Veillée de prières

22 juil 2012 by wandrille, 11 Comments »

On a du sûrement lire de moi, ici ou là, quelques lignes ou un strip disant tout le mal que je pense de la religion, et, plus particulièrement de la religion catholique, à qui je dois l’essentiel de mes problèmes, comme une culpabilité maladive, une relation malsaine à l’argent et, j’en suis certain, une certaine tendance à l’embonpoint.

Cela dit, chez les autres, ça ne me dérange pas.

Il y a des choses nocives pour les uns qui épanouissent le reste de l’humanité, après tout, pourquoi pas. Regardez le melon. Il est évident que c’est un dangereux légume mutant, issus des sombres influences de déchets atomiques préhistoriques à mettre sur le compte des reptiliens. Un danger dont témoigne la chair du melon, dont la couleur orange, qui, si elle est parfois seyante au vêtement, signifie universellement  mort et de prison dans le monde animal et végétal.

Les monstroplantes. Un dérivé de l'esprit du melon, comme en témoigne leur regard orange.

 

 

Bon, il y a pourtant une universalité de gogos qui mangent du melon et ne s’en trouvent pas mal, alors qu’il me semble évident à moi qu’une bouchée dans mon estomac signifie l’ouverture des sceaux de la destruction.

Tout ça pour dire que, dans ma grande tolérance, j’admets qu’on mange du melon ET qu’on croie en Dieu, ce qui donne la mesure de l’infini de mon ouverture d’esprit.

D’ailleurs, à une époque, dont je veux vous entretenir là, je vivais en cohabitation pacifique (on dit aussi colocation) avec un authentique catholique fervent que, pour respecter son anonymat, j’appellerais Damien Ferreal, garçon brillant, polytechnicien, qui, après un an de vie monastique était revenue à la vie tout court.

Je ne sais pas si vous connaissez le jeu COUPS D'UN SOIR ? C'est brillant.

 

Nous lui avions proposé d’aménager l’appartement que nous habitions alors avec mon ancien associé, une sorte de palace loué à tarif préférentiel par la famille de ce dernier, idéalement situé dans le seizième arrondissement de Paris, qu’on peut associer à un no man’s land doré, gardé par des vieilles à caniches et des joggeurs à Labrador.

Quoi que ça n’ai rien à faire ici, je veux rendre hommage au Labrador, chien magnifique. Si je croyais à la réincarnation et si je réussissais dans ma vie, ce qui est mal parti, je pense que je mériterais bien d’être réincarné en labrador, si possible dans le seizième arrondissement de Paris, parce que dans certains coin de l’Asie du sud est, je finirais en plat principal pour famille déshéritée.

 

Oui, noyez 12 chatons, si c'est pour sauver un bébé labrador.

Même dans mes digressions, je continue à parler religion, c’est formidable.

Donc, je cohabitais avec Damien et tout se passait bien, c’était fort bien, à ceci prêt que j’étais aussi en pleine dépression, une maladie chronique qui coûte une fortune en médicament et qui permet surtout à une race d’escrocs de faire payer 60 euros l’heure d’écoute pendant laquelle ils remplissent leur grillent de Sudoku avant de vous renvoyer chez vous avec quelques banalités freudiennes à réfléchir pour la prochaine fois, et soyez à l’heure s’il vous plaît, l’heure commencée est due.

Je vous déconseille la dépression, c’est une maladie nulle.

Vos proches vous méprisent, vous même vous ne vous aimez guère et le monde entier se ligue aussitôt pour vous enfoncer. Même votre couette devient votre ennemie, trop chaude ou trop froide. Votre peau vous brûle et pas moyen d’en changer.

Vos collègues de travail, pour qui vous n’aviez jusque là que mépris se mettent à avoir de la compassion pour vous, c’est horrible.

Pas de Téléthon pour les dépressif, pas de course de l’amitié, pas de fleurs, de toute façon rien ne vous fait plaisir, même pas une bonne cuite dans ta face. Même pas la gloire de mourir dans d’atroce souffrance. Tester le suicide est une sorte de pis aller auquel on a toutes les chances de survivre tant cette salope de médecine à fait de progrès, alors si c’est pour se retrouver dépressif ET en chaise roulante, non merci, hein…

On rate sa vie, on en est persuadé, y a pas de raison qu’on réussisse son suicide. Du moins, en ce qui me concerne, c’est ce qui m’a toujours découragé dans le suicide. Quand je ne suis pas dépressif, j’ai pas envie de me suicider, quand je suis déprimé, je suis sûr que je vais me rater, la vie est mal faite.

De toute façon, pour se suicider, il faut prendre la décision et, quand vous êtes dans cet état, vous ne savez plus prendre de décision, ni pour vous, ni pour les autres, ni pour les grandes ni pour les petites choses. Et puis va choisir entre le bon moyen, la corde ou le cachet, le gaz ou la rame de métro… Pour ma part, dans mes heures de lucidité, j’ai opté, il y a longtemps pour l’attentat suicide, mais le problème reste entier : quelle ambassade ?

Les pays méritants comme Israël, la Chine ou le siège d’Amazon sont trop gardés, les délégations trop petites risquent de toucher une autre délégation, vous visez le Gabon et au passage vous grillez le Tibet qui n’a pas trop besoin de ça. Bref, même ce choix implique d’autre choix, tout cela retardant l’inévitable et vous vous retrouvez encore plus angoissé de votre décision d’en finir.

 

Pas de pont ? Une solution : le construire.

 

 

On me reprochera de faire compliqué pour un truc simple, alors qu’il suffit de sauter d’un pont, ce à quoi je répondrais « quel pont ? » et nous voilà revenu à la case départ. La dépression.

Une maladie de merde, je vous dis.

D’ailleurs, à cette époque, mon premier colocataire nous laissait, et il fallait lui trouver un remplaçant ce qui, étant donné le cadre idéal et l’immense appartement à loyer réduit n’aurait pas du poser de problème. Évidemment, j’étais incapable de donner un nom, de penser à une personne ou d’avoir un avis critique quelconque.

Le premier candidat proposé par l’ami Damien fut donc le bon, c’est-à-dire, le mauvais.

C’était un ami des «groupes de prières » de Damien, avec qui il chantait Dieu en tapant dans les mains et en dévissant des ampoules virtuelles. Un jeune blondinet, l’air enfantin et niais, que je m’empressais vite de renommer « le ravi de la crèche », tant il ressemblait au traditionnel idiot du village en céramique, les mains ouvertes devant toi, seigneur…

Un métier d'avenir : ravi.

 

 

Malheureusement, il devait s’avérer que ce jeune benêt était moins gentil que son modèle réduit et, très vite, Damien dut convenir avec moi qu’on avait fait rentrer dans la colocation un très bel exemple du « bon chrétien mauvais fond », de ceux qui prient haut et fort, qui se tiennent dans la lumière du temple et qui, dans l’intimité, se comportent comme le dernier des … j’allais dire Mohicans, mais ça n’aurais pas eu de sens… Bref qui se comporte comme un petit rat égoïste et égocentrique, qualités que je partage, mais sans les affubler des horipaux de l’amour chrétien et de la bonne conscience de soi.

Et, comme l’énergumène se sentait l’âme d’un leader charismatique, lui qui avait le charme et le QI de l’huitre au rocher, il se mit à organiser des groupes de prières et autres soirées chants et réflexions spirituelles dans notre salon en rotonde.

A côté de ma modeste chambre de 40 mètres carrés résonnaient des bondieuseries d’une bande de versaillais parvenus au firmament du progrès social en grimpant à la capitale, Sodome et Gomorrhe moderne pour leurs âmes dénuées d’aspérités telle la boule de billard, sans toutefois en partager le lustre.

Même la fuite dans le jardin voisin ne m’empêchait pas d’apercevoir leur gesticulation, parmi lequel officiait notre sympathique clerc emplit de la joie que donne le médiocre effort de prêcher des convaincus, convertis dès la naissance par un baptême qui précédait parfois la possession du premier ensemble Cyrilus.

Dis Maman, quand pourrais-je me marier et procéer ?

Heureusement, même si dans le seizième les bars se font rares, le métro y court encore, permettant d’atteindre les zones civilisée de la capitale, où on peut trouver tardivement, une bière si scandaleusement cher quelle suit le taux du CAC40.

N’empêche, on n’est pas vraiment chez soi si on est obligé de fuir l’invasion d’une horde de béni oui oui qui ont en plus l’outrecuidance du prosélyte en eaux clairs, dans vos propres appartements.

Un soir, sans préméditation de ma part, une invitée inattendue vint se joindre à la fête, tandis que j’affûtais mes boules Quies en brandissant ostensiblement l’intégrale des œuvres reliées en cuir cochon du marquis de Sade. A la surprise de l’amphitryon versaillais de la soirée, ce ne fut pas une des habituées, au mieux taillée comme un mannequin fifties pour châles Hermes et collier de perle qui vient de joindre à la veillée de prière, mais bel et bien une de mes bonnes amies, ce que les jeunes, dans leur poésie adolescentes, nomment désormais un « Plan Cul Régulier ».

Pour les besoins de l’histoire nous lui donneront un prénom, mais, pour respecter, une fois encore un anonymat, nous la renommerons en « Marie-Catin ». Le fait d’ailleurs qu’elle porte un prénom composé rassura aussitôt l’assistance composée de moulte Marie-Sophie, Anne-Hortense et autre Jeanne-Clemence.

 

Pourquoi en plus imposer à votre enfant un prénom composé ?

Que Marie-Catin fut mille fois plus sexy que la réunion des chromosomes X de l’ensemble des éléments réputées féminin de l’assistance avait pourtant dû mettre la puce à l’oreille de cette engeance jalouse, mais la partie mâle de l’assemblée insista naturellement pour qu’une place fut faite à la nouvelle arrivée. Et on les comprend.

Marie-Catin s’habillait aussi relativement dignement, ceci à mettre au crédit d’études de droit où très vite on apprend au jeune saute-ruissaux que le fond importe peu tant que la forme est là. On n’y vit donc pas malice, tant il est vrai que, pour l’Eglise, l’habit fait le moine et pour ses fidèles, la cravate fait le notaire.

Les ouailles de notre Tartuffe de colocataire firent donc place à cette jeune oie blanche dans leur collation spirituelle, à laquelle, compte tenu des circonstances, je me joignis aussitôt, curieux de la suite des événements. En fait de curiosité, je devrais d’ailleurs plutôt parler de perversion, étant donné que j’avais une assez bonne idée de ce qui allait advenir.

ceci est une actrice déguisée en versaillaise.

Après l’échange des banalités habituelles et présentation de bon aloi, l’assistance commença ses ablutions rituelles, par un petit bénédicité qui amena une légère ride d’inquiétude sur le visage pas trop outrageusement maquillée de ma visiteuse. Voyant la direction que prenait la réunion des huîtres bénitières, elle me fit un signe désignant ma chambre voisine, dont l’isolement sonore laissait tant à désirer.

M’excusant discrètement, je conviais donc la brebis égarée à quitter le troupeau pour venir en mon antre.
J’aurais pu m’excuser plus ostensiblement sans doute, par avance…

Marie-Catin est ce qu’on peut appeler une fille expansive timide.

Sa discussion en société n’est pas toujours du premier intérêt, quoi qu’elle soit loin d’être sotte, mais, dans l’intimité, elle quitte une réserve naturelle pour exprimer ses sentiments et ressentis de façon parfois sommaire, mais toujours expressive. Parfois quelques mots courts, une injonction impérative, un ou plusieurs cris, parfois un mot un peu grossier mais toujours pertinent, le tout rythmant, en général, une respiration plus bruyante qu’à l’ordinaire, sans doute à mettre sur le compte d’une poitrine généreuse et d’une activité physique un peu sportive.

Une autre photo de labrador, avouez quand même : quelle classe.

Il n’aurait pas été de très bonne charité chrétienne de ma part de pousser aussitôt vers le lit Marie-Câtin sitôt le salon quitté, mais, comme je l’ai précisé en ouverture, je suis assez peu chrétien. Du coup…
Et puis, disons-le, si je n’était pas censé être importuné par les chants à la Vierge, mes visiteurs ne pourraient se plaindre que, de mon côté, je leur fasse partager un peu des félicités que ma visiteuse s’empressa aussitôt de me prodiguer sans vergogne.

Il faut dire que les conditions, et moi-même, semblaient plutôt la motiver à faire de son mieux.

A côté, quand les premiers halètements passèrent la porte, les chants, un instant troublés, redoublèrent de force, s’enchaînant avec vigueur pour couvrir l’activité voisine. Les chants de louanges se succédèrent à un rythme effrénés, les Laudate Dominus, les Gloria, les Jesus est le chemin, tout le répertoire le plus joyeux, entraînant et rythmés de la petite congrégations fut pris et repris, espérant dépasser les cris voisins qui eux aussi invoquaient l’extase des sphères, de façon certes un peu plus terrestres.

Hélas. Marie-Câtin était insatiable et, galanterie française oblige, je me fis un point d’honneur à satisfaire ses exigences.

Je dois avouer au crédit de ma visiteuse, qu’elle me surprit pas la gamme des octaves qu’elles sut atteindre, par un langage qui, s’il n’était pas toujours châtié, était pour le moins fleuri et varié, ainsi que par une vigueur et une inventivité sportive qui me maintint dans un défi permanent.

Tout cela dura longtemps.

Dans la pièce à côté, les voix se turent. Il dut devenir évident pour nos fervents voisins que la discussion théologique qui suivait habituellement n’allait pas pouvoir être faite dans le recueillement habituel. Occupé comme je l’étais, j’entendis du coin de l’oreille la porte de l’entrée s’ouvrir et se fermer, tandis que les dévots allaient sans doute reprendre le chemin de la prière dans un coin quelconque du bois voisin, en l’occurrence le Bois de Boulogne qui lui même ne manquerait pas de leur fournir des voisins d’alcôves rendant eux-même hommage à la nature et, par la même, à Dieu.

Prions dans les bois, il n'y fait pas si froid.

Je revis quelques fois Marie-Câtin par la suite, hélas, le groupe de prière ne revint plus, montrant ainsi les limites devant lesquelles le chrétien installé renonce parfois rapidement à célébrer Dieu dès que les conditions ne sont pas optimums, sous prétextes que le voisinage est bruyant, le coca un peu tiède ou les tucs pas assez soufflés.

Voilà ce qui me dérange dans la religion actuelle : le manque de ferveur.

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11 Comments

  1. Fred Boot dit :

    You made my day, punk ! :) ))

  2. wandrille dit :

    Une bonne chose de faite, alors.

  3. Zia dit :

    Un excellent billet. Parfois, on approche du génie de Monsieur le chien. Bravo.

  4. wandrille dit :

    Oui, heureusement, je m’arrête toujours à quelques kilomètres en dessous, pour rester humble.

  5. Clou dit :

    (toujours la dernière à découvrir les blogs sympas 100 ans après tout le monde…)
    Très drôle, Herr Wandrille!

  6. wandrille dit :

    Ah ben non, il faut découvrir des choses… mieux vaut tard que jamais n’est ce pas ?

  7. Tommie Court dit :

    je kiffe cet article :-)

  8. sandrine dit :

    alors là pipi-culotte !! :D

  9. Jean-Baptiste dit :

    Je lisais ce texte d’un œil torve mais j’ai bien ris. Quelle horreur que ces réunions louanges. Je les appelle aussi « les dévisseurs d’ampoule ». Des fois ça va plus loin, avec des spasmes, des crises semi-épileptiques, des spasmes, des yeux révulsés… c’est bien dommage que la Sainte Inquisition ne soit plus là pour calmer ces agités. Je vois très bien le genre de bons catholiques bien sous tous rapports auxquels vous avez eu droit.
    Allez, une petite histoire de pour de rire :
    Je suis fils unique de mère célibataire. Vers 10 ans, j’eus le vif désir d’aller camper et ma mère m’inscrivit chez les scouts d’Europe. Je me retrouvais donc avec la bonne bourgeoisie de ma ville. Je mis plusieurs années pour me rendre compte que les parents, âmes pieuses s’il en est évitait d’adresser la parole à ma mère. Ben ouais, une instit qui a eu un enfant hors mariage, quand même, ce n’est pas très respectable, c’est pas des gens comme nous.
    Il y a quelques années, la fille (enfin une des filles) d’une de ces respectable famille est allé en pèlerinage. Miracle ! Elle est revenue enceinte jusqu’aux gencives. On a trouvé un curé bien servile pour bénir l’union et la famille s’est agrandie d’un gendre fort laid. En résumé : une mère célibataire c’est plus ou moins une pute mais une fille qui suce des queues dans un pèlerinage c’est un petit accident.
    Je reste attaché à la foi catholique. Elle a heureusement d’autres facettes que ce pharisianisme. Le Christ les appelait déjà les « sépulcres blanchis » : tout beaux dehors, tout pourris dedans. Il faut avoir la foi solidement chevillée au corps pour croire encore de nos jours. Un auteur vous plairait peut-être : Léon Bloy. Un anarchiste devenu catholique au XIXème siècle. Lui aussi dépressif et très fort en gueule. Un de ses bons livres : « le désespéré » (justement !).

    L’horreur, c’est surtout que les gens qui organisent ces réunions pleines de bons sentiments sont en fait plein de petits apétits, c’est ce qui est laid. Je déteste les gens qui drapent leurs saleté dans l’idéal, ça me donne des envies d’autodafé.

    Et ça ne se limite pas aux religieux… les politisés en sont pleins. A droite comme à gauche, mais surtout à gauche.

  10. Jean-Baptiste dit :

    C’est malheureusement le cas de tous les idéaux: politiques, religieux, et même amoureux! C’est ce que Nietzsche dénonce chez les chrétiens (mais on peut élargir le spectre à toute l’humanité) : ils ne sont vertueux que parce qu’ils veulent qu’on le soit en retour. Untel prône l’amour du faible, parce qu’il est faible et veut qu’on l’aime, un autre la charité parce qu’il est pauvre et veut de l’argent ou faire culpabiliser le puissant. La vertu s’apparente bien souvent à de l’égoïsme.

    Ce serait une erreur de prendre la partie pour le tout. Je veux dire, ce n’est pas parce qu’une grosse partie de ce que nous mangeons se transforme en excrément qu’il faut arrêter de se nourrir sous prétexte que nous n’ingérons QUE des futurs excréments. Je ne sais pas si je suis bien clair en prenant cette image, j’ai une certaine tendance à la scatologie.
    Je trouve ça très sympathique, quoi que je ne comprenne pas l’image, le scato me fait aussi bien rire.

    C’est pour ça que Nietzsche a raison quand il nous demande d’aller « par-delà le bien et le mal ». Le critère pour moi serait plutôt la beauté et la vérité, deux choses honnies par notre temps (qui en revanche se régale de tout classer en bien et en mal). La différence est facile à saisir. Quand un citadin donne une pièce à un clochard, on dit que c’est bien. Quand St Vincent de Paul prend la place d’un galérien, on dit que c’est beau.

    Le chef de chœur de ma paroisse a fréquenté les réunions charismatiques que vous décrivez. Il vivait même en communauté. Un jour, il est allé dans une abbaye bénédictine et là enfin, il a eu l’impression de respirer, alors qu’il étouffait sous la mesquinerie, les petits appétits et l’écrasement moral de sa communauté. Il l’a donc quitté et heureusement.

    Pour mettre de l’eau dans mon vin, il existe aussi des groupes charismatiques moins allumés, juste un peu extraverti, qui ont besoin de shake the body pour prier mais qui ont une foi réelle et profonde. Après tout, c’est ça qui me plaît dans l’Eglise catholique : la diversité des pratiques.
    Alors en ce qui me concerne, je trouve très bien qu’on trouve son bonheur par toute voix possible qui n’opprime pas l’autre. S’il s’agit de dévisser les ampoules, très bien, tant qu’il ne s’agit pas de dévisser MES ampoules, qui sont très bien où elles sont, merci.

    Et la diversité des pratiques, ça me va tout plein, on peut vouloir célébrer la messe en latin, le dos à l’assistance, tant qu’on ne m’oblige pas à assister à ça, où à m’avachir sur un tapis 5 fois par jours, grand bien fasse à tout le monde.

    Là où ça devient problèmatique, c’est quand les allumés décident que leur façon de dévisser l’ampoule doit être celle de tout le monde et lapidons l’hérétique…

  11. Heloise dit :

    vous avez de l’humour mais un peu d’amour en plus serait parfait ;-)
    Je fais partie de ces groupes charismatiques que vous décrivez et je ne me retrouve pas dans tous ces commentaires moqueurs. Que la joie de louer Celui en qui on croit en tapant des mains ou levant les bras dérange, c’est dommage, mais passons ! Dans les groupes de prière que je côtoie, il y a des riches, des pauvres, des divorcés, des célibataires, des vieux, des jeunes, des mariés. Et plein de gens qui pourraient vous faire rire tant ils ressemblent à vos clichés mariés/bien peignés/enfants en cyrillus et qui quand on les connaît sont tous si différents les uns des autres, plein d’épreuves et surtout plein d’amour et de charité pour ceux qui les entourent !

    Ho mais comprenons nous bien, j’ai aussi pas mal de pote très religieux, dont mon ancien colloc (pas celui là, un autre, celui qui m’a ramené l’autre teigne). C’est comme partout. Il y a toujours une égale proportion de gens authentiquement gentils et de gros cons.

    Le souci c’est quand ça s’habille de la robe du bon chrétien, ça m’énerve. Mais je suis issu d’une famille de gens très catholiques et très sympas qui me font rire en dehors de tout cliché d’ailleurs. Ne croyez pas que je parle sans connaître, j’en suis ma bonne dame. Enfin j’en étais. Et on ne peut pas dire que ça me manque, d’ailleurs.

    Si des gens trouvent leur joie là-dedans, en revanche, grand bien leur en fasse, tant qu’on ne me demande pas de participer…

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