2 oct
2011

Colocation mon amour

Je suis à un mois de quitter ma colocation, et je pense qu’il est grand temps que je fixe pour l’éternité des souvenirs qui me quitteront très bientôt (je l’espère du moins) mais dont la postérité pourrait avoir besoin, par exemple si la postérité devait se chercher un colocataire un jour ou rentrer dans une colocation.

Je ne parle pas là à ma postérité mais à l’humanité tout entière.

Concernant ma postérité, je ne suis pas bien sûr d’être capable de procréer et, pour le bien de la planète, je pense sincèrement qu’il serait mieux que mes gamètes ne donnent jamais naissance à un être qui devrait partager ne serait-ce que la moitié de mes défauts.
Cependant, qui sait, peut être par accident je ferai souche et aurai descendance, si une fille devait être assez inconséquente pour accepter d’être la mère de mon enfant ; on remarquera je ne parle pas de mes enfants, hein,
logiquement, elle s’arrêtera à un, ou je partirais, ou alors mon enfant me tuera, probablement avec un sabre laser, parce qu’on parle d’un avenir très lointain et que les sabre laser seront alors monnaie courante, même s’il faudra avoir un permis de port d’arme, parce que quand même, ça reste dangereux.

D’ailleurs, on n’ouvre pas une bière avec un sabrelaser. Ok, on peut allumer une clope avec, mais un briquet reste tout de même beaucoup plus indiqué. Pour ouvrir une bière, s’entend.

Avec le sabrelaser, t’en fous partout.

"obiwan ne t'as pas tout dit, je peux ouvrir une bière sans faire de mousse, car telle est la force du côté obscur"

Bref, mon fils (car forcément, si je dois pondre un truc, ce sera un petit salopard et pas une jolie princesse), ces conseils sont pour toi qui, un jour, se verra dans l’obligation de te chercher un logement en commun, vu que ta mère et moi, nous n’aurons surement pas les moyens de te payer un appart à toi tout seul, vu que si tu veux ton indépendance tu t’assumes, sinon tu vis chez nous et tu fais ce que je te dis, parce que tu es chez moi, tu mange mon pain, tu dors sous mon toit, et parle sur un autre ton à ta mère et ne me regarde pas comme ça, sinon je t’en colle une, j’en ai rien à foutre des services sociaux, je suis un fou moi t’entends ?

En plus tu as 24 ans, t’es majeur, alors je peux t’en coller une si je veux, t’es plus un enfant. Et je m’en fous que tu fasses deux mètre dix. Quand j’avais 10 ans j’ai donné un coup de pied à Romain Novarina et il faisait 1 mètre trente cinq au moins, alors c’est pour te dire que j’ai pas trop les boules de m’attaquer à plus grand que moi.

Ouais ben demande à Romain Novarina et tu verras. Il faisait moins son malin après. Et toi aussi ce sera comme ça.
Donc, revenons à mes conseils, mon fils. Si tu dois te trouver un coloc, lis ce texte, car cela te guidera dans les erreurs à éviter. Comme je suis généreux, je les ai toutes faites pour toi, du coup, c’est simple t’as juste à pas faire comme moi et t’es sauvé.

Non, non, je suis sûr que j’ai fait l’essentiel des erreurs, mais je t’empêche pas d’essayer de me dépasser. Je veux juste que tu saches qu’il y a d’autres moyens d’accomplir son Œdipe. Et range ce sabrelaser, j’en ai besoin pour ouvrir mes bières.

Donc, quand j’avais ton âge. Non plus vieux en fait. Parce que je faisais de la bd, et puis dans la bd, t’as pas beaucoup de thunes alors tu vis longtemps en coloc. Ou en couple. Mais pas souvent, parce que quand même, quand tu fais de la bd, c’est pas évident de plaire aux filles, alors t’es pas souvent en couple.

Un couple hyper crédible : la bonnasse et l'auteur de bd

Bref, donc, j’ai vécu en coloc longtemps. Pendant un temps, j’ai eu plutôt de la chance. J’avais des coloc super,  j’ai même vécu avec Benoît Preteseille, le grand artiste, la star du Punk N’Roll à texte, le maître de l’école de la BD à Dada, celui là même.

Une crème.
Et puis j’ai vécu avec Fabien D. qui vient d’être élu pape. Le premier pape marié officiellement, celui qui a réussi à faire sortir l’Eglise du moyen âge intellectuel où elle se complaisait encore au début du troisième millénaire, et où elle continue de se complaire dans certains de quartier de Bordeaux et dans l’ensemble de Versailles.
Bon ben Fabien aussi, il était chouette.

Il y a eu aussi une petite crevure radine.

Mais tu vois, il était tellement inintéressant que j’ai oublié ce que j’avais à dire de lui. J’ai même oublié son prénom. Un prénom original, je crois. Mais le mec était tellement banal que même son prénom je l’ai oublié.

Contrairement à ce que je croyais avant de le rencontrer, ça ne garantit pas une personnalité hors norme, d’avoir un prénom étrange ; ça doit être l’éducation qui finit le truc.

On ne sait que choisir... Mais c'est bien trop beau pour un chien.

Bon…
Un jour, je suis parti vivre à Berlin, en allemagne.
J’ai toujours été nul pour me trouver des logements.
Heureusement, j’ai toujours été bon pour m’entourer de gens qui trouvaient des logements.
Mais là, à Berlin, je connaissais personne.

Parler allemand ne garantit pas de se faire des relations en Allemagne.
Surtout en une semaine par internet.
Mais j’avais totu de même fini par trouver un truc que je pensais bien. Avec un mec propre sur lui.

Trop propre sur lui.
Genre appart IKEA avec colocataire IKEA.

Quelle personnalité dans aménagement de la table Sbrö et des assiettes Björn !

Au départ, je pensais que c’était cool, le gars avait un chien. Je pensais que c’était bien d’avoir un chien, en plus un lab. J’adore les labradors. C’est beau et con à la fois, je fais un complexe d’identification. Plutôt sur l’aspect con d’ailleurs.

En fait, c’est nul d’avoir un chien.

Ça met des poils partout, ça pisse, ça pue et surtout ça ne te lâche pas.
Sans parler des crottes qu’il faut ramasser.
Nul.
Le coloc lui, dans le genre aseptisé, il était parfait.

Jusque dans sa pensée, tout était lisse. Plutôt de droite, hein, mais ça, c’est pas ce qui me dérangerait. Le truc c’est qu’en fait il était tout de même très très de droite. Du genre à vouloir revenir à la séparation RDA/RFA parce que ça couterait moins cher que de payer des impôts pour moderniser l’est.
Il vivait à Berlin est, dans un quartier tout rénové et il ne voyait pas la contradiction.
Un malin.

Ses endroits favoris au monde étaient New York, ce qui est signe d’une folle originalité, et la Suisse, qui était pour lui le pays le plus tolérant du monde, puisque qu’importe ta race ou ta religion, tant que t’as du pognon, tu es le bienvenue en Suisse.

Ah oui, comme partout au monde, non ?

Et Israël.
Parce que le mec était sémitophile.

Sémitophile, le concept : c’est un genre de juif ultra-communautariste pro-israël anti-arabe, sauf que le mec est pas juif.

On avait une mézouza sur la porte, un feutre noir dans un coin et des autocollants Pro-Tsahal. Un recueil de photos de jeunes isrtaëlienne en uniforme, qu’il trouvait hyper sexy, alors que dans le genre filles engoncées dans un sac à patate, c’est le must. Je pense qu’il devait kiffer voire ces petites ados avec des guns. D’ailleurs on avait aussi un briquet flingue ultra ressemblant (sur l’aspect flingue, ce qui était un peu flippant) et une salière et une poivrière en forme de grenades.

Disons le, la salière et la poivrière, c’était plutôt cool.
Je pense qu’il s’était projeté soixante ans dans le passé, en Allemagne, et qu’il avait du se demander en toute honnêteté dans quel camp il se serait retrouvé, et que, en réaction, il avait décidé de prendre le parti parfaitement inverse. Ce qui lui permettait de se retrouver finalement dans un camp pas si éloigné dans l’idéologie raciste et expansionniste.
Mais bon, là, ça dépassait un peu ses capacités d’analyse de journaliste web nourrit à la recherche google.

 

Ces sirènes peuvent éviscérer un type de huit façon différentes, ça fait rêver...

Mais dans le fond un type gentil.
Le truc, c’est que j’en ai vite eu assez de partager cet appartement blanc et froid avec Dexter (ou Amercian Psycho), et donc j’ai changé pour l’excès inverse et je me suis retrouvé avec le flamboyant Mathias.

Ce type était un poème. Enfin, je devrais l’écrire au présent, vu que, au moment où j’écris ces lignes, je partage encore l’appartement avec lui.

L’appartement lui est super, dans le genre ancien pas trop rénové avec de la hauteur sous plafond dans l’une des plus jolies artères de Berlin, qui n’en a pas tant que ça.
Le problème de ces vieux appart, c’est qu’ils ne sont pas follement isolés au niveau sonore, ce qui allait rapidement poser des problèmes de voisinage dans un temps et de coloquinage aussi d’ailleurs.

Mathias est une machine à bruit.
Professeur de musique dans une école, on sent vite que la production de sons divers et variés répond à une vraie vocation chez lui.

Quand il est gai, il chantonne comme Baloo dans le livre de la jungle.
Mais en allemand.
Parfois il fait des vocalise pour entendre sa belle voix éraillée. Parfois il entonne un chant à boire germanique.

Alors, certes, il fait ça dans sa chambre, mais comme d’un pièce à l’autre, on entendrait une mouche voler, c’est comme si ça se passait au pied de mon lit.
Quand il est triste, il souffle comme un phoque et on avait envie de lui tirer une balle dans la tête pour abréger ses souffrances.

On est pas obligé d'utiliser d'arme à feu.

Quand il aime une chanson, il l’écoute en boucle et après il prends sa guitare et essaye de la refaire.
Un jour, il s’est pris d’affection pour « lemon tree », j’ai cru devenir fou.
Parfois, il se prend d’amour fou pour des lieder traditionnels allemands. Alors les portes de l’enfer s’ouvrent et les diables en sortent en culotte de peau.

Et ça c’est juste pour le côté sonore, parce que, au niveau visuel, il y a aussi quelques merveilles que j’échangerais bien contre n’importe lequel des barils de lessive ordinaire.

Mathias est vieux.
C’est moche, mais ça peut encore passer, c’est un défaut que j’accepte, parce que j’ai une grandeur d’âme très grande, un peu comme mon sécateur.
Des gens viendront dire qu’un jour ou l’autre moi aussi je serais vieux, mais franchement, ça m’étonnerait, vu la liste de défauts que j’ai déjà, vu l’enfance traumatisante et la tonne d’emmerdes que je génère en permanence autours de moi, vu que j’ai étudié dans un lycée catholique non mixte, normalement je ne PEUX PAS avoir ça en plus.

 

Johnny n'est pas vieux. Il prend trop de douche, alors sa peau plisse.

Ce serait vraiment dégueulasse. Donc désolé les gens.

J’aurais ptet des rides, je perdrais ptet la tête, les dents et ma dignité, mais je ne serais pas vieux.
Matthias, lui, est vieux.

Il a plus de cinquante ans. Normalement, on est dans un hospice de vieux à cet âge là, mais pas lui. Me demandez pas comment il s’est exonéré de cette obligation civique, j’en sais rien, je suis pas de la police.
Pourtant franchement, lui il serait facile à attraper, parce que bon, on peut pas le louper.
Le mec, il a une espèce de pelade assez hideuse, genre pas de cheveux sur le tour du crâne, une touffe par ci par là aux hémisphère et, au pôle nord, une espèce de motte de gazon pas tondue, qu’il brosse pendant des heures puis arrange en turban ou en béret sur le sommet de son crâne, selon son humeur du moment.

Une sorte de chauve inversé.
Ne cherche pas à imaginer. D’abord tu peux pas, et deuxièmement, c’est affreux.

 

Au départ, j'ai cherché "pelade" sur google image, pour donner une idée, et quand j'ai vu le résultat, j'ai préféré montrer une image de chaton.

Au départ, je croyais que c’était un postiche. Et puis un jour je me suis aperçu qu’il se douchait avec, alors j’ai réalisé qu’en fait non, c’était ses vrais cheveux.
En même temps, il aurait fallu être très étrange pour choisir une perruque comme ça.
Il n’empêche qu’il perd tout de même ses cheveux et qu’il laisse trainer dans le bac de douche de longs fils gluants qui bouchent régulièrement la bonde que je suis obligé de déboucher avec mes bras musclés et des lunettes 3D pour m’empêcher de réaliser ce que je suis en train de faire réellement.

Mathias est aussi clown politique. Ça veut dire qu’il est très engagé, à l’allemande. Il va s’enchainer sur des rails et là, j’imagine qu’il fabrique des animaux en ballon pour effrayer les CRS locaux, ce qui doit bien les faire flipper.
Enfin c’est surtout sa gueule qui doit leur faire peur, parce qu’il se tartine de blanc et que ça plisse de partout au niveau des rides et comme c’est du maquillage premier prix, ça s’écaille et ça tombe.
J’en ai juste vu des photos et j’ai peu dormi dans les mois qui ont suivi. Stephen King n’est qu’un pd à côté de Mathias.
Cela dit, Mathias est très gentil, il est même un peu rigolo. Avec son groupe de clown, il s’était fait arrêté prêt de Tempelhof, un aéroport de Berlin qui a fermé et a été réouvert en parc. Il militait pour ça, ça a marché.
Bref, ils se sont fait choper parce que, avec son groupe, il sciait les grilles avec des carottes. J’imagine le chef d’accusation : sciage de grillage à la carotte.

On peut tout faire avec une carotte : forcer un coffre fort, fonder un groupe de rock ou détourner un avion

Bien sûr Mathias est vraiment une crème d’homme, mais une crème un peu rance, vu qu’elle traîne dehors depuis trop longtemps. Et de fait, lui même ne range rien, il laisse trainer de la bouffe partout, il me mange mes merveilleuses ravioles que c’est la croix et la bannière pour en trouver à Berlin, il fout son bordel partout, il vient repasser son linge dans ma chambre, parce qu’il trouve ça plus agréable, vu que c’est plus lumineux.

Il est tellement distrait qu’il remet dans la boite d’œuf les coquilles cassées et remet la boite au frigo. De temps en temps, il me demande en me montrant une paire de lunette si ce sont les miennes ou les siennes, alors que je ne porte pas de lunettes.

bref, il est usant et, à son âge, on ne le changera pas.
Tout ça, c’est chiant, mais je pourrais encore le supporter.
Si c’est vrai.
Mais le truc, c’est qu’il pue.

On me dira, évidemment, il pue, il est vieux. Et on aura pas tort.
Mais moi je manques de sens pratique, j’avais pas réalisé.

Je cherchais un vieux qui pue. J'avais le choix entre mille, j'ai choisi celui là.

J’ai compris ça cet été. Bien sûr, ça sent fort dans sa chambre, mais je n’y vais jamais. Je mettais l’odeur particulière de l’appart sur tout ces trucs que Matthias laisse trainer. Essentiellement la bouffe.

Mais cet été, il est parti deux semaines et j’ai briqué l’appart à fond, j’ai vidé le frigo de tous les vieux trucs qu’il y laisse trainer. Je ne suis pas particulièrement maniaque, en fait, je suis même un sacré bordel, mais bon, la salle de bain, la cuisine, j’aime bien que ce soit pas trop sale.

Après quelques efforts ménager, l’appartement s’est transformé en un espace ma foi assez digne.

Et puis, Mathias est rentré.
Je l’ai croisé en bas de chez moi, il m’a salué chaleureusement, moi aussi, je suis civil, tout ça, et puis je suis rentré. J’ai ouvert la porte et là, elle m’a sauté à la gueule. Sa chienne d’odeur. Aussi présente que le clébard de la précédente colocation.
Une espèce de macération mélangeant odeur de pied dans chaussette en laine, pets de digestion avec ingestion de poireaux-flageollet et relents de pourrissements de chairs mortes.

 

Même pas d’évocation fromagère pour faire passer la pilule.

Ce jour là, je me suis mis sur internet et j’ai cherché un nouvel appart.
Seul.
Ce fut dur, ce fut ardu, il m’a fallu falsifier des tas de documents, m’inventer une vie, des parents prêts à me cautionner, d’anciens loueurs garants de mon honnêteté, mais j’ai finit par y arriver.

Un truc honnête, central, vue sur le canal, ascenseur, baies vitrées, balcon, voisine exhibitionniste. Et seul. Enfin.
J’ai annoncé à Mathias mon intention de partir.
Je lui ai dit que je m’estimait un peu trop vieux pour vivre encore en coloc, histoire de lui faire passer un message, au passage. C’était dégueulasse, mais moins que de lui dire que je partais parce qu’il puait comme mille boucs, qu’il chantait comme une bouilloire et qu’il s’habillait comme un clochard.

 

Franchement, faut oser la couleur, mais après quel succès en société.

Oui, parce qu’il a une garde robe dont on ne voudrait pas à Emmaüs pour récurer les fonds de casserole.
Je recommande la vision de ses marcels, avec trous plus grands pour passer les bras, pour donner une vision de l’infinité des variations qui existe entre le gris clair et le gris foncé.

Les voir pendus dans la salle de bain, le matin, au réveil, donne instantanément envie de se pendre aussi. J’ai tenté de lutter contre eux.
J’ai prétexté une amie artiste qui avait besoin de vieux vêtements pour une expo sur « l’âme des choses », afin de lui échanger ses vieilles horreurs contre des marcel neufs achetés pour l’occasion. Je sais c’est tordu. Mais ça a marché.
Inutile de se demander d’où j’ai tiré l’idée de l’expo sur « l’âme des choses ». Il suffit d’avoir étudié aux Arts Déco pour en ressortir blindé sur les concepts fumeux et le blabla pseudo-artistiques. Il y a là-bas des profs qui sont des véritables « générateur d’idées à la con » et qui ont le redoutable talent d’éveiller la même vocation chez des élèves qui, au départ, étaient pourtant des gens talentueux.

Bienvenue aux Arts Décos, rassurez vous, on se fait vite à l'odeur.

Bref, j’ai réussi l’échange.
Il a fallu deux semaines à Mathias pour changé le blanc immaculés des nouveaux marcels en un ciel de Bretagne. Au bout de trois semaines, les premiers trous ont fait leur apparition.

Alors qu’on ne dise pas que je n’ai pas essayé de changer les choses.

Depuis, j’ai pris ma résolution et mon mal en patience… Bien décidé à profiter des derniers instants qu’il nous reste à vivre ensemble.

Je n’ai pas été déçu.

Ainsi, ce matin, image merveilleuse : mon coloc rentre dans la cuisine dans un fabuleux peignoir violet un peu court, et s’étire en passant la main dans la touffe qu’il a sur le haut du crâne.

Ce ne serait pas atroce, ce serait d’un érotisme trouble.

Il faudrait juste que ce soit une grande rousse flamboyante, avec des cheveux.
… Le peignoir devrait être une nuisette, et tant qu’à faire en soie sauvage, plutôt qu’en pilou.

Et pas violet.

 


Mais... que font ces vieux à l'arrière plan, dans ma cuisine ? (il est temps que je me réveille)

 

Sur ce il se sert une tasse du café que j’ai préparé, comme tout les matins, et part en laissant le thermos de café ouvert, comme tous les matins.

Alors qu’il y a un bouton pression qui permet de se servir sans le laisser ouvert et puis après le café est froid.

Hé oui, je deviens salement maniaque avec lui.

Et puis, il est rentré chez lui et se mouche, tel un morse sortant de l’eau et chassant l’eau de son nez épaté. Tout l’appartement résonne de cette musique des sphères enchanteresse.

C’est l’enfer. Tout à l’heure, il va chanter, je le sens.

Allez.
Encore un mois et je me casse.

28 sept
2011

Chronique d’une rechute annoncée…

Je devrais normalement faire un débriefing de mon passage à Paris à l’occasion du Festiblog, ce qui ne serait que justice eut égard à la gentillesse avec laquelle toute l’équipe accueille la crème et la lie mélangée de la production de bd en ligne.

Hélas, vous savez comme c’est, le monde est injuste, et moi aussi.

Ainsi, au lieu de dessiner des bd, ce qui permet de toucher un public aussi large qu’analphabète et de raconter ainsi les multiples aventures qui me sont arrivées durant ce bref séjour, comment le monde entier a pu découvrir que mon quatrième prénom était Hercule ou l’incroyable soirée où j’ai rattrapé à la course un jeune arabo-latin qui avait pratiqué le vol à l’arrachée sur bretonne, j’aurais pu aussi balancer que Loïc Sécheresse était encore bourré-relou à la soirée des auteurs, mais, en lieu et place de ça, je vais vous parler de ma petite santé et de la terrible rechute que j’ai connue au cours de ce week-end, rechute dont les organisateurs du Festiblog sont les principaux responsables,  et en premier lieu, Yannick Lejeune, Mike et Anaïs .

Qui voit rire Loïc Sécheresse ne trouvera pas facilement le sommeil les soirs suivants.

Donc pas de Nom-dropage, pas d’anecdotes croustillantes,  pas de ragots sexuels, pas de smoothie goût fenouil, pas d’histoire de Gü.

Simplement, la triste chronique d’une descente dans l’enfer de l’addiction, de celles qu’on craint de parler ouvertement, et dont les mères tentent de préserver du mieux qu’elles le peuvent les jeunes âmes des enfants prépubères et postpubards. Un truc dont on devrait tous être protégés : Les livres.

Je ne devais plus acheter de livres.

Et spécialement de bd.
En quittant la France, j’ai bazardé deux milles bd qui m’encombraient, un mur d’environ deux mètres cubes et je me suis senti délivré de choses qui me possédaient plus que je ne les possédais.

 

En plus c'était des vieilles bd, toutes poussiéreuses, écrites en vieux françois.

Hélas. Vous savez comme c’est, sitôt qu’un type sort de prison, il fait de son mieux pour y retourner.

Ainsi, alors même que mes spacieux appartements berlinois devaient me permettre d’atteindre zénitude et détachements des biens matériels, je me suis empressé de les encombrer de trucs. Des meubles au départ, tant le mobilier seventies est à la fois classe et bon marché par chez nous.

Mais pas de livres… A peine une ou deux vieilles éditions de manuel de français à l’usage des allemands, pour le côté curiosité (j’en ai une de 1933)

Et puis, petit à petit mes résolutions ont été battues en brèche.

Au départ, c’était soft. Juste une petite latte de temps en temps.

Je me faisais offrir des choses. Pas de la bd. Je m’autorisait des beaux livres, type les recueils d’illustrations de Gestalten, des recueils de carnets de croquis, des choses comme ça. Beaux et pansus mais surtout chers,  ces gras compagnons me tenaient un mois ou deux loin des étals des libraires.

C'est pas parce qu'on a jamais lu plus d'un livre qu'on ne peut pas réussir sa vie et gagner son paradis.

Il faut dire que l’éloignement de la France facilitait le sevrage, peu de choses traversant la ligne Maginot pour m’atteindre dans mon exil.

Il y a bien la librairie française, mais le libraire, tout en se réclamant du mouvement punk, pratique une politique de prix digne des banques suisses. Donc je ne m’y fournis guère.

Cependant, de temps en temps, je repasse par le pays natal, la mère patrie, et, a l’occasion, je cède à l’impulsion d’acheter un ouvrage avec des cases et des bulles. Je me trouve alors toujours de bonnes excuses. « c’est un copain, c’est pour le soutenir », « je vais l’offrir à untel » ou « c’est pour se rappeler quel goût ça a »….

Lamentable.

Dernière limite que je m’étais imposée : les bagages en soute. C’est un supplément payant chez easyjet, et je suis radin. Et paresseux. Alors porter un sac alourdi par de la bd prétentieuse (j’adore la bd prétentieuse) ça faisait beaucoup pour mon physique de sportophobique.

De temps en temps, un ami, du type  « qui vous veut du bien » m’envoyait de façon plus ou moins anonyme un colis tentateur.

C’est ainsi que j’ai reçu le dernier tome des AUTRES GENS ou un mirifique volume des Intégrales Gil Jourdan, chez Dupuis (une merveille).
De même, un dealer mal intentionné m’a fait passer quelques exemplaires de Scott Pilgrim (salaud !) ou très récemment, j’ai reçu en direct d’Angoulême, plaque tournante du trafic, un livre édité par Cornelius et portant le sinistre titre de MAUDIT VICTOR, d’un certain Benoît Preteseille, dont je vous décourage absolument la lecture si vous n’aimez pas être entrainé dans une histoire intelligente et originale.

Un livre avec des Loïc Sécheresse dedans.

Je fais semblant de lire, du bout des yeux, bien sûr, car ma volonté  est d’acier.
Je tiens encore bon. Enfin je tenais…

Jusqu’à ce week end.

Car oui, j’ai cédé, retombant dans la spirale infernale. A cause de la générosité des organisateurs du festiblog, j’ai pu avoir un bagage en soute, que j’ai bourré de jeux « COUPS D’UN SOIRS » dont la cinquantaine d’exemplaire emportés pour l’occasion a disparu dans le week end (message subliminal : achetez « coups d’un soir »).

Je rentrais donc à vide.

Et c’est là que Satan, revenant d’une séance de cinéma avec Odieux Connard, m’est apparu et, indiquant de son doigt crochu ma valise a roulette vide, il mima d’un geste obscène l’acte de tourner des pages… Je fermais les yeux, mais il était toujours là, devant moi, me parlant dans des bulles, portant des cases à bout de bras… Mes mains tremblaient, ma conscience hurlait « non, ne fais pas ça ! » Mais Satan me sussura à l’oreille : « allons, tu vas attraper un vilain métèque voleur de poules, tu as bien droit à une petite récompense ».

Je savais que cet acte de bravoure ne me vaudrait pas la légion d’honneur que je mérite tant… Alors ma vanité, prenant le dessus, emboîta le pas au démon et bras dessus bras dessous, ils m’entrainèrent vers la librairie du Festiblog, tout en me rappelant qu’en tant qu’auteur invité, j’avais droit à 15% de réduc.

Le précipice était là, devant moi, ouvert… Que croyez vous que je fis ?

Je plongeais et ne remontais que ma valise lestée d’une trentaine de kilos qui allait me valoir de payer un coûteux surpoids au guichet easyjet.

J’adore la plongée, que voulez vous…

J’ai pris de tout, je me suis roulé dans les pages, et ne me suis réveillé que ce matin, exangue et honteux, osant à peine me regarder dans le miroir, alors même que je déménage le mois prochain et que tout ça  va encore faire un carton bien pesant à trimballer.

Pour exorciser ma honte, je vais détailler la liste des dangereux opiacés dont je me suis gavé, ne faites pas ça chez vous et, si vous avez des enfants, ne les laissez par lire plus loin.

Procédons par ordre de genre.

Tout d’abord, la drogue du pauvre : le fanzine.
En général, je suis assez peu preneur. C’est un truc de prolo, souvent collectif, régulièrement moche et mal relié, aux qualités inégales selon les contributeurs à qui on montre peu d’exigence, vu que c’est tout pas payé et que ça va être imprimé sur papier chiotte.

J’en ai des caisses, ça laisse assez peu de souvenirs et ça intéresse quasi personne en général,  à part peut être les voisins du stand de fanzines d’à côté dont on a soi-même acheté les merdes autoproduites.
Mais là, voilà, je suis tombé sur une merveille. De la bonne came, du super matos, du travail soigné, des ingrédients choisis… une vraie tuerie.

Il s’agit de LA DREAM TEAM.

En plus la couverture est belle, ça sent les couleurs de Wouzit...

 

Ce petit comics d’une trentaine de pages est dû au talents combinés de Dromadaire Bleu, Wouzit, Thomas Mathieu et Maadiar avec des morceaux de Lilla et de Lucile Gomez dedans. L’objet est beau, pas cher, édité à tirage limité et l’histoire, sous ses dehors improvisés, est parfaitement cohérente, avec des dialogues très bons. On a du mal à croire qu’il s’agit d’un truc fait à tant de main, tellement l’ensemble se tient et se lit d’une traite, malgré les styles de dessins très variés.

C’est drôle, il y a des mecs tout nus et des filles toutes habillées, sauf Lucile Gomez qui est à poil, comme d’habitude.

J’aime Lucile Gomez. Elle est grande et belle et sa poitrine est digne des volcans d’Auvergne quand il riaient fort. Et elle est talentueuse aussi, mais franchement, à côté des volcans d’Auvergne de quand ils riaient fort, ça pèse pas lourd.

 

Et que sapelorio Lucile Gomez

 

 

Après cette mise en bouche, j’étais mur pour me piquer avec du lourd…
Et ça n’a pas trainé… De la bonne Bande Dessinée des familles, du blogueur de fond.

J’ai d’abord donné dans la valeur sûre,  le livre du professeur à moustache, Marion Montaigne, « Tu mourras moins bête », que je n’ai pas encore eu le temps de relire (vu que j’ai déjà tout lu en ligne) mais qui m’a refait de l’œil à l’aéroport… ça c’est la classe, quand tu retrouve ton livre en relais Hachette. Bon, il était en tranche, j’ai bazardé discrètement une merdeveille type « Mimistinguette au naturel » et à la place j’ai mis le Marion Montaigne en évidence, non sans lui avoir ajouté le bandeau d’un prix littéraire quelconque subtilisé sur le dernier roman à la mode d’un télégènique qui fait des livres en étoffant des pitchs publicitaires et dont la production n’a que les deux syllabes en commun avec la littérature.

Changer le monde pour le rendre meilleur passe par ce genre de petits gestes quotidiens.

 

Le professeur à moustache pourrait elle aussi se maquiller de temps en temps.

Autre valeur sûre, j’ai investi dans la réédition du pavé des CHICOU-CHICOU : Boulet, Aude Picault, Erwann Surcouf, entre autres pointures… une autre Dream Team en quelques sortes.
Comme chacun ici connaît le blog éponyme, je ne m’étendrais pas sur la chose. J’avais déjà parcouru l’objet et, bien sûr, certaines trouvailles du blog avaient été dures à adapter. Mais bon, grosso modo, ils s’en étaient bien tirés, alors voilà, paf, je l’ai pris.

Là aussi, le temps m’as manqué et je ne l’ai as encore relu, mais je crois que je vais avoir beaucoup de plaisir à retrouver certaines histoires, notamment celle du camp scout (pour des raisons personnelles qui ne vous regardent pas, tout comme mon quatrième prénom, qui est Hercule, mais oui et alors ?).

Autre collectif que j’ai pas encore lu, mais dont l’achat s’est imposé : Vivre Dessous, un recueil d’histoires de plusieurs auteurs réunis sous la direction de Thomas Cadène, suite à un concours lancé l’an dernier lors de la soirée Révélation Blog.

Il y a là-dedans Thomas Cadène, dont je n’ai pas assez dit tout le bien qu’il faut en dire, quoi que ses héroïnes soient de fichues girouettes, mais aussi plein de bons dessinateurs et auteurs, dont la charmante Anne-Lise Nalin ou la divine Terreur Graphique.

C’est chez Manolosanctis, ce qui est toujours la garantie d’un bel objet livre.

Le nuage rouge. Une peinture de Mondrian. Thomas Cadène n'est qu'un voleur.

J’avais fait un bon scénario pour cette chose là, hélas, la dessinatrice qui m’avait demandé de lui faire cette histoire a finalement refusé de le dessiner, au motif qu’il y avait des militaires dedans et qu’elle était anti-militariste.

Ne riez pas, je n’invente rien.

C’est comme si moi je refusais d’écrire des histoires avec des fumeurs au motif que je ne fume pas.

Je ne sais pas ce que vaut l’album final, Thomas a t’il réussi le pari de la cohérence, patchwork ou mosaïque, je vous donnerait mon avis là-dessus plus tard ; ou pas, parce que après tout, je ne vous dois rien, et surtout pas de tenir des promesses faites inconsidérément dans un article trop long d’un blog trop peu lu.

Je parlais de Scott Pilgrim, j’ai acheté aussi le tome 4 et je vous encourage à lire cette bd paru dans un format qui rappelle un peu le manga. Son dessin accessibles, faussement facile qui fait croire que tout le monde pourrait dessiner de la bonne bd, son histoire à la fois fun et dynamique, blindée de références, et sa narration inventive en font un must.

Je suis fasciné par la façon dont son auteur, un sale chinois canadien, réussi à accélérer encore les ellipses temporelles,  jouant ainsi sur cet élément primordial du medium BD. Le film était d’ailleurs une réussite de ce côté là et avait gardé cet espèce de « saut dans le temps narratif » continu, qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et que les espaces de repos sont d’autant plus forts. En revanche, au niveau du scénario, le film est un décalqué du livre fait par un aveugle analphabète.

Pour ceux qui s’intéresse au rythme en bd, Scott Pilgrim est un maître, formidablement inventif.

Et puis c’est drôle.

 

Attention à ne pas confondre Scott Pilgrim avec Scott Bakula "oh bravo"

 

 

Moins drôle, mais complètement réussi, l’une des deux nouveautés de Martin Singer, TOX paru chez un nouvel éditeur POIVRE ET SEL, une structure éditoriale montée par Benoît Houbard, l’animateur de l’ancienne revue web LE REB, qui avait aussi été l’un des deux fondateurs de LA CAFETIERE.

Martin Singer est un blogueur et c’est aussi un de mes auteurs. Il vient de publier chez nous COCO & MAITWESSE une fable colonialiste et sexiste très jouissive où l’auteur exorcise ses fantasmes de soumission sexuelle à la femme blanche en se représentant en petit nègre, époque TINTIN AU CONGO.
Ce n’est guère politiquement correct, et du coup, ça me plait.

FOX, en revanche, nous plonge dans le quotidien d’un clochard sans abri. C’est assez dur, malgré un dessin tout rond et une mise en couleur pastel. C’est surtout très bien écrit.

L’éditeur a fait le choix étrange de séparer le livre en deux parties, ce que je comprends mal, mais bon… En tout cas, la lecture de ce premier tome est un moment assez fort et si on sourit parfois, l’illustration de l’exclusion est le véritable fond de ce court récit. C’est réussi.

Voilà, j’en ai fini avec la bande-dessinée, cette marâtre acariâtre qui sait parfois être si belle quand elle me brutalise.

Parce que j’aime aussi le dessin, j’ai investi dans des recueils de croquis.

Tout d’abord, les croquis d’ASEYN, paru chez Charrette, un petit éditeur qui chouine régulièrement qu’il arrive pas à vendre ses livres. Si j’aime pas trop le marketting geignard, force est de reconnaître qu’ils ont bon goût.

En effet, Aseyn est un des plus grand dessinateurs de la génération blog, rappelons qu’il a gagné la première révélation blog (et non Goupil Acnéique, comme son éditeur, sans doute mal informé, le prétend pour mieux vendre un livre dont la qualité suffit déjà à faire tout le boulot, à savoir l’excellent PAF & HENCULE avec Abraham Kadabra au scénario).

Bref, Aseyn, c’est beau, c’est magnifique. A mon avis le format de la collection est trop petit pour vraiment rendre grâce au travail des auteurs, c’est bien dommage.

Ce n’est pas le cas en revanche pour le carnet de dessins de BEUVILLE, édité par les même Charrette. Beuville est un immense illustrateur, que je rapprocherais de Gus Bofa.
Je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur les dessins qui sont présentés, mais je me garde ça goulument sous le coude pour me faire un petit plaisir solitaire un soir de déprime.

 

Autre carnet de croquis, le premier tome de la série CINEMA de François Avril, chez Alain Beaulet. Là encore un format trop petit, dommageable à mon avis, et un prix complètement prohibitif de 5 euros pour 16 pages noir et blanc, aussi cher que mes Psychanalyse du héros,  qui sont déjà du vol, proche du racket organisé, mais qui offrent au moins de la couleur au lecteur.
Comme j’aime François Avril, et que j’ai eu un plan pour avoir cette chose là moins cher, je l’ai tout de même pris… Cela dit, je conseille plutôt l’achat du MA-GNI-FIQUE recueil paru chez Vertige Graphic qui là pour le coup envoie du lourd et on en a pour son argent avec un format parfaitement adapté au travail de ce grand artiste.

En avril, ne te découvre pas d’un fil. Et le reste de l’année non plus, ou bien il t’en cuira.

Il y a une élégance dans le travail de François avril, une simplification, un trait qui m’émerveillent et m’émeuvent plus que n’ont pu le faire les démonesses lascives de Froideval quand j’avais dix-sept ans.

Oui, ça veut dire que je bande devant ses dessins. On a tous nos petites perversions, ne me jugez pas.

Enfin, j’ai aussi investi dans deux-trois catalogues d’expositions parce que ils valent parfois les Art-Book les plus classieux (genre ceux de Café Salé, dont on m’a gentiment offert récemment le livre hommage au victime du séisme japonais, très beau. Le livre. Pas le séisme. Quoi que… )

Le premier est un recueil de 500 dessins de Nicolas de Crécy. La chose est encore sous blister, mais je suis heureux que les douaniers allemand ne m’aient pas attrapé avec ça, j’en aurais pris pour 20 ans au moins.

Puis il y a ALACK , le catalogue d’une exposition sur Jose Munoz, immense maître de la bande dessinée, dont la série Alack Sinner, réalisée avec Carlos Sampayo, est un chef d’œuvre.

Il paraît que c’est enrichit de textes inédits de ce dernier. Je jubile à l’idée de lire tout ça.

Ces deux premiers ouvrages ont été publiés par la galerie BDARTISTE(S).

Enfin, le dernier des catalogues, mais pas le pire (last but not least diraient ces enfoirés d’anglais), c’est le catalogue de l’expo consacrée récemment au dessinateur PEYO

« Pierre Culliford Alias PEYO, vie et œuvre d’un merveilleux conteur », ça je l’ai lu dans l’avion en rentrant. Et j’ai plané. Très haut au dessus de mon siège.

Peyo est non seulement un très grand conteur, mais c’est aussi un maitre dessinateur, avec un découpage exceptionnel et un humour formidable. J’ai pu redécouvrir des planches de « Johann et Pirlouit » presque oubliées, aux gags irrésistibles, quelques planches de « Benoît Brisefer » pleine de tendresses et de poésies, avec la redoutable Madame Adolphine (en référence peut être à notre bien aimé fürher) ou enfin les gags muets du chat Poussy.

Et la planche de « l’oeuf et les schtroumpf » où un schtroumpf indécis sur son souhait se fait changer en saucisse… Je me souviens encore de l’éclat de rire qu’on avait eu avec mes petits frères en lisant ça, à dix ans, dans la librairie. Mon père nous avait acheté le livre tout de suite.

Les textes apprennent peu de choses, on est un peu dans la glose, on ne connaît pas bien l’enfance et la vie privée du dessinateur et on évoque à mots très couverts la fin de ce créateur qui s’est perdu dans un costume d’homme d’affaire et a perdu le lien avec sa création au profit des profits ce qui l’a sans doute conduit à une mort prématurée par crise cardiaque.

Je déplore un peu ce manque d’information sur sa personnalité réelle, mais ça peut se comprendre. En effet, l’exposition étant surtout le prétexte à une vente chez Artcurial. Il s’agissait donc plus de présenter l’artiste et son rapport à l’œuvre et aux planches exposées que de rentrer dans le détail de sa vie intime, plus intéressant à mon avis, mais moins directement exploitable comme arguments de vente.

Vous pouvez consulter sur le site d’Artcurial le prix des planches annoncé, c’est de la folie, mais les planches sont belles.

Les enfants, ils peuvent vous ruiner la plus belle des planches.

Du coup, comme moi aussi, je suis un fou, j’ai acheté à Berlin des planches originales, parce que je suis bête. Mais heureux. J’aurais du investir dans un placement rentable, déposer ça sur un plan d’épargne logement pour investir dans l’immobilier berlinois, mais non.

J’ai préféré me porter acquéreur d’une planche de Frederic Peeters issue des « Pilules Bleues », un chef d’œuvre parue chez ATRABILE (sans sa fin réelle cela dit. Fin qui n’a été éditée qu’en tirage à part collector, alors qu’en allemand c’est tout complet) et de l’original de la couverture du Lone Rider de Mahler chez REPRODUKT, fantastique auteur autrichien qu’on peut lire en France chez l’Association, la maison d’éditionde de JC Menu avec 5 autre auteurs, puis de Menu tout seul, puis des autres maintenant (c’est compliqué).

Adieu mes économies. Bonjour Pattes et Raviolis.

Voilà, comme vous voyez, j’ai bien rechuté.

La cure de désintox, est pour bientôt.

A bientôtetement votre

W

PS : si vous ne trouvez pas en librairie les derniers ouvrages cités, sachez qu’ils sont distribués par MAKASSAR et que votre libraire peut donc les commander. S’il prétend qu’il ne travaille pas avec MAKASSAR, ça veut dire qu’il n’a pas les livres WARUM et VRAOUM et il est donc de votre devoir de le tancer d’importance.
Les libraires se plaignent tout le temps, rappelez leur qu’ils ont sans doute le plus beau métier du monde après pute et prof, et demandez leur de faire leur taf, non mais sans blague.

18 août
2011

A star is porn… « COUPS D’UN SOIR » ou comment concevoir un jeu pour toute la famille.

Voilà, une fois n’est pas coutume, je fais faire de la pub pour un truc à moi, c’est moche, je sais, mais si personne ne le fais, à  quoi ça sert que Ducros il se décarcasse ?
Grosso modo, je vais donc vous parler d’un truc dont je lasse le public à force de tweet, newsletter et autre statut facebook, à savoir le jeu COUPS D’UN SOIR un jeu qui, après une gestation d’à peu près une année arrive enfin à maturité, mais n’est pas encore tout à fait dans les bacs. Normalement, il devraient être disponible à la rentrée en librairie ET en boutiques de jeux, mais cela dépend beaucoup de nos distributeurs, sachant que ce ne sont pas les mêmes pour les deux types d’endroit.

"Acheter ce jeu peut sauver de l'Arthrite !" Merci Eric.

Comme j’ai déjà beaucoup fait l’apologie du jeu, je vous laisse aller lire la fiche commerciale sur le site de VRAOUM (et l’acheter au passage, qu’est ce que c’est 20 euros quand on a la santé ?). Je profite donc de ce post pour parler plutôt du travail étrange de concepteur de jeu.

Il y a un an, j’ai été invité à venir au festival SISMICS de Sierre, en Suisse dans la jolie vallée du Valais. Là, Christophe Herwein,  le maître des lieux, m’a proposé de m’imprégner de l’évènement pour proposer une expo estampillée VRAOUM. Au vu de ce très enthousiasmant festival, mêlant bd indé pointue, fanzine, autoprod et concerts, j’ai pensé que le personnage d’ULTIMEX serait le point d’achopement de ce que proposerait WARUM-VRAOUM.

J’ai toujours eu horreur de ces expos bd qui se contentent d’exposer des planches en appelant ça de la bande-dessinée, ce que j’assimile moi à dépecer un album en en cassant la narration pour en montrer des bouts. Cela nie complètement l’aspect narratif de la Bande Dessinée, qui est pourtant, arrêtez moi si je me trompe, LE truc spécifique au médium.

On est pas tous obligé de réfléchir de façon pertinente à notre sujet.

Il s’agissait donc de proposer un truc qui change, et nous avons monté avec Gad, l’auteur d’Ultimex, une exposition en trois volets : une scénographique de l’intérieur d’Ultimex, pour s’imprégner du personnage, un atelier de confection de fausses couvertures pour impliquer le spectateur et, enfin, un jeu.

Ultimex, le Monsieur Propre hétéro.

 

Ce jeu, le concept en a rapidement été trouvé : Choper de la meuf.

Je sais, ça parait un peu con, mais les meilleures idées sont parfois les plus simples.
La suite a prouvé que ce n’est pas toujours facile de faire simple.

En effet, spontanément, dès qu’on commence à élaborer un jeu, ce qui était parfaitement nouveau pour nous, on a tendance à vouloir trouver des règles et celles-ci deviennent vite compliquées. D’autant que, si vous demandez des conseils autour de vous, et spécialement aux joueurs (aux Gaymeurs comme ils s’appellent, ces invertis), on vous conseille spontanément d’enrichir vos règles par tout un tas de point de règles supplémentaires.

Résultat, dès les premiers test, le verdict est sans appel : c’est injouable.

Le concept du jeu était pas bien compliqué pourtant : des filles, numérotées de 1 à 10 selon que c’est des thons ou de la bonnasse, avec des attentes (une sorte de « contrat ») qu’on doit combler à coups de cartes « arguments ».  Au départ, il s’agissait d’essayer de coller à la réalité, avec des attentes dans 5 catégories CLASSE, VIRILITE, CULTURE, REUSSITE et MORALE et des filles avec des attentes positive ou négative dans chaque catégorie.

Ainsi une grosse traînée avait des points négatifs en morale, contrairement à une super catho, et une goth ou une rasta des points négatifs en classe ( ça c’est du jugement de valeur). C’était rigolo.

Jouer une carte shampooing ou Savon ne vous servira pas à séduire cette petite.

Sauf que… C’était parfaitement imbitable. Les points négatifs étaient très durs à calculer et on passait des plombes à tenter d’y voir clair dans ses cartes. Du coup, on a simplifié le processus et retiré les points négatifs. Désormais quand une fille voulait quelque chose c’était des points positif, quand elle s’en foutait, pas de points.

Les cartes étaient simplifiées et on s’y retrouvait mieux.

A ce stade du projet, grâce à un petit stagiaire de 14 ans venu se pervertir l’esprit dans nos locaux berlinois, on avait élaboré un document excell permettant de jauger l’équilibre du jeu. Oui, parce qu’un jeu, c’est souvent un gros calcul mathématiques si on veut que ça roule. Il y a donc un certain nombre points de gonzesses / attentes  répartis entre 30 filles, et les cartes arguments doivent apporter suffisamment de points pour répondre à leurs attentes. Tous ces points répartis également entre chaque catégorie.
On a donc pu réaliser une version  en noir et blanc, sans dessin, pour tester un peu le système, ce qu’on a fait lors du Festiblog 2011 et du festival QUAI DES BULLES.

Ce grossier croquis montre une séquence test lors du festiblog. C'est hideusement colorisé, et je ne vous parle pas du dessin.

Mais là encore, c’était duraille. On passait beaucoup de temps à calculer ses points. De même, les tours de jeu manquaient de fluidité. Bien sûr, on avait prévu des cartes JOKER et COUPS DE PUTE, permettant des interactions entre joueurs, mais il était encore dur de faire tourner correctement le jeu. Il faut dire que, pour faire rentrer une fille en jeu, un joueur devait sacrifier son tour, ce qui n’encourageait guère à inviter de nouvelles cibles.

Bref, on bloquait un peu.

Là première bonne solution est finalement de retirer une catégorie d’attente. Il est donc décidé que, finalement, nos filles n’attendront plus rien en CULTURE (non, nous ne sommes pas des machos, les femmes veulent toujours de la Culture, mais on l’assimilera à la CLASSE désormais). Tout de suite, les quotients sont plus faciles à calculer. Mais le jeu bloque toujours un peu.
Surtout que jouer avec des bouts de cartons carrés sans dessin, c’est pas hyper exaltant.

Le temps passe, et le festival s’approche et là, paf on est bel et bien contraint de faire ce p/… de jeu.
Gad vient nous voir à Berlin pour le bouclage, je vous passe les sueurs froides quant au choix de l’imprimeur et du mode d’impression. Finalement, il est décidé que nous éditerons une cinquantaine d’exemplaires en reprographie. Evidemment, ça nous coûte une blinde à l’exemplaire, mais bon, c’est tout de même moins risqué que d’imprimer 500 exemplaires d’un truc dont on s’aperçoit en fait qu’il ne marche pas.

Avec Gad, on passe pas mal de temps à élaborer les cartes, les sous-titres, les légendes, à se crêper le chignon sur la colorisation des illustrations. François tombe quand même environ 150 dessins en couleur pour le jeu, c’est pas rien.

Tout de suite, avec l'image, c'est plus motivant...

 

Pendant ce temps là, je bosse sur le graphisme du jeu (les logos, les appelations et typos) et Agathe s’occupe de la mise en page de l’ensemble et de la correction de notre orthographe défaillante… On sue des litres.

A une semaine du festival (qui comporte aussi, rappelons le, une expo et un atelier à animer) on reçoit nos 50 fois 130 cartes (la première édition ne comporte que 130 cartes)  On répartit les cartes dans les 50 boites, joyeux moment où la team VRAOUM se transforme en petits chinois (je sais, c’est raciste).

Allez, faut toutes les classer maintenant...

Et puis évidemment, il faut rédiger les règles, sachant même qu’on est pas bien sûr qu’elles fonctionnent. Au dernier moment, il a été decidé que, finalement, chaque joueur aura deux actions : PIOCHER (une carte ou une fille à inviter) et DEPOSER. A priori, ça voudra dire que personne ne bloquera le jeu… enfin, on l’espère.
On rédige une règle à la diable, de toute façon, on sera là pour expliquer le jeu à chaque fois.

Hop, cadeau avec la règle en plus et un joli cordon rouge pour fermer

Quand on arrive après une nuit blanche à rouler (Berlin-sierre c’est un trajet de 12 heures, tout de même), on installe l’expo et, le premier jour, on teste entre nous le jeu, avec une petite sueur froide… et en fait, non, ça marche.
Gros soulagement.

Une expo, surprise, ça ne s'installe pas tout seul...

 

S’ensuivent dix jours de festival, avec 5 démo par jours, qui nous permettent de vendre les 50 jeux sur place. Pendant les démo, on s’aperçoit de cartes qui ne marchent pas, on ajoute une ou deux règles supplémentaires, comme la MAXI-COMBO (qui permet au joueur ayant 10 points dans une catégorie de choper n’importe quelle fille ayant au moins 1 point d’attente dans cette catégorie là) et on rentre content.

Et puis, il faut boucler la chose. Et oui, c’est pas fini. Alors on modifie les cartes défaillantes, on ajoute dix nouvelles cartes, on fait un test d’une nouvelle présentation qui s’avère en fait peu convaincante : les chiffres des cartes ne sont pas lisible en noir sur couleur plutôt qu’en noir sur blanc, comme sur la version test, on revient donc au graphisme initial.

Des dos or et argent, c'est pas vulgaire du tout...

Il s’agit de trouver le bon imprimeur, la quantité à imprimer et l’apparence finale des cartes : des dos différents pour les deux types de cartes ? Oui, mais c’est plus cher. Des bords ronds ? C’est plus élégant, pas plus cher, oui, mais, si on veut pouvoir ajouter des cartes facilement ? Alors non, pas de bords ronds.

Et puis arrive la question du Packaging, tout un poème que je vous passe, surtout quand on en a fait deux fois dans sa vie en travaillant avec des chinois (des vrais cette fois, ce n’est plus du racisme, encore que…).

Finalement, on choisit de travailler avec un imprimeur berlinois voisin de 300 métres, ce qui facilite tout de même vachement les choses quand il y a des problèmes (et il y en a) et on arrive au bout du jeu. Il arrive, il est là, il est joli…

Oui mais… et la règle ?

Arg, la règle, flute damned, c’est vrai que là, on ne peut plus se dire que, de toute façon, on est à côté pour tout expliquer vu que en fait… non, on ne sera plus là à côté. Et là commence le casse-tête. Parce que ce n’est pas parce qu’on a réalisé le jeu qu’on est à même de l’expliquer. Il faut se mettre dans la peau de quelqu’un qui n’y connait que pouic, être précis, être général mais pas trop et faire confiance au joueur pour deviner certains points de détails quand il y sera confronté.

Sauras tu utiliser cette carte à bon escient ?

Finalement, après une cinquantaine de ré-écriture, on arrive au bout de la chose et ouf… là oui, on a bouclé le jeu.
Ne reste plus qu’à le commercialiser, à le faire jouer, à communiquer dessus, à trouver le bon distributeur….

On en est là désormais.
Alors je sais, ça a l’air pas rigolo du coup. Mais en fait, on a quand même pas mal ri en le faisant et puis, surtout, maintenant que le système est en place, il ne reste plus qu’à le décliner avec des versions hétéro-girly, des versions lesbiennes, gay… Parce que oui, on a prévu que tout ça puisse se mélanger et tout.

Et du coup, j’ai assez hâte de m’y recoller, on attend de voir comment marche le premier et zou, on y va.

Achetez "coups d'un soir", le tout-puissant le veut !

Nul n’est prophète en son pays, paraît il, nous espérons nettement que ce jeu connaitra le succès inter-planetaire que nous commençons juste à gratter du bout de l’ongle avec la bande-dessinée.

 

CI-DESSOUS : la fiche technique.

COUPS D’UN SOIR, première édition tirée à 1000 exemplaires, il s’agit du premier deck, hétéro-machiste qui porte le nom de LE ROI DE LA SOIREE.

Il comporte 140 cartes uniques, imprimées sur un carton 230 g lui aussi FSC forêt qui se renouvelle, avec un double pelliculage, mat sur le recto, brillant sur le verso, ce qui donne une sensation trouble au contact et lors du …jeu, attachant les doigts au dos des cartes, rendant difficile la séparation, le dessus très doux permettant d’imaginer des choses sensuelles avec les illustrations (par exemple avec le verre à dent).

Le dos est imprimé en bicromie avec un pantone NOIR 426C et, pour les cartes cibles, un pantone OR 876 C, et, pour les autres cartes, un pantone ARGENT 877 C.

Les cartes ont été dessinées par François Gadant, dit Gad, les textes ont été écrit à quatre mains par Wandrille (l’inventeur de la tourette à raviole), Gad et les corrections de Agathe Friguet, escalve non sexuelle rémunérée des éditions VRAOUM.

Le système de jeu est une invention de Wandrille (qui était déjà le créateur du multi-cuiseur de brique norvégienne).

La règle est imprimée et pliée manuellement sur un papier recyclable obtenu à grand prix dans la boutique de reprographie de la Karl Marx Allee. Elle semble imprimée en noir et blanc, mais un détail subtil, sous la forme d’une voiture rouge, permet de s’apercevoir qu’il s’agit en fait d’une impression couleur, car la classe ne radine pas.

La boîte, une merveille de packaging, imprimée en quadricromie sur carton 300 g, certifié FSC forêt renouvelable, en Allemagne, à Berlin, capitale de la hype. Elle est recouverte d’un vernis brillant inrayable (du moins on nous l’a dit).
Le dessin sur la couverture est signé François Gadant, dit  Gad et on y voit apparaître le personnage d’Ultimex, édité par les éditions VRAOUM.
Le packaginga été réalisé par un designer produit mondialement connu dans son quartier (par ailleurs le concepteur du presse agrume sous-marin) ; il a été assemblé à la main par des chinois berlinois pour les 30 premiers exemplaires avant d’être assemblé à la main par des chinois parisiens émigrés à Berlin pour les 970 suivants.

HISTORIQUE
Ce jeu a été réalisé pour le festival SISMICS de Sierre 2011 dans le cadre de l’expo LE PENTHOUSE D’ULTIMEX. 50 exemplaires numérotés signés de la version béta ont été vendus sous le manteau lors du festival et dédicacés par les deux auteurs.
Cette version béta ne comportait que 130 cartes, un dos uni noir et blanc et a été découpée par les chinois allemand de la reprographique de la Karl Marx Allee.

EDITEUR : Le jeu est édité par VRAOUM entertainment, la division jeu de la multinationale de bd franco-allemande WARUM.

COPYRIGHT : Le jeu « coups d’un soir », son système, sa règle du jeu et ses visuels ont été déposés pour l’Europe et les Etats Unis d’Amérique et un groupe d’avocat extrèmement habile travaille d’ores et déjà pour attaquer les contrefaçons chinoises qui ne sauraient tarder à fleurir.

LE SITE (hum) Le site coupsdunsoir.com est en cours d’aménagement.

MECENE
Le financement occulte du jeu a été permis grâce à Don Filipo Perrin, aussi connu des services de police sous le nom de…
Bernard Henri Lévy n’a eu aucune part quant à la création de ce jeu ( pas plus qu’à la résolution d’aucun conflit dans le monde).

OBTENIR LE JEU
Le jeu est  commandable ICI.

Cependant, certaines ibrairies ont tenu à se le procurer en avant première, la liste sera communiquée en lieu et heure adéquat, mais, d’ores et déjà, vous pouvez le trouver chez Bdfuguecafé Nice

VOUS POUVEZ DEVENIR FAN ICI

20 juin
2011

Une petite affiche, par-ci, par là…

Et oui, parce que bon, de temps en temps, il faut rappeler qu’on fait des trucs…

Alors la première affiche, ci-dessous, c’est du torché en vitesse pour le FESTIVAL LYON BD, avec Emmanuel Reuzé qui s’affiche face à moi.

Et c’est pour convaincre les jeunes de rejoindre la belle profession.

L’autre est déjà plus jolie, c’est pour un autre groupe berlinois, THE PURCELLS, qui fait de l’excellent rock que vous pouvez écouter sur leur Myspace

Je me suis un peu poussé au cul sur celle-là, il faut dire que je succède à BLEX BOLEX qui a fait l’album du groupe, et que ça met un peu la pression, vu que Blex Bolex, c’est un peu un dieu.

27 mai
2011

Savez vous planter les clous ?

J’avais décidé de poser un cadre.

En effet, un magnifique original de Loïc Mousson était parvenu en ma possession par le biais du site D-baras.com, magnifique site (dont je suis un peu actionnaire), où les gens offrent de vous payer pour  récupérer les choses dont ils ne veulent plus et qu’ils n’ont plus le droit de jeter.

Beaucoup ont hurlé contre la fameuse Loi Hulot, interdisant de jeter tout ce qui n’est pas du déchet de consommation ou contre amende ; je ne suis pas de ces gens là.

Outre que c’est écologique, ce dont je me fous bien, cette loi permet de trouver des merveilles et d’être payé en plus pour les récupérer. Pour quelqu’un disposant comme moi d’un grand espace, c’est parfait. Je gagne des sous, et en plus, je récupère de bien jolies choses au passage.

Hop là, ça, il a fallut me payer cher pour que je le prenne...

 

Quand le Louvre a bazardé sa collection, j’ai pu ainsi mettre la main sur « le radeau de la Méduse », cinq mètre soixante sur trois de haut, tableau qui trône désormais dans mes toilettes.

Vu la taille de la chose, ça leur aurait coûté cher de liquider ça.

Ho, bien entendu, ils auraient pu couler ça au fond de la seine, mais vous imaginez le scandale si ça s’était su, comme pour le Moma et sa collection…

C’est vrai que, depuis la mode de l’œuvre d’art monumentale, les musées ont de moins de moins de place pour ces œuvres mineures des temps passés. Mais moi, ça me touche, je suis un sentimental, que voulez vous.

Bref, j’ai fait l’acquisition de cette chose plus modeste que l’œuvre de Géricault. Une aquarelle du fameux « petit maître d’Orléans » aussi appelé « le grand maigre d’Orléans » représentant un chat combattant avec un katana une armée de samouraï, avec quelques filles toutes nues derrière.

On se rend bien compte à la vue de cette peinture que l’artiste souffrait d’un violent défaut  oculaire, particularisme qui lui  valu son succès, faisant de lui le chef de file de « l’école daltonique » (ou daltoniste, je sais jamais), école qui a influencée bon nombre de coloristes de bande dessinée de ces années là.

Bref, c’est historiquement passionnant, même si c’est discutable esthétiquement.

Moi, ça me plait.

Je décidais donc de le mettre à côté du Titien du salon, pour faire contraste.

 

Pas mal, hein ? Faut avoir les moyens, mais avouez quer ça pète.

Or, il n’y avait pas de clou à cet emplacement.

Je n’apprendrais rien à personne en évoquant le délicat problème du plantage d’un clou.

Autrefois, n’importe qui pouvait planter un clou pour accrocher un cadre. On n’avait pas à passer par un architecte intérieur agréé ou par un ouvrier du bâtiment. Pas besoin de devis et d’autorisation municipale après consultation de l’assemblée des copropriétaires.

La chambre des archis d’intérieurs a -heureusement ou pas, je ne juge pas- obtenu du gouvernement européens une loi interdisant l’autoplantage, jugé par eux trop dangereux, du fait des nombreux doigts écrasés lors de l’exercice de cet activité par les non-professionnels de la chose.

Petite sotte, qu'à tu fais ? Te voilà bien maligne maintenant...

Cette loi faisait suite à toute une série de loi interdisant l’auto-médication, la production et la consommation  de médecine naturelle ou de fruits et légumes des potagers de particuliers, mouvement qui visait essentiellement à la sécurité des consommateurs, comme de bien entendu.

Bien sûr, la loi prévoit des exceptions et notamment l’obtention du permis de plantage de clou et poseur de cadre que tout particulier est autorisé à passer dans un cabinet d’architecte intérieur (à condition toutefois que celui-ci ait un diplôme homologué et appartiennent à la chambre des architectes intérieures).

Chance pour moi, je suis titulaire d’un tel permis.

 

On notera qu'en revanche l'utilisation des scies circulaires ne nécessite pas de formation

Je l’ai passé en plantage accompagné, lorsqu’il était encore permis à un adulte titularisé d’enseigner à ses enfants. Mon père était à l’ancienne, j’étais son aîné, et j’ai eu le droit, pour un prix dérisoire à l’époque (c’était avant le passage à l’euryen) de passer mon permis. Je l’ai eu du premier coup.

Mon petit frère n’a pas eu la même chance, puisque, quelques années plus tard, cette souplesse fut retirée sous la pression des ouvriers du bâtiment, au nom de la protection de l’enfance.

A lors actuel, mon frère est donc toujours incapable de planter un clou.

Je peux donc faire ce que bon me semble dans ma demeure ancestrale du Perche, région recherchée pour sa qualité d’ennui et qui a fait la fortune de ma famille, puisque mon ancêtre y a développé la première usine « d’ennui en pot », produit que nous exportons encore et dont le succès nous a permis de racheter à peu près l’essentiel de la Région, à l’exception de la Chapelle Montligeon et de la Ferté Vidame, modestes concurrents que la loi anti-trust nous empêche de racheter, mais avec qui nous avons des accords qui garantissent leur survie tout en empêchant leur croissance.

Faut pas déconner non plus.

Inutile de rappeler que nous avons su diversifier nos produits de façon à proposer une véritable pluralité, et que la concurrence n’a rien à nous apprendre. Qui a lancé « l’ennui en boîte » ? Qui a lancé « l’enmerde en tube » ? Qui est à l’origine des goûts « chasse », « pêche », « nature » et « tradition » ?

Preuve est faite que la fortune familiale est parfaitement légitime et qu’elle ne doit rien aux amitiés que la famille Leroy a su nouer au fil des ans avec des gens proches du pouvoir et des médias.

 

Vous aimez trop la vie ? Le Perche est là pour vous redonner le sens des réalités.

Je suis donc maître chez moi, et si je veux planter un clou, je peux.

L’argent n’est pas un problème, vous pensez bien.

Quand je veux, je peux m’offrir les services des meilleures agences de Paris pour planter ce clou. Mais, parfois, il faut faire les choses soi-même. Du moins, c’est ainsi que je conçois les choses et j’entends bien transmettre ce principe à l’enfant, blanc et hétérosexuel, que j’adopterais un jour.

Bien sûr, il sera plus difficile pour lui d’obtenir son permis de planter un clou, mais l’argent arrange bien des choses et, avec du temps, de l’obstination et des relations, il saura planter un clou.

Contrairement à mon paresseux de petit frère (peut-être l’ai-je déjà mentionné ?).

Mais revenons à nos moutons : planter un clou n’est pas si simple qu’il n’y paraît, contrairement à ce que soutiennent les mouvements dérégulateurs.

Il faut choisir le clou, droit, dans une matière noble, il faut trouver l’emplacement, savoir centrer, vérifier l’équilibre des cadres au mur, s’assurer qu’une ligne haute tension ne passe pas dans le mur à l’endroit qu’on a choisit (ce genre de choses arrivait fréquemment au début du vingt-et-unieme siècle s’il faut en croire la chambre des architectes intérieurs).

Je ne suis pas un novice. J’ai planté bon nombre de clou dans ma vie et, si dieu veut, j’en planterais encore beaucoup. Ce droit, je n’y renoncerais pas facilement.

Bien sûr, pour planter un clou, il faut posséder un marteau.

il ne lui manque que le marteau...

Autrefois, le droit de planter un clou allait de fait avec celui de posséder un marteau, ce qui a permis bon nombre de dérives violentes. On se souvient de ces terroristes islamistes qui ont détourné un Boeing au marteau, occasionnant  l’un des évènements les plus marquants de ce début de millénaire.

Bien entendu, il y aura toujours des gens pour crier à la manipulation, mais, dans le film événement « la faucille et le marteau volant », on revoit cette scène d’atrocité qui a secoué l’occident, faisant prendre conscience au monde que la menace communiste n’avait disparue que pour faire place à celle, beaucoup plus insidieuse, de l’islamisme voilé.

Pour ma part, je crois que ce film fait la part des choses, et je pense que ce n’est pas un hasard si Marx était barbu. Ce serait trop facile. Ramener le port de la barbe à une époque, c’est tout relativiser, or, je suis désolé, mais il me semble bien qu’à l’époque où vivait Marx, les musulmans étaient déjà barbus.

CQFD.

Ah ah ah, raté, salauds d'idéalistes !

Bref, qu’importe finalement, puisque nous avons gagné le Première Croisade Mondiale et que désormais, on peut consommer notre « Lassitude en bâton » à Bagdad sans que le moindre excité ait quoi que ce soit à redire à la femme dénudée et à ce quelle fait de notre bâton sur le packaging.

Je possède donc un marteau, et j’en suis fier.

Je possède aussi un fusil. Voilà un droit que tout le monde a obtenu, et qui fait indéniablement parti des droits fondamentaux de l’homme. Tout comme le droit chez soi de prendre la vie d’autrui.

Encore une fois, le Texas était en avance socialement sur son temps.

Mais je dois avouer que, en général, je me sers plus volontiers d’un marteau que d’un fusil. Le goût du privilège, sans doute.

J’ai donc amorcé la délicate manœuvre. J’avais le clou entre les doigts , un clou de chez Clounelius, fabriqué en Inde, sur un modèle d’un vieux maître japonais, vendu une fortune par paquet de un, sous blister, au BHV.

Avec Clounelius, tu l'as au mur, et ailleurs aussi. Mais quel beau clou.

 

Quand tout d’un coup, voilà t’y pas qu’une manifestation spontanée apparaît sous mes fenêtres percheronnes. Pénétrant sur ma propriété privée pour m’empêcher de percer mes murs dix-huitième, au nom de la préservation de je ne sais patrimoine de l’humanité.

J’ai planté des clous dans cette maison toute ma vie, c’est pas une bande de baba cools illuminés qui vont m’empêcher de le faire. J’ai du respect pour les demeures classés, je suis actionnaire de l’UNESCO, on ne va pas me faire la leçon là-dessus, mais chez moi, c’est chez moi.

On ne peut pas tolérer non plus que n’importe qui vienne vous imposer des lois faites pour tout le monde. Je ne suis pas tout le monde.
Ni n’importe qui, d’ailleurs.

 

La fille du père Noël n'est pas contente (petite carie sur la molaire 45)

Je vous passe les slogans débiles que cette bande d’étudiants et d’artistes sans œuvre avait cru bon de déployer sur des banderoles. Ce sont les mêmes à chaque manifestation, vu qu’ils n’ont pas droit de les jeter, ça n’a pas l’air de les déranger.

Agacé, je me suis demandé si j’allais devoir appeler les forces de l’ordre. Et puis, je me suis dit que je n’allais pas déranger la République pour si peu. Après tout, je suis dans mes murs.

J’ai donc lâché les chiens, de magnifiques molosses obtenus grâce à force croisements consanguins pour obtenir un raffinement de muscles et de dents, et ils ont percé et dispersé la foule, épargnant de-ci de là, une étudiante, sur des critères physiques que je leur ai inculqué.

Satisfait, je suis retourné à mon mur et j’ai planté mon cadre.

Loïc Mousson voisine désormais le Titien.

Et personne n’a rien à y redire.

Après tout, j’ai le permis.