Je suis à un mois de quitter ma colocation, et je pense qu’il est grand temps que je fixe pour l’éternité des souvenirs qui me quitteront très bientôt (je l’espère du moins) mais dont la postérité pourrait avoir besoin, par exemple si la postérité devait se chercher un colocataire un jour ou rentrer dans une colocation.
Je ne parle pas là à ma postérité mais à l’humanité tout entière.
Concernant ma postérité, je ne suis pas bien sûr d’être capable de procréer et, pour le bien de la planète, je pense sincèrement qu’il serait mieux que mes gamètes ne donnent jamais naissance à un être qui devrait partager ne serait-ce que la moitié de mes défauts.
Cependant, qui sait, peut être par accident je ferai souche et aurai descendance, si une fille devait être assez inconséquente pour accepter d’être la mère de mon enfant ; on remarquera je ne parle pas de mes enfants, hein,
logiquement, elle s’arrêtera à un, ou je partirais, ou alors mon enfant me tuera, probablement avec un sabre laser, parce qu’on parle d’un avenir très lointain et que les sabre laser seront alors monnaie courante, même s’il faudra avoir un permis de port d’arme, parce que quand même, ça reste dangereux.
D’ailleurs, on n’ouvre pas une bière avec un sabrelaser. Ok, on peut allumer une clope avec, mais un briquet reste tout de même beaucoup plus indiqué. Pour ouvrir une bière, s’entend.
Avec le sabrelaser, t’en fous partout.

"obiwan ne t'as pas tout dit, je peux ouvrir une bière sans faire de mousse, car telle est la force du côté obscur"
Bref, mon fils (car forcément, si je dois pondre un truc, ce sera un petit salopard et pas une jolie princesse), ces conseils sont pour toi qui, un jour, se verra dans l’obligation de te chercher un logement en commun, vu que ta mère et moi, nous n’aurons surement pas les moyens de te payer un appart à toi tout seul, vu que si tu veux ton indépendance tu t’assumes, sinon tu vis chez nous et tu fais ce que je te dis, parce que tu es chez moi, tu mange mon pain, tu dors sous mon toit, et parle sur un autre ton à ta mère et ne me regarde pas comme ça, sinon je t’en colle une, j’en ai rien à foutre des services sociaux, je suis un fou moi t’entends ?
En plus tu as 24 ans, t’es majeur, alors je peux t’en coller une si je veux, t’es plus un enfant. Et je m’en fous que tu fasses deux mètre dix. Quand j’avais 10 ans j’ai donné un coup de pied à Romain Novarina et il faisait 1 mètre trente cinq au moins, alors c’est pour te dire que j’ai pas trop les boules de m’attaquer à plus grand que moi.
Ouais ben demande à Romain Novarina et tu verras. Il faisait moins son malin après. Et toi aussi ce sera comme ça.
Donc, revenons à mes conseils, mon fils. Si tu dois te trouver un coloc, lis ce texte, car cela te guidera dans les erreurs à éviter. Comme je suis généreux, je les ai toutes faites pour toi, du coup, c’est simple t’as juste à pas faire comme moi et t’es sauvé.
Non, non, je suis sûr que j’ai fait l’essentiel des erreurs, mais je t’empêche pas d’essayer de me dépasser. Je veux juste que tu saches qu’il y a d’autres moyens d’accomplir son Œdipe. Et range ce sabrelaser, j’en ai besoin pour ouvrir mes bières.
Donc, quand j’avais ton âge. Non plus vieux en fait. Parce que je faisais de la bd, et puis dans la bd, t’as pas beaucoup de thunes alors tu vis longtemps en coloc. Ou en couple. Mais pas souvent, parce que quand même, quand tu fais de la bd, c’est pas évident de plaire aux filles, alors t’es pas souvent en couple.

Un couple hyper crédible : la bonnasse et l'auteur de bd
Bref, donc, j’ai vécu en coloc longtemps. Pendant un temps, j’ai eu plutôt de la chance. J’avais des coloc super, j’ai même vécu avec Benoît Preteseille, le grand artiste, la star du Punk N’Roll à texte, le maître de l’école de la BD à Dada, celui là même.
Une crème.
Et puis j’ai vécu avec Fabien D. qui vient d’être élu pape. Le premier pape marié officiellement, celui qui a réussi à faire sortir l’Eglise du moyen âge intellectuel où elle se complaisait encore au début du troisième millénaire, et où elle continue de se complaire dans certains de quartier de Bordeaux et dans l’ensemble de Versailles.
Bon ben Fabien aussi, il était chouette.
Il y a eu aussi une petite crevure radine.
Mais tu vois, il était tellement inintéressant que j’ai oublié ce que j’avais à dire de lui. J’ai même oublié son prénom. Un prénom original, je crois. Mais le mec était tellement banal que même son prénom je l’ai oublié.
Contrairement à ce que je croyais avant de le rencontrer, ça ne garantit pas une personnalité hors norme, d’avoir un prénom étrange ; ça doit être l’éducation qui finit le truc.

On ne sait que choisir... Mais c'est bien trop beau pour un chien.
Bon…
Un jour, je suis parti vivre à Berlin, en allemagne.
J’ai toujours été nul pour me trouver des logements.
Heureusement, j’ai toujours été bon pour m’entourer de gens qui trouvaient des logements.
Mais là, à Berlin, je connaissais personne.
Parler allemand ne garantit pas de se faire des relations en Allemagne.
Surtout en une semaine par internet.
Mais j’avais totu de même fini par trouver un truc que je pensais bien. Avec un mec propre sur lui.
Trop propre sur lui.
Genre appart IKEA avec colocataire IKEA.

Quelle personnalité dans aménagement de la table Sbrö et des assiettes Björn !
Au départ, je pensais que c’était cool, le gars avait un chien. Je pensais que c’était bien d’avoir un chien, en plus un lab. J’adore les labradors. C’est beau et con à la fois, je fais un complexe d’identification. Plutôt sur l’aspect con d’ailleurs.
En fait, c’est nul d’avoir un chien.
Ça met des poils partout, ça pisse, ça pue et surtout ça ne te lâche pas.
Sans parler des crottes qu’il faut ramasser.
Nul.
Le coloc lui, dans le genre aseptisé, il était parfait.
Jusque dans sa pensée, tout était lisse. Plutôt de droite, hein, mais ça, c’est pas ce qui me dérangerait. Le truc c’est qu’en fait il était tout de même très très de droite. Du genre à vouloir revenir à la séparation RDA/RFA parce que ça couterait moins cher que de payer des impôts pour moderniser l’est.
Il vivait à Berlin est, dans un quartier tout rénové et il ne voyait pas la contradiction.
Un malin.
Ses endroits favoris au monde étaient New York, ce qui est signe d’une folle originalité, et la Suisse, qui était pour lui le pays le plus tolérant du monde, puisque qu’importe ta race ou ta religion, tant que t’as du pognon, tu es le bienvenue en Suisse.
Ah oui, comme partout au monde, non ?
Et Israël.
Parce que le mec était sémitophile.
Sémitophile, le concept : c’est un genre de juif ultra-communautariste pro-israël anti-arabe, sauf que le mec est pas juif.
On avait une mézouza sur la porte, un feutre noir dans un coin et des autocollants Pro-Tsahal. Un recueil de photos de jeunes isrtaëlienne en uniforme, qu’il trouvait hyper sexy, alors que dans le genre filles engoncées dans un sac à patate, c’est le must. Je pense qu’il devait kiffer voire ces petites ados avec des guns. D’ailleurs on avait aussi un briquet flingue ultra ressemblant (sur l’aspect flingue, ce qui était un peu flippant) et une salière et une poivrière en forme de grenades.
Disons le, la salière et la poivrière, c’était plutôt cool.
Je pense qu’il s’était projeté soixante ans dans le passé, en Allemagne, et qu’il avait du se demander en toute honnêteté dans quel camp il se serait retrouvé, et que, en réaction, il avait décidé de prendre le parti parfaitement inverse. Ce qui lui permettait de se retrouver finalement dans un camp pas si éloigné dans l’idéologie raciste et expansionniste.
Mais bon, là, ça dépassait un peu ses capacités d’analyse de journaliste web nourrit à la recherche google.
Ces sirènes peuvent éviscérer un type de huit façon différentes, ça fait rêver...
Mais dans le fond un type gentil.
Le truc, c’est que j’en ai vite eu assez de partager cet appartement blanc et froid avec Dexter (ou Amercian Psycho), et donc j’ai changé pour l’excès inverse et je me suis retrouvé avec le flamboyant Mathias.
Ce type était un poème. Enfin, je devrais l’écrire au présent, vu que, au moment où j’écris ces lignes, je partage encore l’appartement avec lui.
L’appartement lui est super, dans le genre ancien pas trop rénové avec de la hauteur sous plafond dans l’une des plus jolies artères de Berlin, qui n’en a pas tant que ça.
Le problème de ces vieux appart, c’est qu’ils ne sont pas follement isolés au niveau sonore, ce qui allait rapidement poser des problèmes de voisinage dans un temps et de coloquinage aussi d’ailleurs.
Mathias est une machine à bruit.
Professeur de musique dans une école, on sent vite que la production de sons divers et variés répond à une vraie vocation chez lui.
Quand il est gai, il chantonne comme Baloo dans le livre de la jungle.
Mais en allemand.
Parfois il fait des vocalise pour entendre sa belle voix éraillée. Parfois il entonne un chant à boire germanique.
Alors, certes, il fait ça dans sa chambre, mais comme d’un pièce à l’autre, on entendrait une mouche voler, c’est comme si ça se passait au pied de mon lit.
Quand il est triste, il souffle comme un phoque et on avait envie de lui tirer une balle dans la tête pour abréger ses souffrances.

On est pas obligé d'utiliser d'arme à feu.
Quand il aime une chanson, il l’écoute en boucle et après il prends sa guitare et essaye de la refaire.
Un jour, il s’est pris d’affection pour « lemon tree », j’ai cru devenir fou.
Parfois, il se prend d’amour fou pour des lieder traditionnels allemands. Alors les portes de l’enfer s’ouvrent et les diables en sortent en culotte de peau.
Et ça c’est juste pour le côté sonore, parce que, au niveau visuel, il y a aussi quelques merveilles que j’échangerais bien contre n’importe lequel des barils de lessive ordinaire.
Mathias est vieux.
C’est moche, mais ça peut encore passer, c’est un défaut que j’accepte, parce que j’ai une grandeur d’âme très grande, un peu comme mon sécateur.
Des gens viendront dire qu’un jour ou l’autre moi aussi je serais vieux, mais franchement, ça m’étonnerait, vu la liste de défauts que j’ai déjà, vu l’enfance traumatisante et la tonne d’emmerdes que je génère en permanence autours de moi, vu que j’ai étudié dans un lycée catholique non mixte, normalement je ne PEUX PAS avoir ça en plus.

Johnny n'est pas vieux. Il prend trop de douche, alors sa peau plisse.
Ce serait vraiment dégueulasse. Donc désolé les gens.
J’aurais ptet des rides, je perdrais ptet la tête, les dents et ma dignité, mais je ne serais pas vieux.
Matthias, lui, est vieux.
Il a plus de cinquante ans. Normalement, on est dans un hospice de vieux à cet âge là, mais pas lui. Me demandez pas comment il s’est exonéré de cette obligation civique, j’en sais rien, je suis pas de la police.
Pourtant franchement, lui il serait facile à attraper, parce que bon, on peut pas le louper.
Le mec, il a une espèce de pelade assez hideuse, genre pas de cheveux sur le tour du crâne, une touffe par ci par là aux hémisphère et, au pôle nord, une espèce de motte de gazon pas tondue, qu’il brosse pendant des heures puis arrange en turban ou en béret sur le sommet de son crâne, selon son humeur du moment.
Une sorte de chauve inversé.
Ne cherche pas à imaginer. D’abord tu peux pas, et deuxièmement, c’est affreux.

Au départ, j'ai cherché "pelade" sur google image, pour donner une idée, et quand j'ai vu le résultat, j'ai préféré montrer une image de chaton.
Au départ, je croyais que c’était un postiche. Et puis un jour je me suis aperçu qu’il se douchait avec, alors j’ai réalisé qu’en fait non, c’était ses vrais cheveux.
En même temps, il aurait fallu être très étrange pour choisir une perruque comme ça.
Il n’empêche qu’il perd tout de même ses cheveux et qu’il laisse trainer dans le bac de douche de longs fils gluants qui bouchent régulièrement la bonde que je suis obligé de déboucher avec mes bras musclés et des lunettes 3D pour m’empêcher de réaliser ce que je suis en train de faire réellement.
Mathias est aussi clown politique. Ça veut dire qu’il est très engagé, à l’allemande. Il va s’enchainer sur des rails et là, j’imagine qu’il fabrique des animaux en ballon pour effrayer les CRS locaux, ce qui doit bien les faire flipper.
Enfin c’est surtout sa gueule qui doit leur faire peur, parce qu’il se tartine de blanc et que ça plisse de partout au niveau des rides et comme c’est du maquillage premier prix, ça s’écaille et ça tombe.
J’en ai juste vu des photos et j’ai peu dormi dans les mois qui ont suivi. Stephen King n’est qu’un pd à côté de Mathias.
Cela dit, Mathias est très gentil, il est même un peu rigolo. Avec son groupe de clown, il s’était fait arrêté prêt de Tempelhof, un aéroport de Berlin qui a fermé et a été réouvert en parc. Il militait pour ça, ça a marché.
Bref, ils se sont fait choper parce que, avec son groupe, il sciait les grilles avec des carottes. J’imagine le chef d’accusation : sciage de grillage à la carotte.

On peut tout faire avec une carotte : forcer un coffre fort, fonder un groupe de rock ou détourner un avion
Bien sûr Mathias est vraiment une crème d’homme, mais une crème un peu rance, vu qu’elle traîne dehors depuis trop longtemps. Et de fait, lui même ne range rien, il laisse trainer de la bouffe partout, il me mange mes merveilleuses ravioles que c’est la croix et la bannière pour en trouver à Berlin, il fout son bordel partout, il vient repasser son linge dans ma chambre, parce qu’il trouve ça plus agréable, vu que c’est plus lumineux.
Il est tellement distrait qu’il remet dans la boite d’œuf les coquilles cassées et remet la boite au frigo. De temps en temps, il me demande en me montrant une paire de lunette si ce sont les miennes ou les siennes, alors que je ne porte pas de lunettes.
bref, il est usant et, à son âge, on ne le changera pas.
Tout ça, c’est chiant, mais je pourrais encore le supporter.
Si c’est vrai.
Mais le truc, c’est qu’il pue.
On me dira, évidemment, il pue, il est vieux. Et on aura pas tort.
Mais moi je manques de sens pratique, j’avais pas réalisé.

Je cherchais un vieux qui pue. J'avais le choix entre mille, j'ai choisi celui là.
J’ai compris ça cet été. Bien sûr, ça sent fort dans sa chambre, mais je n’y vais jamais. Je mettais l’odeur particulière de l’appart sur tout ces trucs que Matthias laisse trainer. Essentiellement la bouffe.
Mais cet été, il est parti deux semaines et j’ai briqué l’appart à fond, j’ai vidé le frigo de tous les vieux trucs qu’il y laisse trainer. Je ne suis pas particulièrement maniaque, en fait, je suis même un sacré bordel, mais bon, la salle de bain, la cuisine, j’aime bien que ce soit pas trop sale.
Après quelques efforts ménager, l’appartement s’est transformé en un espace ma foi assez digne.
Et puis, Mathias est rentré.
Je l’ai croisé en bas de chez moi, il m’a salué chaleureusement, moi aussi, je suis civil, tout ça, et puis je suis rentré. J’ai ouvert la porte et là, elle m’a sauté à la gueule. Sa chienne d’odeur. Aussi présente que le clébard de la précédente colocation.
Une espèce de macération mélangeant odeur de pied dans chaussette en laine, pets de digestion avec ingestion de poireaux-flageollet et relents de pourrissements de chairs mortes.

Même pas d’évocation fromagère pour faire passer la pilule.
Ce jour là, je me suis mis sur internet et j’ai cherché un nouvel appart.
Seul.
Ce fut dur, ce fut ardu, il m’a fallu falsifier des tas de documents, m’inventer une vie, des parents prêts à me cautionner, d’anciens loueurs garants de mon honnêteté, mais j’ai finit par y arriver.
Un truc honnête, central, vue sur le canal, ascenseur, baies vitrées, balcon, voisine exhibitionniste. Et seul. Enfin.
J’ai annoncé à Mathias mon intention de partir.
Je lui ai dit que je m’estimait un peu trop vieux pour vivre encore en coloc, histoire de lui faire passer un message, au passage. C’était dégueulasse, mais moins que de lui dire que je partais parce qu’il puait comme mille boucs, qu’il chantait comme une bouilloire et qu’il s’habillait comme un clochard.

Franchement, faut oser la couleur, mais après quel succès en société.
Oui, parce qu’il a une garde robe dont on ne voudrait pas à Emmaüs pour récurer les fonds de casserole.
Je recommande la vision de ses marcels, avec trous plus grands pour passer les bras, pour donner une vision de l’infinité des variations qui existe entre le gris clair et le gris foncé.
Les voir pendus dans la salle de bain, le matin, au réveil, donne instantanément envie de se pendre aussi. J’ai tenté de lutter contre eux.
J’ai prétexté une amie artiste qui avait besoin de vieux vêtements pour une expo sur « l’âme des choses », afin de lui échanger ses vieilles horreurs contre des marcel neufs achetés pour l’occasion. Je sais c’est tordu. Mais ça a marché.
Inutile de se demander d’où j’ai tiré l’idée de l’expo sur « l’âme des choses ». Il suffit d’avoir étudié aux Arts Déco pour en ressortir blindé sur les concepts fumeux et le blabla pseudo-artistiques. Il y a là-bas des profs qui sont des véritables « générateur d’idées à la con » et qui ont le redoutable talent d’éveiller la même vocation chez des élèves qui, au départ, étaient pourtant des gens talentueux.

Bienvenue aux Arts Décos, rassurez vous, on se fait vite à l'odeur.
Bref, j’ai réussi l’échange.
Il a fallu deux semaines à Mathias pour changé le blanc immaculés des nouveaux marcels en un ciel de Bretagne. Au bout de trois semaines, les premiers trous ont fait leur apparition.
Alors qu’on ne dise pas que je n’ai pas essayé de changer les choses.
Depuis, j’ai pris ma résolution et mon mal en patience… Bien décidé à profiter des derniers instants qu’il nous reste à vivre ensemble.
Je n’ai pas été déçu.
Ainsi, ce matin, image merveilleuse : mon coloc rentre dans la cuisine dans un fabuleux peignoir violet un peu court, et s’étire en passant la main dans la touffe qu’il a sur le haut du crâne.
Ce ne serait pas atroce, ce serait d’un érotisme trouble.
Il faudrait juste que ce soit une grande rousse flamboyante, avec des cheveux.
… Le peignoir devrait être une nuisette, et tant qu’à faire en soie sauvage, plutôt qu’en pilou.
Et pas violet.

Mais... que font ces vieux à l'arrière plan, dans ma cuisine ? (il est temps que je me réveille)
Sur ce il se sert une tasse du café que j’ai préparé, comme tout les matins, et part en laissant le thermos de café ouvert, comme tous les matins.
Alors qu’il y a un bouton pression qui permet de se servir sans le laisser ouvert et puis après le café est froid.
Hé oui, je deviens salement maniaque avec lui.
Et puis, il est rentré chez lui et se mouche, tel un morse sortant de l’eau et chassant l’eau de son nez épaté. Tout l’appartement résonne de cette musique des sphères enchanteresse.
C’est l’enfer. Tout à l’heure, il va chanter, je le sens.
Allez.
Encore un mois et je me casse.





































