c’est peanuts à côté d’un truc qui  menace la planète et toute l’espèce humaine et va briser les sceaux de la destruction : le droit de deux personnes de se marier s’ils n’ont pas d’orifices complémentaires et qu’on ne peut pas brancher la prise d’un monsieur dans celle d’une dame.

Eh oui… c’est le « problème du mariage gay ». La tarte à la crème de jour du jour.

Lesbiennes hétérosexuelles s’embrassant devant des pédés d’anti-mariage gay

Certes,  j’ai bien conscience qu’il y aurait plus d’énergie à dépenser sur des sujets plus généraux, mais voilà… il y a de la vilaine discrimination sale qui se voile du voile blanc de la protection de l’enfance. Bah oui, parce que qui dit mariage, dit mouflet et qui dit mariage homo, dit partouze, drag queen et drogue. Heureusement l’Eglise veille, parce qu’on sait bien que, au bout de ce chemin de perdition, il y a la pédophilie, pré carré de l’Eglise catholique, on comprend donc qu’on ne puisse pas laisser ça à d’autre hommes qui ont le mauvais goût de ne pas porter de robe. Bien entendu, mon entourage catho bon teint a la position qu’on imagine là-dessus, alors je réagis.

Au départ, ça part d’un mail « informatif » d’un ami de mes parents, courriel passablement orienté auquel deux de mes petits frères ont brillamment répondu, bien plus pédagogiquement que moi, notamment mon benjamin, psychologue pour enfant qui a fait un résumé fabuleux et une analyse du rejet de la chose qui lui a valu toute mon admiration, dont certes je ne suis pas avare, ayant le bon goût de m’entourer de gens très forts. Mais, comme dit Renaud, « on choisit ses amis, mais rarement sa famille ». Là, coup de bol, j’ai eu la main heureuse (pour les autres frangins aussi, d’ailleurs). Je copie son texte dans le premier commentaire ci-dessous (ce qui ne vous dispense pas finir de lire cet article, bande de paresseux).

Évidemment, moi, dans l’échange mail, j’étais dans mon rôle habituel, provoc’ et violent. En mots, hein, parce que violent devant son ordinateur, ça vous oblige juste à racheter souvent un écran, sans que l’adversaire soit incommodé plus que ça, c’est nul.

 

Serge Dassault : Un opposant au mariage gay qui confond carte vermeille et permis de voler.

Après plusieurs allez-retour, on ne peut plus courtois, donc -on est entre gens de biens- le débat ne semblant pas retomber, au vu du conservatisme bienveillant et de la force d’inertie propre à notre grande bourgeoisie, il a bien fallu recourir aux grands moyens à savoir « utiliser son intelligence ».

Voilà bien une chose que je répugne à faire, la plupart du temps.
Réfléchir. Alors que je suis censé faire de la bande dessinée le reste de mes heures. Vous imaginez l’effort ?

Alors oui, Virginie Despentes a déjà brillamment répondu aux chrétiens biens pensant dont Jospin c’est fait le chantre récemment. J’avais pas forcément de l’intérêt pour cette femme, dont je n’ai lu aucun des livres ni vu les films (je vais me rattraper, au moins sur les films, il parait qu’ils sont du meilleur goût). Là, elle commence à m’intéresser bigrement vu comme elle a magnifiquement résumé la situation de son point de vue de gouine pas spécialement porté sur le mariage, mais qui voit très bien et met en lumière les droits qui sont déniés aux homosexuels par le refus du mariage gay (sans parler de l’adoption, hein).

Le problème, c’est que, parlant en tant que goudou dans un media homo (Tétu en l’occurence), les adversaires auront beau jeu d’ignorer ce texte. Vous pensez bien, s’intéresser au point de vue des intéressés ? Quelle blague !

Un autre texte, transmis par le fabuleux Pochep, autre baltringue notoire, m’a fait réagir récemment.
Il s’agissait d’un inverti absolument outré et fatigué de la campagne de dénigrement qui fait rage en ce moment, l’auteur met les indécis et les silencieux dans le choix pas cool de « es tu avec moi ou contre moi ? ». Quand on voit que ses amis et sa famille restent muets dans le tonitruant maelström d’amalgames qui sévit en ce moment et qu’on est de la jaquette, c’est effectivement à se demander si ces gens là vous aiment vraiment.

Bon, j’aime pas trop trop cette façon d’obliger à choisir un camp, surtout que, perso, je me fous pas mal que ce que font les gens dans leur intimité. Si vous préférez le goulot au cul de la bouteille ou la bite d’amarrage au chas de l’aiguille… grand bien vous fasse, chacun ses goûts.

Pour tout ceux qui aime la bite : vous voilà servis

Cependant, qu’on ne se méprenne pas, hein, j’ai rien contre les gros pédés du cul, mais j’en suis pas, hein, ah ah ah, non, faut pas déconner… Bon j’ai des amis d’amis qui en sont… bon non, ok, peut être même des amis tout court… Bon dieu, ces gens là sont partout.

Du coup, oui, il y a des gens que j’aime et qui souffrent de la situation et je vais pas laisser d’autres personnes leur chier dans les bottes sous prétexte que ces détracteurs, ce sont des gens de ma famille.

Bien entendu, je ne saurais pas être aussi bon que Virginie Despentes, mais peut être mon apport d’hétéro-macho-beauf permettra t’il d’atteindre d’autres néandertalien dans mon genre et si, au passage, on met un coup de sabre au goupillon, on ne se plaindra pas.

Alors poum, allonzy, on sort les flingues et on va se faire une ministre.

En l’occurence, je m’occupe ci-dessous d’un texte qui a une dizaine d’année, écrit par la mère Guigou, à une époque où elle était ministre, mais déjà vieille. Dans sa tête, hein, on attaque pas sur le physique.

Merde, on avait dit pas le physique…

Elisabeth Guigou, alors ministre du gouvernement Jospin, lors du débat sur le PACS le 3 novembre 1998, avait prononcé le discours suivant. 

Elisabeth Guigou : « Aujourd’hui (…) le Gouvernement soutient la proposition de loi sur le pacte civil de solidarité qui permet à deux personnes d’organiser leur vie commune dans la clarté et la dignité. (…) Pourquoi avoir dissocié le pacte de la famille ? Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes.

Tout de suite, une affirmation extrêmement discutable. Depuis quand une famille est elle l’articulation de la différence des sexes ? Est ce à dire qu’une famille de garçon dont la mère est décédé n’est pas une famille ? Est ce qu’une cellule familiale ou un homme  adopte un garçon n’est pas alors une famille ? 
Est ce qu’un couple qui divorce ou la mère prend ses filles perd son statut familial ?
Et bien sur les droits qui vont avec.
Non, on voit donc que cette phrase arbitraire est donc éminemment criticable, or, elle sert d’assise à tout le reste de la démonstration…

Elisabeth Guigou : C’est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. (…) Nous reconnaissons, sans discrimination aucune, une même valeur à l’engagement de ces deux personnes, hétérosexuelles ou homosexuelles. Il fallait trouver une formule qui traduise cet engagement et le gratifie de nouveaux droits. Mais il fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes.

On a donc bien ici une discrimination, puisque, au regard des droits, alors qu’une cellule monoparentale de base hétérosexuelle dispose des même droits qu’une cellule hétérosexuelle « complète », on décide que « pour l’enfant » il doit en être différemment s’il s’agit d’une cellule homosexuelle, alors même qu’un enfant de divorcé ou de remarié ou de veuf se trouve lui-même dans une « situation différentes ». Bizarrement, le legislateur n’a pas cru utile de faire la différence, cette fois.

Elisabeth Guigou : La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation.

Belle phrase langue de bois, ça séduit le bourgeois. « Science sans conscience n’est que ruineuh de l’âme… »  Si on différencie les homos pourquoi pas les autres ? pourquoi « l’indifférenciation » ne concerne-t-elle pas les divorcés, remariés et autre « particularisme »… Si un groupe subit un traitement différent des autres, inutile d’aller plus loin dans l’acrobatie lexicale, il s’agit de discrimination.

Elisabeth Guigou : Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Voilà pourquoi le PACS ne légifère pas sur l’enfant et la famille. Voilà pourquoi le pacte concerne le couple et lui seul. Les opposants au PACS prétendent que celui-ci serait dangereux pour le mariage. Mais ce n’est pas le PACS qui est dangereux pour le mariage !

On note d’ailleurs que, dix ans après, le PACS n’a en rien diminué la force de l’institution du mariage. A contrario des arguments avancés par ceux même qui, dix ans plus tôt prétendaient qu’il la détruirait et qui sont les même d’ailleurs que ceux qui hurlent contre le mariage gay. 
On peut prendre le pari que celui-ci ne détruira pas plus l’institution du mariage que ne l’a fait le PACS.

Le droit à chacun d’avoir des photos de mariage à la con.

Elisabeth Guigou : Celui-ci est en effet confronté depuis longtemps déjà aux évolutions de la société : crainte de s’engager pour la vie, peur d’évoluer différemment de l’autre, indépendance financière de plus en plus tardive, acceptation sociale de la cohabitation, volonté de ne pas faire sienne la famille de l’autre… mais malgré ces difficultés le mariage reste un idéal et a de beaux jours devant lui. (…) Le pacte civil de solidarité serait en deuxième lieu dangereux pour la famille et pour la société ! Mais le choix a été fait de dissocier pacte et famille car lorsqu’on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l’enfant. (…) En troisième lieu, certains s’inquiètent de ce que l’enfant serait oublié. Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte. Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents.

On revient au problème des veuf et des famille monoparentale d’adoption… Ce droit de l’enfant à un père et une mère me parait bien étrange. Est ce à dire que, si un enfant perd un de ses deux parents, on va lui en caser un de force, au nom de son droit à un papa ou une maman ?
Ce droit à une père et à une mère va-t-il bientôt être associé à un droit à deux grand père et deux grands mères ? ça permettrait d’avoir des petits enfants de couples gays…
Et le droit à avoir des frères ET des soeurs, au nom de la diversité génétique au sein de la famille, on en fait quoi ?

Elisabeth Guigou : D’ailleurs aujourd’hui, la situation de l’enfant légitime qui vit avec ses deux parents est plus proche de la situation de l’enfant naturel qui vit lui aussi avec ses deux parents que de celle de l’enfant légitime de deux parents divorcés ou séparés. Enfin, certains ajoutent encore une menace : le pacte ne serait qu’une première étape vers le droit à la filiation pour les couples homosexuels ! Ceux qui le prétendent n’engagent qu’eux-mêmes. Le Gouvernement a, quant à lui, voulu que le pacte ne concerne pas la famille. Il n’aura donc pas d’effet sur la filiation.

De fait, il n’en a pas eu. Le PACS étant  utilisé par tous, homo comme hétéro, y compris  par les simples colocataires, c’est à dire en dehors de tout lien social de type union libre.

Elisabeth Guigou : Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en-dehors de la procréation naturelle.

On hallucine… Pas de droit à l’enfant en dehors de la procréation naturelle… Certains de mes amis, catholiques bon teint qui ont eu recours à l’insémination artificielle, ont donc outrepassé les limites du droit divin et humain.

Les parents adoptifs sont eux aussi de fieffés larrons, voleurs d’enfant, que fait la justice ?

Elisabeth Guigou : Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l’enfant comme source de bonheur individuel en indiquant que les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant.

Alors au nom de quoi ces lois permettent elle à un être humain infertile ? Au nom du droit à avoir un corps qui fonctionne ? C’est étonnant d’hypocrisie, cette phrase qui prétend séparer l’outil du but… Si on soigne les personnes incapables d’avoir des enfants, c’est bel et bien pour avoir des enfants, et non pour la possibilité d’en avoir s’il le souhaite. Ce genre de jésuitisme ne blouse que ceux qui veulent bien le voir.

Elisabeth Guigou : Je reconnais que des homosexuels doivent continuer à s’occuper des enfants qu’ils ont eus même s’ils vivent ensuite avec un ou une compagne du même sexe, car la paternité ou la maternité confère des obligations qui ne peuvent cesser.

Ainsi la paternité et la maternité sont bel et bien distanciés totalement de la vie sexuelle du parent. On est content de le savoir, tellement c’est l’évidence… On peut donc être parents en étant hétéro et devenir homo après, là, pas de souci, en revanche, si on est homo avant, alors là, c’est mort.

Papa a payé son tribut à l’hétérosexualité, il peut désormais enfin aimer le plombier

Elisabeth Guigou : Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas,
il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution. Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes.

En quoi accorder le droit à l’adoption des enfants à un couple homo abolirait-il la différence entre les sexes ? Imaginons un couple homosexuelle mâle qui adopterait une petite fille. Est ce que de par la loi, la différence des sexes serait elle ainsi abolie que la petite fille se transformerait instantanément en garçon ?

La différence des sexes n’est en rien « détruite » aux yeux de l’enfant par le fait que ses parents soient deux hommes ou deux femmes et le prétendre est avoir une singulière conception de l’intelligence d’un enfant. Un enfant est certes entouré par ses parents, mais il est aussi confronté au monde où, singulière étrangeté, ce n’est pas parce que ses parents sont homo que, tout d’un coup, tous les être humains d’un autre sexe disparaissent au même moment.

Elisabeth Guigou : Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle.

On préférerait que madame Guigou préfère que le parent offre à l’enfant un modèle tout court. N’est il pas plus important qu’un enfant soit choyé et aimé plutôt qu’il ait devant lui des planches anatomiques vivantes des deux modèles reproductifs de l’espèce humaines ?

Préférerait on laisser un enfant battu à sa famille légitime au nom du modèle de l’alterité sexuelle ou le confier à des gens moins dans la norme admise ? Laissera t’on crever de faim un orphelin au nom de ce modèle à lui donner ?

Elisabeth Guigou : Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption.

C’est vrai, pauvre gamin adopté… déjà qu’il a plus de parents, on va pas lui coller une paire de goudou ou un binôme de folles, il risquerait d’être déstabilisé, de perdre ses repères déjà tout chamboulés par le décalage horaire…

Encore une fois, on prend ici l’enfant pour un débile profond.

En parlant d’enfants débiles, je crois que même les sœurs Olsen ont comprise que tous les autres enfants ne sont pas elles. Heureusement pour eux d’ailleurs.



Un enfant adopté semble en général être capable de faire la différence entre ses parents naturels et ses parents d’adoption (comme c’est par exemple le cas d’un enfant africain ou asiatique adopté par des caucasiens). Le même enfant sera t’il incapable alors de faire la différence entre les hommes et les femmes ?



La stabilité passe t-elle par la juste répartition de gonades et de seins au sein d’un couple ou par l’amour et la confiance que lui donne ses parents ? Quelle étrange conception de la stabilité d’un couple et que devrait on penser de toutes ces familles  hétérosexuelles divorcées … Oh les beaux exemples de stabilité… Je ne remets pas en cause le divorce et le remariage, je note juste qu’il s’agit un sport uniquement réservé aux hétérosexuels, au nom de la stabilité à offrir aux enfants… D’ailleurs c’est la même Guigou qui, réclamant la stabilité pour les enfants, a facilité les démarches de divorces… On n’est pas à une contradiction prêt.

Les enfants de divorcés sont ils des tarés, malgré leur cadre instable ?
Je ne crois pas, j’en connais, y en a même qui votent à droite, pour vous dire comme ils sont devenus stables et épanouis.
On voilà mal pourquoi des enfants de couples homo seraient plus traumatisés avec des parents qui s’aiment, eux.

Elisabeth Guigou : Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité.

On voit que la démonstration est éclatante : après tant d’affirmation privée de fondements, il devient évident que, forcément, un couple homosexuel est moins épanouissant qu’une famille équilibrée en sexe parce que… parce que quoi déjà ?

Elisabeth Guigou : C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Je n’ignore pas les procès d’intention sur un éventuel « après » de cette proposition de loi qui préparerait des évolutions plus fondamentales de notre droit. Ce texte serait « une valise à double fond ». Je m’élève avec la plus grande énergie contre de telles insinuations. Ce vocabulaire de contrebande, qui fait croire que ce texte cacherait autre chose et que vos rapporteurs et le Gouvernement exerceraient une fraude à la loi, est inacceptable. Bien au contraire, le débat que nous allons avoir doit être conduit en toute clarté et je souhaite y contribuer. »

Enfin Elysabeth Guigou est honnête : le PACS n’est pas du tout l’ouverture du mariage gay et de l’adpotion, et elle est contre, parce que les gays sont des gens instables incapables d’élever des enfants. A part ça, comme Lionel Jospin, elle n’est pas homophobe pour un sou, hein… 

Un papa, une maman, un joli chapeau

Voilà pour ce texte. Il n’a pas pris une ride, contrairement à son auteur (le physique, merde, on avait dit pas le physique)
Je l’ai lu, et je n’en pense pas de bien.

Dans un pays dont la devise est « liberté, égalité, fraternité » on se demande bien comment nos braves hommes politiques ont compris le mot « égalité » sans parler de la fraternité, dont on sait que c’est le parent pauvre du trio.
On n’a plus qu’à gommer un peu la liberté, et ça y est, on aura de la place sur le fronton de nos mairie pour y remettre des valeurs un peu plus raccords avec le monde moderne, comme le travail, la famille, ou la patrie.

On pourrait y ajouter la religion et on serait les champions.

Concernant la famille, un brin d’honnêteté permettrait à nos bon défenseurs de l’enfance de se rappeler que le fameux modèle de famille occidental « papa maman bébé » est non seulement récent mais surtout battu en brèche tout au long de l’histoire et que ça ne tient pas non plus le déplacement géographique.

Au moyen âge, la mortalité faisait que l’enfant rencontrait rarement ses parents. Le modèle était parfois plutôt « parrain marraine bébé » quand les parrains marraines avaient la bonne fortune de survivre aux parents. La cellule familiale était réduite aux survivants et c’est encore le cas dans bon nombre d’endroits du globe.
Prétendrait on que les enfants sont de ce fait déséquilibrés ? Malheureux, peut être, manquant d’affection, c’est sûr, presque autant que de nourriture, mais heureusement, il existe l’adoption…

 

Mom + Step father + Ox + Donkey : le modèle de la famille divine.
ou : le droit de l’enfant à l’âne et au boeuf

 

Jusqu’au dix-neuvième siècle, dans les familles favorisées, le parent rencontrait rarement son enfant, le modèle familial de l’enfant c’était plutôt Nourrice-bébé jusqu’à ce que l’enfant soit en âge… alors il était où le beau modèle occidental des parents modèles d’hétérosexualité… Pour les couches populaires, l’enfant était surtout confronté à la mine ou aux champs plus qu’au modèle de la bipolarité sexuelle.

Et de fait, dans certains pays, c’est toujours le cas, pas si loin de chez nous, au Maroc par exemple, l’enfant est un employé à pas cher, corvéable à merci. Heureusement que chez ces gens là, on est vigilant à empêcher qu’un couple peu respectueux des édits divins vienne à sortir les chérubins de l’exaltant modèle familial qu’on leur donne, avec un papa-patron et une ou plusieurs mamans, bref, la diversité quoi…

On me répondra, que c’était avant, que c’était le moyen âge que c’est le tiers monde, que c’est le dix-neuvième siécle, que c’est l’Islam, que là on est en France, au vingtième siècle…

Eh ben non, figurez-vous on n’est plus au vingtième siècle, alors c’est moche, mais il va falloir penser à prendre le train en marche. Et, pourquoi pas, remettre Liberté, égalité et fraternité au programme de nos hommes politiques.

C’est pas tout jeune, mais ça complètera efficacement le vide de leurs fameuses « valeurs ».

 

Rocco ne manque pas d’idée pour remplir le vide de nos politiques

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83 Comments

« Commentaires plus anciens
  1. [...] pour demain. Edit: quelques liens en plus: le site de Julie Maroh, son texte sur la question et un blog intéressant. Share this:PartagerPinterestTumblrFacebook  Posted by Ornith on December 15, 2012 at 7:11 [...]

  2. Shanar dit :

    Quelqu’un pourrait prendre la peine d’expliquer à monsieur Gio que « depuis toujours » est la signature rhétorique de celui qui ne connait rien à son sujet et s’efforce de dissimuler son incompétence par une accumulation de lieux communs supposés servir son propos sans être appuyés par quoi que ce soit de tangible?

    Oups, pardon, plus la peine, je viens de le faire…

  3. Zoé dit :

    Wandrille > Je dis « ma copine Julie » pour me la péter, c’est Djou.
    Chez qui on s’est déjà croisé plusieurs fois en fait (notamment pour l’aider à déménager) ! Du coup tu peux me tutoyer je pense :D (et te sentir mal de pas me remettre /o/)
    Elle a d’ailleurs pondu un texte poignant et très juste, comme à son habitude, la bougresse.
    D’ailleurs, elle cite cette bonne vieille Simone au tout début, ce qui recoupe tout à fait avec ton propos sur l’injustice pure et simple. Et qui renvoie probablement aux crampes pathologiques que me déclenche ce débat-qui-n-en-est-pas-un-bordel.

  4. Biaise dit :

    Ciel, toi aussi tu reçois des mails outrés, virulents, avec fort usage du capslock, couleurs et points d’exclamation, qui expriment des opinions de droite et extrême droite de manière régulière de la part de ta famille ?
    Les tiens, ils en font des originaux ou alors y a FW: FW: FW: dans l’objet ?

    C’est une vraie plaie pou l’usager des intertubes qui a une famille réac. Je propose que nous fondions une association de soutient !

    Oui, et crois moi, j’y réponds tout à fait sur le même ton.

  5. Par contre, si je pouvais un jour tomber sur un gay qui défend le mariage gay, ça m’intéresse.
    Jusqu’à maintenant, je n’ai trouvé que des hétéro pour parler à leur place.

    En fait, j’ai écrit ce texte suite à beaucoup de textes de gay appelant les hétéros à leur secours suite aux horreurs dont on les agonisaient… Et de fait, il n’y avait quasi aucun hétéro, la plupart se cachant derrière le « ça ne me concerne pas ». Or non, l’injustice, ça concerne tout le monde.
    Si tu n’as trouvé aucun texte de gay, c’est parce que t’es vraiment très fort dans la mauvaise foi, ça me fait penser à un de mes assistants des scouts qui revenue la scie sur l’épaule au bout d’une heure me disant « y a pas d’arbres dans cette forêt »… Est ce que t’as fait au moins une recherche internet, ou en fait, t’attend qu’un gay franchisse le seuil de ta maison pour venir te parler ?

    En plus, il y a le texte de Despentes qui est là… bon en fait, ta juste de la merde dans les yeux, c’est pour ça. T’es pas homophobe, t’es juste un peu con, en fait.

  6. … Et à noter quand même que le texte de Despentes est vraiment nul à chier.

    Ah mais t’es vraiment très fort dans l’argumentaire… Hop « ce texte est à chier » = pas la peine de prendre la peine de répondre à tous ses arguements excellents. T’es un génie, mec…
    L’ami de la famille à cause de qui j’ai pris parti, avec qui nous discutons depuis de façon assez régulière (et sereine) me disait que, dans ce débat, il ressentait beaucoup d’agressivité du côté des pros (c’est vrai, mais ça se comprend, même si c’est anti-constructif) et du côté des anti, beaucoup de vulgarité.

    Tu illustres parfaitement son propos.

  7. bloupblupblip dit :

    A quand le mariage Gio / Wandrille ?
    Un peu de légèreté, que diable… ^^

    C’est pas légal, je respecte la légalité. Après faut voir au niveau des sentiments.

  8. Zoé dit :

    Mon bon Clément, tu n’as pas du chercher bien loin :

    http://www.juliemaroh.com/2012/12/16/a-propos-du-mariage-pour-tous-cheminement/

    Non, il n’a PAS cherché. Nuance.

  9. Je crois que je suis passé à côté du texte de Pochep, tu aurais un lien s’il te plait ?
    (et tu défonces dans cette armure ! Merci pour tout ce que je viens de lire ;-)
    Faut demander à Pochep, j’ai perdu la référence hélas

  10. Armo dit :

    J’en ai marre, mais j’en ai marre de lire des articles que je peux être que d’accord avec, que tout le monde est d’accord avec ou complètement contre, et que les convaincus ne prêchent que les convaincus. (p’tain ça veux rien dire ma bouillie là…)

    Je m’explique : superbe article, j’hésite moi même à en écrire un sur le sujet, dans une position qui est tellement proche de la tienne (permet moi de te tutoyer, le oueb, tout ça), mais aussi proche du billet de Virginie Despentes que j’ai déjà relayé sur FB. J’hésite tellement plus car, comme Djou (j’ai atterris ici depuis son site), en fait, j’aurais aimé l’écrire de cette manière. J’arriverai pas à faire mieux, et je serai trop tentée de renvoyer à plusieurs paragraphes de ton texte, quitte a seulement mettre un lien vers ton blog, ce qui relèverais surement de la lâcheté (de ne pas tenter de relever le défis) et de la fainéantise.

    Donc, là où j’en suis de ma réflexion, je partage des articles intelligents comme celui-ci sur FB, et je vais aux manifs de soutient pour la cause (n’en déplaise à la partie encartée UMP de mes contacts).

    Donc, a force de lire des articles d’un coté incroyablement intelligents, dont je ne comprends pas qu’à la fin de la lecture on ne puisse pas être d’accord, et d’avoir en face les arguments type Tonton Serge Dassault (dixit le petit journal) avec foule de bas du fronts qui abondent dans le même sens, j’ai vraiment l’impression que le débat au final, se résume aux antis de mauvaise fois se cachant derrière de soit disant arguments, contre les pros dont je partage totalement l’avis.

    Je n’ai pas encore lu de réactions de personne disant : whaa ouais j’étais contre, mais j’avoue que ces arguments me donnent à réfléchir. D’où mon refus de débattre ouvertement avec ceux de mes contacts qui défilerons aux cotés de Coppé en Janvier, où de ceux qui votent FN (personne n’est parfait, on ne choisit pas sa famille, ni sa belle-famille, ni les amis d’enfance de sa moitié, et je ne vais pas non plus bêtement me couper de certaines personnes sous prétexte d’opinions politiques divergentes) car le débat est mort par avance.

    J’en ai donc marre de voir autant de beaux texte, si bien écrits avec les tripes, par des homos ou des hétéros (qui défendent un truc aussi légitime que l’égalité Homme Femme ou les droits de l’homme que personne ne discute jamais), qui ne tomberons que dans l’oreille de ceux qui sont convaincus.

    J’ai commencé à lire ton échange avec Gio, mais vu la longueur (ça doit faire 2h que je suis sur ton blog à ne rien faire d’autre, et bon, je ne peux pas non plus me permettre de procrastiner plus), j’ai bien l’impression que c’est toujours pas gagné. Chacun reste campé sur ses positions. (et d’ailleurs, au lieux de prendre autant de temps à rédiger ses réponses, il aurait peut être mieux fait de commencer par lire ton texte en entier. Par contre votre échange est vraiment, vraiment trop long).

    Bref, merci. Mais moi j’étais convaincue. Et je sais que les « s’en foutistes » sur le sujet et les contres ne prendrons même pas la peine (pour la plupart) de lire ce genre de plaidoyer.

    Mon seul espoir est que le gouvernement ne cède pas, et que, les années passant, comme avec le PACS, les gens se disent que oui, finalement, tout se passe bien.

    Mais oui, rassurez vous, ça va se passer comme ça.
    Le gouvernement laisse tourner le truc, parce que ça évite de parler de problème de fond et de montrer à tous leur lâcheté sur le plan de l’économie. On revient à une politique Sarkoziste de dssimulation de l’inaction par la multiplication des articles à sensation, voilà tout.

    Et nous, comme des cons, on continue à gloser autour d’un débat qui n’a pas lieu. On est bête, j’vous jure.

  11. Jean-Baptiste dit :

    Wandrille> Vous savez, pour le national-socialiste de la plus stricte obédience que je suis, tout le monde est plus ou moins communiste.

    Armo> Ah, si si, moi je leur pisse à l’arrêt aux droits de l’homme. Et à l’égalité aussi. Plus à l’égalité d’ailleurs, ça me fait gerber. Quand j’imagine un monde sans aucune différence, où tous les hommes de la Terre font le même travail de la même façon, en portant les mêmes habits, en ayant les mêmes avis, les mêmes résidences pavillonnaires et le même bagage culturel, ça me fait gerber.

    C’est finalement pour ça que je suis hostile au mariage homo: par haine de l’égalité et par amour de la diversité. La musique serait très chiante si toutes les notes étaient sur la même ligne. Je veux l’harmonie et non l’équilibre.

    Bon la deuxième raison c’est que je n’aime pas la famille comme institution, même hétéro.

    Et la troisième raison c’est que je n’aime pas l’Etat. Moins il intervient dans la vie des gens, mieux je me porte.

    Wandrille, vous remarquerez que je ne vous ai pas lancé à la gueule des analyses de psychiatres sur les traumatismes des enfants élevés par des pédés (merde, par des homos, excusez-moi, pitié, ne portez pas plainte contre moi). Je pense qu’on peut se battre à coup d’analyse, ça ne change pas grand chose.

    Les problématiques réelles se posent sur d’autres plan: les rapports entre l’Etat et la société, la notion de souffrance (purée, à quand une loi contre la fachophobie, que je me fasse des ronds?) et le rapport même des gens à leur corps. La notion de bien et de mal aussi (paraît que ça existe mais bon).

    Je dois sans doute me tromper et être aveuglé par la haine. Un jour, ma mentalité évoluera et je rejoindrai le camp de l’amour, de la fraternité, de la tolérance, du métissage, de la paix, de l’égalité…

    Dans votre réponse, on retrouve la remarque de l’ami de la famille qui notait du côté pro beaucoup d’agressivité et dans le camp des anti, beaucoup de vulgarité.

    Même si je pense qu’il faut annoncer la proposition à l’inverse : de la vulgarité du côté anti, avec le recours « décomplexé » à des qualificatifs agressif et réducteurs (pédés, gouine et autre gentilleté), associé à quelques raccourcis insultant (pédophilie, zoophilie et caetera) mais dit sur le ton de l’évidence, de la conversation courante, qui conduit, naturellement, de l’autre côté à une réaction assez agressive de l’autre bord.

    Comme le disait Pierre Desproges, ce sale bourgeois : « durant la seconde guerre mondiale, il ne faut pas oublier que les juifs ont une attitude carrément hostile au régime Nazi. »

    Dans votre réponse, en plus de ces petites considérations inutilement méchantes, mais après tout, la gentillesse, ça va bien deux secondes, vous dites que vous êtes opposé à toute sorte de mariage… pourquoi ne pas manifester contre ça et pourquoi seulement maintenant et uniquement contre le mariage homo ?

    C’est comme tous ces humanistes amoureux de l’enfance qui tout d’un coup « découvrent » le marché de l’adoption et poussent des hauts cris contre la marchandisation de l’enfance… qui existe depuis tellement longtemps mais qui ne dérangeait pas fort quand c’était réservé majoritairement aux hétéros…

    Bon, je comprends après que vous vous sentiez minoritaires sous cet article et que, du coup, vous ayez le sentiment d’être ostracisé… ça vous donne une idée du sentiment de ce que peuvent vivre les homos et la colère qui vous habite est du même ordre que la leur.

    Bon, j’arrête, toute cette philosophie de comptoire me donne mal à la tête.
    Je suis si peu habitué à réfléchir…

  12. Mawy dit :

    Hi !
    En tant que gouine opposée au mariage, surtout hétéro, et favorable à l’égalité, de tous, je n’ajouterai pas de vent au moulin. Que flamby veuille se donner une bonne image à peu de frais en éternisant ce débat (qui ne devrait pas être) échauffe les esprits chagrins et j’entends bien me tenir à bonne distance des projections de dégueulis.
    Non, ce que je veux dire, quand même, c’est que je suis ben contente qu’un clic de chez Djou m’amène ici : j’ai déserté les internets quelque temps et m’émerveille donc de retrouver intact le Gio qui vient, fidèle à lui-même, juter par pleins scrolls contre tous, autour du pot et à côté de la plaque comme à la bonne époque de la brouette, tudiou ça nous rajeunit pas. Bon, pour être tout à fait honnête, je suis pas certaine que ça m’ait manqué à ce point, mais avouons tout de même qu’à petite dose, c’est un beau spectacle, une rigolade correcte pour son prix. J’achèterais bien un Gio pour animer mes soirées.
    Merci pour ça, Wandrille, et merci de prendre le temps de donner ton avis de mâle cis blanc hétérosexuel gros beauf!

    Je t’en prie, ça me fait plaisir de défendre les gouines et les pédés, après tout, ce sont des nègres comme les autres.

  13. Coki dit :

    Bon, j’avais l’intention de lire tous les commentaires pour éviter des redites, mais à la vue de la guerre Wandrille-Gio j’ai du renoncer. Ce dernier dit : « ce qui m’agace c’est que beaucoup de ceux qui sont favorables au mariage homosexuels (Virginie Despentes par exemple) qualifient tout ceux qui sont contre d’homophobes ou d’imbéciles, sans écouter ou chercher à comprendre les arguments adverses »

    Je suis « pour », j’ai lu et entendus plus d’arguments « contre » que je ne l’aurai souhaité, et pour moi les « contre » sont des homophobes, OUI.

    De deux choses l’une : vous avez parfaitement le droit d’avoir votre petit avis personnel sur la question de savoir si deux inconnus vont signer un bout de papier qui ne changera jamais rien à votre vie. Mais votre avis ne peut pas, et ne DOIT PAS avoir une portée institutionnelle. Quelle que soit la nature publique et juridique du mariage, le fait de se marier reste un acte privé entre deux personnes, qui ne concerne pas plus votre voisin que le prêtre du coin. Par ailleurs, puisqu’il s’agit du mariage civil, aucune voix religieuse ne doit avoir de poids dans la décision.
    PROBLEME : notre société française souffre encore de ses antécédents catholiques et de la morale qui s’est imposée avec, qui recouvre tous les domaines de la société.
    Donc, toute opinion à base religieuse doit être écarté du débat (papa-maman, modèle promu par l’Eglise, etc, n’ont aucun fondement scientifique, sont donc purement idéologiques et ne peuvent orienter la construction d’une loi laïque. Bref, trouvez de vrais arguments s’il vous plait, ah pardon en fait IL N’Y EN A PAS.)? Inutile d’essayer de mobiliser de pauvres exemples « historiques », l’Histoire ayant été écrite par l’homme blanc dominant, on ne risque pas d’y trouver beaucoup de retranscription d’alternatives heureuses au modèle bourgeois catholique.

    Deuxièmement : je ne trouve pas exagéré de dire que les opposants sont homophobes. Ce sont seulement majoritairement des homophobes qui s’ignorent, et pas ceux à qui vous pensez d’abord et qui aiment casser du pédé ou violer des lesbiennes pour les remettre dans le droit chemin. L’homophobie, quand on est hétéro, c’est considérer que les homosexuels ne sont pas comme vous. C’est tout. Et a ce titre, dire qu’ils n’ont pas à être égaux devant la loi. La domination patriarcale revient en force aujourd’hui, à grands renforts de morale bien pensante : « nous allons vous dire ce qui est bon pour vous, et ce qui ne l’est pas, car nous le savons mieux que vous ». Prendrait-on les homos pour des enfants, des mineurs, des personnes incapables de formuler des décisions rationnelles et saines ? En somme, serions-nous en train de soutenir un droit légitime à la discrimination (pratique interdite par la loi?) ? Serions-nous en train de justifier L’INEGALITE ?
    Voilà pourquoi à mon sens, chier sur le mot « égalité » de notre moto national, en hiérarchisant les sexualités et en les reliant à des capacités parentales, c’est être homophobe.

    J’ai déjà eu des réponses non homophobes contre le mariage gay, disant notamment que la remise en question d’un point aussi ancré dans la tradition judéo chrétienne ça ouvre beaucoup de brèche… Parce que si tu légitime le mariage pour tous, pourquoi interdire la polygamie ou la polyandrie… C’est assez culturel et, finalement, ça correspondrait aussi à une ouverture… Mais du coup, ça fait beaucoup d’atteinte à cette tradition judéo-chrétienne d’où découle assez directement toute notre pensée sociale.

    Je te la fais courte, même si je ne suis pas d’accord avec ces arguments, je trouve qu’il s’agit là d’un point de vue non homophobe, pour tout le reste, pas de doute, sous les discours des « je ne suis pas homophobe mais… », tout est dans le « mais ».

  14. Jean-Baptiste dit :

    Eh, oh, ça va, ce n’est pas parce que j’utilise des mots lestes que je suis vulgaires. Vous le faites bien, vous. Et c’est celui qui dit qui y est.

    Il y a une chose qui me rassure. J’ai grandi dans le même univers que vous. J’ai mangé à la même morale libérale, on m’a expliqué pendant des années que la démocratie et les droits de l’homme c’est extraordinaire. On m’a fait apprendre Manu Chao par coeur et autres chansons antimilitaristes (« quand un soldat s’en va en guerre il a dans sa besace son bâton de maréchal »… »Monsieur le président, je vous écris une lettre »… »un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien »). On m’a enseigné sans relâche ce que je ne devais pas penser.

    Certes, ma mère m’emmenait à la messe et au catéchisme. Mais l’église où elle m’emmenait ressemblait à un club de bridge pour protestants dépressifs. Et au catéchisme on m’apprenait que si Jésus avait marché sur les eaux, c’était une illusion d’optique.

    Et malgré cela, il m’a suffit de quelques rencontres, de quelques livres pour rejeter toutes ces niaiseries. Il faut croire que le terreau de l’homme est encore fécond. Même si j’utilise un vocabulaire un peu agressif, je n’ai pas de colère en moi. Je regarde le monde moderne depuis mon balcon, même si ses odeurs m’indisposent.

    Il paraît invincible? Les dinosaures le semblaient tout autant. Pourtant je sais qu’il finira par s’écrouler, il n’est déjà qu’un cadavre, qui bouge encore mais qui pue surtout. Nous vivons dans le chaos des idées et des formes, le crépuscule des pensées. Un jour ou l’autre, dans pas trop longtemps j’espère, nous retrouverons l’ordre du monde, le sens du Beau et du Vrai.

    Et nous n’avons pas de tradition judéo-chrétienne. Nous avons une tradition romano-chrétienne.

    Une interview de Julien GREEN, un de mes auteurs préférés. Homosexuel ET catholique (tradi en plus). C’est possible? Non? Si! Oh!

    Version courte: http://www.youtube.com/watch?v=q8aeBgcqRmk

    Version longue: http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPB83056192/julien-green-la-jeunesse-d-un-grand-ecrivain.fr.html

  15. Myrabellaka dit :

    La joie du net, de lien en lien me voilà, tadaaaaa (et donc 2eme gonze à commenter, lol.)

    Alors oui, je suis Pour. Pour tout. mariage, adoption, PMA, la totale, ne nous arrêtons pas là. Comme le dit Jonathan je crois, c’est le début. Fonçons.

    Et je suis hétéro. et mariée, de fait. bien que je n’aie que 25 ans et qu’on s’en fout, aujourd’hui, de se marier ou pas. pour moi, ça comptait. (et c’était juste unmariage civil en plus, je suis agnostique et mon compagnon athée. bref.)

    Je suis hétéro, et donc ce débat ne devrait pas me concerner. mais je suis aussi blanche, et si ce débat là avait été d’actualité, j’aurais été du côté des noirs. Parce que c’est ce qui me semble juste.

    Comme Zoé, je ressens beaucoup d’incompréhension envers les antis. Et comme toi, wandrille, c’est juste parce que la plupart du temps, leurs rguments me semblent complètement infondés. Je manquais un peu d’eau à mon moulin pour leur renvoyer la balle, mais tu m’as bien aidé sur ce coup là, je me sens un peu plus solide. Comme après la lecture du texte de madame la journaliste dans tétu, lu il y a un ou deux mois, et son histoire de « sous espèce humaine ». je trouve que tout est résumé dans ton commentaire avec Gio: « devenir hétéro, c’est retrouver ses droits, rester homo c’est les perdre ». Voilà.

    Pour moi, c’est aussi con que ça: cet amour là, celui de deux êtres du même sexe n’est peut-être pas « naturel » (quoi que j’aimerais bien savoir ce qui l’est, et qu’on a vu que pas mal d’autres espèces le pratique sans problème), mais il est légal. Parce que oui, c’ets interdit par la loi de s’attaquer sexuellement à plus jeune que soi, et à quelqu’un de sa famille (même sans le terme « attaquer », c’est interdit, non?) mais pas d’aimer quelqu’un du même sexe. Ca l’était peutêtre à une époque, je sais pas, j’ai pas fait de droit, mais aujourd’hui ca l’est plus. pourquoi les homosexuels, qui ont par ailleurs les mêmes droits et les mêmes devoirs que nous, n’auraient pas le droit à ce droit là? Je veux dire, ils ont le droit d evote, non? on ne pens epas à leur retirer que je sache? Bon, ben alors, le droit d evote, ca veut bien dire que tu es citoyen, et donc t’as le smêmes droits que els autres citoyens???

    En plus, on s’en fout j’veux dire. chuis hétéro, je ferais des bébés, la questiond e la famille, chez moi, c’est plié. mes parents n’ont meme pas divorcer. Ni mes grands parents. en fait, personne dans mon shéma familial. Mais j’ai 3 cousines (et pleinde cousins) et elles sont toutes les trois lesbiennes. oui, je suis la seule hétéro de ma famille. C’est grave que je me batte pour leurs droits? Pourquoi elles auraient pas le droit d’avoir la même reconnaissance sociale d eleur cadre familial que nous, hétéros? en plus, si ca se trouve, elles l’exerceront pas, ce droit. ou bien si, puis elles divorceront, na. Mais on s’en fout, ce qui compte c’est qu’elles aient le droit.

    Pour la question de la famille, ce qui me tue c’est d’embarquer des gamins en poussette brandir des drapeaux qui dénigrent un autre modèle familial. on av me dire que tous els manifestants « un papa une maman » sont encore en couple, sans nuage au tableau? Qu’il n’existe pas un enfant qui ne puisse sortir plus grand du modèle « 2 papas » que du modèle « un papa une maman »?

    Mon mari a été battu par sa maman, quand il était petit. il a grandi à L’ASE, sans papa ni maman. Que des éducatrices (euh, attend, c’est pas un schéma de parentalité unisexe, ça?) hé bien, ça change rien. c’est un homme (au sens humain) bien plus fiable, honnête, et valeureux (au sens « il a des valeurs ») que ses frères et soeurs restés avec leurs parents. Ce qui compte, dans une famille, c’est le respect, l’amour, la transmission de valeurs. Tout peut être compris par l’enfant si ça lui est sainement enseigner. Un couple hétéro peut être bien plus empoisonnant qu »un couple homo pour un enfant. Et pareil, un orphelin préfère avoir 2 papas que 0 famille. Sauf s’il vit entouré de gens qui continuront à le regarder d etravers (et à apprendre à leurs enfants que lui, faut pas l’approcher, si ca se trouve c’est contagieux). L’enfant peut grandir droit s’il est entouré d’amour et de considération. Choses que n’apporteront pas les « contre ». Mais ils devront bien s’y faire: ils se sont fait au fait qu’un noir (ou un arabe, ou un juif…) puisse être français et aller dans la même école que leurs enfants, ils se sont fait au droit de vote des femmes, ils se feront à cette « avancée » qui n’est qu’une mise à plat qu’on aurait du faire il y a bien longtemps. Na. N’en déplaise à ma mamie.

  16. Selvaria dit :

    Salut !

    Bon, j’arrive après la bataille, mais je me suis gorgée du sang des victimes. Merci m’sieur Wandrille d’avoir fait un tel carnage. Et merci pour cette agréable note qui m’a a la fois surprise, et à la fois fait plaisir.

    Bon, j’vais tâcher de pas taper un pâté (oui, un pâté. ça sent mauvais et ça fait pas mal quand on se le prend dans laggle, au détriment du pavé), juste pour partager mon propre ressenti sur ce fameux mariage pour toutes (pour tous aussi).

    Perso, je suis née et je vis en Suisse. Mon avis ne compte donc pas dans le débat français, mais je profite qu’il existe, parce qu’en Suisse la question ne se pose pas trop. Faut dire qu’on prend notre temps pour tout, et que le mariage pour tout le monde, ça viendra un jour ou l’autre, quand on en aura envie. Faut dire qu’on a attribué le vote aux femmes en 77, ou 72, je sais plus. Je confonds toujours avec la sortie du premier star wars. Alors bon. Bref.

    Je n’ai jamais ressenti le besoin d’argumenter. Pour moi on peut marier un cochon et une vache, je m’en tamponne sincèrement. Qu’est-ce que ça peut foutre ? A la base, le mariage, c’est la promesse de machin-bidule-trucmuche entre deux personnes. Alors, pour ça, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas l’attribuer à tout le monde.

    Bon après, y’a l’aspect légal, les gosses, les impôts, le nom de famille. OK. C’est quoi le problème, bordel ? Avec vos débats incessants, en France, je commence à ne plus rien comprendre. ça argumente dans tous les sens, et j’y pige rien. ça parle de l’incapacité de deux pédés à élever une petite fille. Ouais OK, ils auront peut-être du mal à lui expliquer clairement comment devenir une casse-couille hormonée, mais chuis sûre que c’est pas si mal. ça change pas d’un père célibataire.

    Enfin bref, tout ça pour dire que je ne comprends pas le débat. Il n’y a aucun argument contre valable, c’est juste de la mauvaise foi et de la merde dans les yeux. Je comprends pas cette difficulté de certains à s’arrêter à la simple question « Egalité, oui ou non ? ». Faut toujours que ça cherche plus loin. Sauf que là, suffit de prendre la première question susdite (c’est pas un jeu de mot homo), de répondre par oui ou par non, et on a notre solution.

    Alors, égalité, oui ou non ?

    Et à celui qui me répond « c’est pas si simple », je lui demanderai de répondre « non ». Comme ça il passera pour un imbécile qui accepte la discrimination. Pas de « oui mais ». ça me dépasse moi.

    Alors merci msieur Wandrille, c’était chouette à lire :)

    C’est en 77 la sortie de Star Wars. Mais je préfère m’en rappeler comme la date de ma naissance… ça me paraît tout de même plus marquant.

  17. delinet dit :

    Merci pour ce texte Wandrille, tu fais plaisir à lire.

  18. Aquarius dit :

    Sympa sauf que comme tous les médias bien pensant t’es pas foutu de voir l’ensemble du « problème ».

    Donc au lieu de traiter en profondeur du truc, tu préfères faire dans le facile, taper sur les cathos.
    C’est vrai que ce sont les SEULS en France à se positionner contre le mariage gay, et que les autres religions font preuves de tellement plus d’ouverture.
    Ah moins que tu n’es pas les couilles de dénoncer avec la même véhémence les Musulmans et les Juifs.
    Preuve que le saccage du Charlie Hebdo a bien porté ses fruits …

    Et autre chose, quand on essaie de parler d’un sujet qui touche tellement de monde avec des sensibilité aussi différente, on essaie un minimum de COMPRENDRE ce que l’autre a à dire, au lieu de tomber dans la caricature facile.

    Le mariage, ça reste rien de moins qu’une tradition vieille d’à peine plus de quelques milliers d’années, bien antérieur à nos chères religions monothéistes.
    C’est un rituel qui célèbre l’union sacrée entre un homme et une femme dans le but de concevoir des enfants.
    Rien à voir avec la déduction d’impôt ou les droit au survivant.
    Il est donc compréhensible que quelques personnes voient d’un mauvais oeil la remise en question du sens du mot MARIAGE.
    Il aurait été souhaitable qu’au lieu de se cacher derrières les textes comme le fait Mme Taubira « on ne peut pas faire de référendum sur le mariage … » tout en affirmant  » c’est un changement de civilisation » le gouvernement propose un débat à l’échelle nationale.
    Car merde, plus de 55% de la population est POUR, donc où est le danger de pour le gouvernement et sa clientèle homo ??? Au lieu de quoi on fait voter les lois par une assemblée de députés qui n’est plus si représentative que cela des opinions politiques (cf. le % d’élus communiste vs les élus frontistes … même si je préférerais qu’il n’y ai pas 20% d’extrême droite en France ça reste un fait) et donne l’impression désagréable d’imposer le sujet.

    Ah et je suis pour le mariage GAY (ou union civile) et l’adoption et tout ça. Et athée, au passage.

    Sympa comme commentaire, sauf que t’es pas foutu de comprendre mon propos. sans doute parce que tu ne l’as pas lu, comme ton commentaire le révèle. Sinon, tu aurais vu que je tord le cou à la théorie du « mariage pour procréer » et encore plus à « l’union sacrée » (ah ah ah… n’importe quoi… comme la veille d’une guerre) ou à « linstitution qui existe « de tout temps » (les dinosaures se mariaient déjà ma bonne dame, vous allez pas remettre ça en cause ?)

    Donc si tu m’avais lu, tu saurais que je tape bien au delà des cathos (qui sont ma famille, soit dit en passant, donc pour le côté « tu sais pas de quoi tu parles » tu repasseras monsieur « l’athée ») tu me ranges dans les bouffeurs de catho, alors que ces arguments bas du front sont bien sûr aussi des rabins-imams, mais qui, quoi qu’on en dise, on une audience nettement moindre dans ce pays… Et d’ailleurs, on se demande au nom de quoi ces gens là s’expriment sur des lois laïques.

    Quand à tes propos sur la « clientèle homo » il reflète assez justement tes opinions politiques qui transparaissent assez clairement mon lapin, sous tes déclarations d’Athée pro-mariage gay.

    Ah et je vomis Charlie Hebdo. Sauf que moi, c’est vrai.

  19. Aquarius dit :

    Pourquoi mon bichon, tu réfuterais quand même pas que le PS ne met pas tout en branle pour :
    - comme tu dit faire, faire écran de fumée
    - s’assurer un électorat parmi la population visée par cette mesure;
    Quand même pas, pas a moi !

    Vu que mes opinions politiques t’interesse, perso je me considère comme faisant parti de l’extre-centre. Ouais, j’ai voté Bayrou (putain).

    Alors oui j’ai lu en diagonal ton article, mes plus plates excuses, mais le raccourci catho= prêtres sodomisateur d’enfants me gène.

    Pour info 2.7 millions de catholiques pratiquant (ou pratiquement …), 2 millions de musulmans pratiquant (sur 5-6 millions), juif beaucoup moins, donc non, l’audience n’est pas « beaucoup moindre ».

    Ensuite, oui, en France toutes personnes à le droit de s’exprimer sur un sujet quel qu’il soit, qui croit qu’un vierge a été enfanté par du foutre divin ou non ne change rien.

    Sauf si désormais seul ceux qui sont d’accord avec la « bienséance » a le droit de s’exprimer ?

    Mais en fait, oui, je ne dis pas autre chose, tout le monde peut à bon droit s’exprimer… Mais, sur une loi laïque, qu’on vienne nous la ramener sur le caractère « sacré » du mariage, il y a là un problème sémantique profond qui révèle une confusion que j’aurais du mal à mettre sur le compte de la distraction, dans la pensée si lumineuse des relieux de tous poils.

    D’autre part, les sous entendus sur la parentée homo comme vecteur de pédophilie, dans la bouche d’un évêque, je suis désolé, mais ça remet aussi sec les débordements scandaleux des prêtres pédophiles (j’en ai connu, j’étais en école catho) couverts par l’Eglise qui là, se permet de faire sa vierge effarouchée… Qu’elle balaie donc devant sa porte avant d’aller semer des ordures chez les autres.

    Quant aux maltraitements des enfants… que pourrait faire de pire un couple homo que ce qu’on déjà inventé tous les couples hétéro qui ont abusés leurs enfants ? Ah oui, c’est vrai, là c’est différent, c’est moins choquant parce qu’ils sont de sexe différents, alors là, ils peuvent violer leurs gosses…

  20. Aquarius dit :

    « *qu’ils croient qu’une vierge …. »

  21. annielananou dit :

    Le mariage union sacrée… je me gausse !
    Oui, quand les bien mariés seront tous bien fidèles !
    Oui, quand on aura oublié (avec le temps va, tout s’en va) que ce mariage soit disant sacré n’est un mariage d amour que depuis peu de temps à l échelle humaine et qu au siècle dernier, en France, on se mariait encore par intérêt… ce qu on fait tous les toison de France…

    Je suis mariée, hetero, mère de famille, et mon mari est… gay ! Eh oui ! Ce sont des choses qui arrivent…
    N’aurai-je donc plus le droit d’élever mes enfants, leur père n’en parlons pas ! Je vais peut-être les mettre en annonce sur ebay ou le bon coin : vends ados bien élevés et epanouis dont les parents s aiment et se respectent mais qui ne peuvent plus les élever car le noyau familial ne correspond plus à la norme…

    Il est vrai que ma nièce, battue par ses parents hetero, maltraitee et ayant subi des négligences éducatives lourdes a la chance, elle, de vivre dans un « cocon » familial hetero répondant à la norme ! si j avais su j aurais épousé un alcoolique violent bien hetero, mes enfants auraient été bien plus heureux !

    Quoi ? Un mari gay ? Et tu l’as dénoncé au parti, j’espère ? Quant à tes enfants, nous les confierons à une famille d’accueil bien comme il faut, ou à un foyer, où, hormis l’amour, il ne manqueront de rien. Merci de ton sacrifice en Jésus Christ.

  22. [...] Julie Maroh (auteur de BD) Virginie Despentes (écrivain) Wandrille (auteur de BD aussi) [...]

  23. Lucile dit :

    Merci, pour ton texte, et pour celui de ton frère. ça fait du bien de lire un argumentaire fondé sur autre chose que des a-priori et des peurs. Car au fond tout ces arguments contre le mariage gay ne sont motivés que par la peur de ce qui est différent ! La différence de l’autre nous renvoie à nous-même et nous oblige souvent à nous remettre en question: « quoi nous pourrions nous tromper, nous ne savons pas tout « ! Pour bon nombre de personne vivre sans certitudes est inimaginable. Pour moi confronter mes certitudes (comme tout le monde j’en ai, mais je me soigne!) à celles des autres c’est riche de découvertes et ça permet une conscience plus grande même si c’est vrai que ce n’est pas confortable. Mais le confort n’a jamais fait avancé quoi que ce soit !
    Merci encor à toi

  24. [...] d’auteurs de bandes dessinées qui expliquent tout bien comme il faut : Wandrille – ici et là, et Silver. – La nature n’est du côté de personne. – On parle beaucoup des enfants dans cette [...]

  25. btr999 dit :

    J’ai pas encore lu, juste le début: quel est le problème avec la mauvaise foi? Pourquoi devrait-ce se soigner? Pis quoi encore?

  26. btr999 dit :

    Bon, je ne puis qu’appuyer.
    Ce qu’il faut d’arguments, d’énervement, de vocabulaire, de rappels aux principes, d’intelligence et de science, et d’attaques personnelles sur le physique. On avait bien dit « pas sur le physique », mais bon: avec (aussi) ce qu’il faut de mauvaise foi, c’était fatal.

  27. btr999 dit :

    Je ne me suis jamais marié, je n’envisage pas de le faire. Je suis hétéro, enfin me semble-t-il pour le moment, et mon âge avançant me laisse supposer que ça risque a priori de continuer.
    Bref, le mariage pour tous ou tout court me laisse relativement de marbre. Ce nonobstant, je suis un « juridiste ». Pas un juriste (à Dieu ne plaise!), mais un citoyen soucieux du Droit (je fais péter la majuscule et ne suis pourtant pas germanophile).
    Le mariage est à mes yeux un simple contrat de droit civil. Je ne parle pas du mariage religieux, qui est un sacrement ou un engagement moral qui ne regarde que ceux qui le contractent. Si ce contrat civil fournit des avantages, de quelque nature que ce soit, aux couples mariés sur les autres, tous les couples doivent en bénéficier. S’il n’en fournit pas, il ne sert à rien, autant le supprimer (pour tous). Ceux qui tiennent au sacrement ou à l’engagement religieux ont leur religion pour ça.
    Par ailleurs, je suis un libéral. Au sens original. Je pense que la morale et la religion n’ont pas à servir de fondement à la Loi, et que la Loi n’a pas à se mêler de la vie privée des gens, ni à limiter les droits de chacun (en créant des interdictions ou des obligations) autrement que pour garantir les droits de tous.
    Je ne vois pas en quoi le mariage homosexuel porte atteinte aux droits et libertés des hétérosexuels ou de quiconque. En conséquence, selon la définition de la Loi qui précède, il ne peut être interdit et doit donc être autorisé. Dans un état de droit, tout est autorisé, sauf ce qui doit être interdit par nécessité sociale. Il n’y a que dans les dictatures et les théocraties (il y a un pléonasme dans cette phrase, sauras-tu le trouver, ami lecteur?) que tout est interdit sauf ce qui est autorisé.
    Le mariage et la filiation? Encore un grand fantasme! La filiation existait bien avant le mariage, ou ne serions pas là pour en discuter. Les familles romaines se construisaient par adoption, recueil des enfants (neveux, cousins) orphelins et le mariage était un concept très flou.
    Et voir les traditionalistes chrétiens défendre la famille, alors que leur vice-Dieu a proclamé « Je suis venu dresser le fils contre son père », est chose assez plaisante!

  28. CFF dit :

    Malgré tout, je vais lire ce billet. Malgré les fautes, partout..

    Cette norme ci, je ne m’y fais pas.

    Mon cher Wandrille, je suis fan du dessinateur, pas du faiseur de fautes.

    Cheers !
    Faites et, si vous savez m’envoyer des corrections, je suis tout à fait preneur

  29. Jean-Baptiste dit :

    Je me rappelle à votre bon souvenir. Vos copines du FEMEN ont encore fait une manifestation joyeuse et sympathique en se mettant à poil dans Notre-Dame de Paris pour fêter le départ du Pape Benoit XVI (qui, rappelons-le est un ancien membre des Jeunesses Hitlériennes. Enfin, je dis ça, je dis rien).

    Et le service d’ordre musclé de la cathédrale les a brutalement giflé et insulté en essayant de les mettre à la porte! Quand on pense que ces braves gens se disent catholiques! Or, n’est-il pas écrit: « quand on te frappe la joue gauche, tend la joue droite? ». C’est ce qu’aurait du faire les vigiles: se mettre à genoux, lever les yeux aux Ciel en joignant les mains pour remercier les FEMEN de venir leur cracher à la gueule.

    Femen: femme+haine. Mauvais mélange, l’ami.

    C’est marrant comme vous avez une mémoire sélective… Je vous ai déjà répondu que je n’approuvais pas du tout les actions Femen, mais, c’est étrange, vous persistez à revenir là-dessus. Est-ce une façon d’amalgamer la cause du mariage pour tous aux contestables Femens ?

    Quoi qu’il en soit, je trouve cette « performance » assez nulle et de mauvais goût, mais, j’imagine dans la logique d’un mouvement qui lutte contre l’oppression de la femme et dont l’incarnation est assez naturellement une Eglise exclusivement masculine, s’appuyant fortement sur la frustration sexuelle et la notion culpabilisatrice de péché, dont un péché originel féminin.

    Rien d’étonnant.

    Est ce que la présence de foldingues hurlant à moitié à poil dans un lieu de prière nécessite l’intervention d’un service d’ordre ?

    Sans aucun doute.

    Le recours à la violence ?

    En aucun cas.

    Quant à la joue gauche et la joue droite, il faut vraiment tordre le coup à cette interprétation caricaturale des actes du Christ.

    Dans le texte original, Caïphe, chef des prètres, gifle Jesus du plat de la main (droite) sur la joue droite, comme on fait d’un serviteur.
    Quand Jesus tend la joue gauche à Caïphe, il ne lui envoie pas le message « non mais vas-y remets m’en une, sérieux, ça fait plaisir. »

    Non. Il tend la joue gauche pour que Caïphe le frappe du dos de la main, comme on le fait à l’époque avec un adversaire.

    Ainsi Jesus dit à Caïphe : « je ne suis pas ton serviteur (mec), je suis ton adversaire. »

    C’est tout de même autrement plus profond que d’aller s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

    Mais, désolé, ça ne va toujours pas justifier le recours à la violence « au nom du Christ » qui arrangent tant ceux que le message d’amour du prochain coince aux entournures.

  30. Jean-Baptiste dit :

    Je reviens dessus parce qu’elles en ont fait une sacré avec leur action « pacifique » dans Notre-Dame. Et comme la dernière fois, vous aviez visiblement un problème de strabisme (qui tape qui, on ne va pas revenir là dessus).

    Vous étalez à l’avenant un savoir mal assimilé ou fallacieux. Ca fait de vous un cuistre ou un malfaisant. Par charité, j’opte pour la première option.

    La phrase du Christ à propos de « tendre l’autre joue » n’intervient pas au moment où il est devant Caïphe mais lors d’un enseignement à la foule. Je ne sais pas où vous êtes allé dénicher cette histoire saugrenue de joue droite frappée avec le dos de la main.

    Mea culpa, je suis allé revoir le texte et ce dernier dit en réalité « quand on te frappe la joue droite, tends l’autre ». Id est « l’autre droite ». La Tradition en donne différentes interprétation, que je vous laisse loisir de consulter sur internet, comme je viens de le faire (je ne vais pas faire genre que je savais, jusqu’à 5 minutes, je ne m’y étais pas intéressé).

    Sur l’usage de la force pour empêcher la violence et le mal, vous êtes de mauvaise foi. Je pense simplement que si le service d’ordre avait attendu l’intervention de la police tout ce qui a de plus laïque et républicaine, les furies se seraient tout de même mangé des baffes, étant donné leur réaction. Mais bon à ce moment, pas besoin de service d’ordre.

    Encore une fois, si je me pointe à votre prochaine dédicace, que je me met à poil, que je renverse votre table en hurlant, que je déchire vos bédés, que je crache partout en me débattant comme un possédé, il y a de fortes chances pour que vous m’en mettiez une. Et si vous ne le faites pas, le service d’ordre (ou le gérant de la librairie) s’en chargera. Et ce sera bien mérité et bien normal. Il n’est pas question de « au nom du Christ » ou je ne sais pas quoi. C’est simplement du bon sens.

    Vous avez visiblement un problème avec la notion de culpabilité. Je le comprendrais d’un ado ou d’un converti tout frais. Mais comme dirait Hubert Bonisseur de la Bath: « il s’agirait de grandir ». On dirait un vicelard qui n’assume pas ses vices et en rejette la responsabilité sur autre chose, comme un alcoolique insulte sa bouteille. Le problème n’est qu’en vous-même. On peut aimer le bon vin sans être alcoolique. On peut être catholique sans s’estimer damné dès qu’on se branle ou qu’on baise. Ce n’est pas la religion catholique qui a un problème, c’est vous qui devez revoir votre rapport au divin.

    « La notion culpabilisatrice du pêché ». Je suis toujours étonné par cet argument. Comme si l’Eglise avait inventé le mal. Il suffit de sortir dans la rue pour voir le pêché, il est une évidence même. Qu’un homme puisse éprouver du plaisir à peler vivant un chat, c’est assez mystérieux, c’est vrai, mais ça existe. On ne peut nier l’existence de la crasse. Mais on peut contester l’efficacité du savon et il serait plus intelligent de parler de « notion menteuse de Salut ». Parce que les notions de pardon divin et de Salut ne sont pas vérifiables dans la rue comme l’est le pêché.

    « Eglise exclusivement masculine ». Ah bon? Il n’y a pas d’ordres religieux pour femmes? Pas de bonnes soeurs (pas seulement recluses derrière un cloître? Pas de saintes? Pas de docteur (docteresse, pardon) de l’Eglise féminine ? Je ne sais pas dans quelle autre religion vous trouverez une telle ouverture aux femmes. (Allez, je fais votre réponse: « et pourquoi les femmes ne peuvent pas devenir prêtre!? » ou alors « et pourquoi les prêtres peuvent pas se marier?! Au moins ils arrêteraient de violer des enfants! »).

    Remarquez qu’on fait souvent une autre critique à le religion catholique qui est de dire: « l’église, c’est vraiment un truc de bonnes femmes ». Mystère du catholicisme. Il est toujours accusé de tout et son contraire.

    Tenez, vous l’accusiez d’avoir culpabilisé la sexualité. Malthus a découvert qu’au contraire, le christianisme l’avait beaucoup trop encouragé. Qui croire?

    Le pêché originel n’est pas féminin, il est humain. Certes, Eve est la tentatrice (mais les femmes sont tentantes, non?) mais c’est Adam qui commet le premier pêché (il renvoie sa faute sur le dos de sa femme devant Dieu) et c’est lui qui est maudit.

    Je vous invite à vous renseigner un peu plus sur le christianisme avant de débiter n’importe quoi dessus. Et ne venez pas me parler que votre famille bourgeoise catho et de ses petites hypocrisies. C’est pas ça le christianisme.

    Ecoutez mon vieux, le jour où je taperais un long article à la gloire des fremens, vous pourrez venir me cassez les pieds avec vos longues explications sur la violence nécessaire et la merveilleuse eglise catholique épanouissante pour la femme, totalement égalitariste et pas du tout dominée par des vieux bonhommes depuis deux millénaires.

    En attendant, vous venez brandir vos combats sur un article qui n’a pas grand chose à voir et vous me demandez de vous lâcher la grappe avec mes idées, ma famille et mon expérience du catholicisme. Vous êtes chez moi, ça ne devrait pas vous étonner.

    Si ça vous dérange tellement, allez donc tenir séance ailleurs. Débattez avec les fremens ou femens, jetez vous sur les forums libertaires, créez votre site-blog-tumblr ou que sais-je sur l’Eglise persécutée et la nouvelle croisade. Ça vous calmera sûrement. Visiblement la religion ne vous aide pas à atteindre la paix, je vois mal son intérêt pour vous, mais si ça vous plait de vous sentir persécuté, réjouissez vous, vous renouez avec les premiers chrétiens et c’est pas plus mal…

    Au moins à l’époque, la vie des croyants étaient cohérente avec le message.

    A bientôt, à Lyon peut être, nu et couvert d’absinthe, insultant mes ancêtres et brûlants des représentations de mes personnages (c’est un rond et un carré, ça ira, vous y arriverez).

  31. [...] wandrilleleroy:toujoursuntrucadire(article de blog très long mais intéressant. Et le premier commentaire surtout, avis d’un pédo spy) [...]

  32. marianne dit :

    En tant qu’hétéro je ne compte pas me marier, question de principe puis je me dis aussi d’économies (tu évites les frais pour le mariage et pour le divorce) ;) Au delà de cet aspect, le mariage pour tous c’est avant tout les emmerdes pour tous ;)

  33. Jean-Baptiste dit :

    Dans le camp du Bien, on n’est pas vulgaire, on est libertins, nuance! On n’est pas agressifs, on lutte contre la Haine et l’Intolérance, nuance!

    http://www.youtube.com/watch?v=wPUvUYU7Qzw

    Alors comme je ne parle pas la langue, je ne comprends pas toujours les propos, qui sont surement agressifs… là je vois surtout de la provocation, d’ordre sexuelle… bon… et ? Quel est votre argument déjà ?

    Puisque quelques temps ont passé depuis l’adoption de la loi sur le mariage pour tous, je pense que vous pouvez désormais montrer plutôt quelques vidéos en France montrant à quel point la société et la famille ont morflé (vous savez, comme en Belgique, où on attends toujours l’antechrist depuis qu’ils ont ouverts les sceaux de la corruption, il y a dix ans).

    Sinon, c’est quand même dommage… parce que bon, théoriquement, on devrait déjà voir des petits effets, des choses pernicieuses, des comportements violents, peut être ? En France, hein… Histoire de rester collé à notre sujet… Moi je vois passer quelques manifestations de On lâche rien, mais j’ai tout de même du mal à voir contre quoi ils protestent vu que, de mon point de vue certes biaisé, rien n’a changé, sauf que certaines personnes qui n’avaient pas le droit de se marier ont pu le faire.

    Mais j’attends avec impatience votre report des excès qui ont suivi la dégradation de notre société. Ça doit être bien vulgaire et agressif, ou libertin et libérateur, selon le point de vue.

    Où est la vidéo ?

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