19 mar
2013

Conseils au bédéaste autodidacte

Il arrive, parfois, souvent, que je reçoive des projets avec plein de bonnes idées, des choses prometteuses, mais pas du tout matures graphiquement et/ou narrativement. Des trucs pas au point, des oeuvres de jeunesses, qui, chez un étudiant en art releverait de l’essai, du test, mais qui, bien souvent, est l’oeuvre d’un autodidacte, quelqu’un qui n’a pas étudié en école d’art, qui ne le fera pas, parce que, en général, il a déjà quitté les études, il a un boulot, une famille, pas le temps, pas l’argent…

Souvent ce sont des gens qui ont découvert la bd via le blog, support ô combien décrié par les gardiens du temple et qui a permis, ne leur déplaise de voir émerger pas mal de talent, dont pas mal d’autodidacte (Mr le chien, Navo, Lommsek… des gens comme ça, et pas des manchots).

Or,  j’ai la sottise de répondre à tous les projets qu’on m’envoie en donnant des conseils d’amélioration : parfois j’ai le droit à une volée de bois vert de la part du quémandeur qui veut bien qu’on le considéère comme un pro si on  l’édite mais qui ne veut surtout pas qu’on lui fasse de remarques sinon (s’il s’agit d’une fille, j’ai en général une remarque concernant mon « paternalisme » un truc qui donne vraiment envie d’envoyer valdinguer tout projet d’origine hystérique par la suite).

Concours de sosie de Fredy Mercury associé à la lutte contre le paternalisme.

Et parfois, à mes retours —que j’espère constructifs la plupart du temps— il m’arrive une tuile pire encore.

le débutant me demande plus de conseils. Et là je suis bien emmerdé. Du coup, je répond, ça me prend des plombes, c’est chiant… Du coup, je copie colle une réponse faite récemment, pour pouvoir la forwarder à chaque fois. Je suis un paresseux, mais merde, ça va deux secondes le service personnalisé.

Comme il s’agit de bande dessinée, je vais distinguer le dessin, sujet où je ne suis pas le meilleur praticien, du scénario, un thème que je maitrise déjà un peu mieux. Et j’ajouterais même des conseils d’édition… Là, c’est moi l’expert, baby.

 (Pour le dessin, je précise que tout ce que je dis à été déjà traité en mille fois mieux par Thibault Balahy sur son blog dans sa fabuleuse série de texte « de l’apprentissage du dessin » : une 25 aine de textes parus, dont celui là, sur l’originalité du dessin, ici).

 

  1. Progresser en dessin

pour progresser, je préconise trois choses : la pratique, l’étude et la rencontre.

A// LA PRATIQUE

  • éloge du carnet de croquis.

Le meilleur conseil que je puisse vous donner, un truc à pas cher et qui donne de bons résultats, c’est le carnet de croquis : dessiner d’après nature, les gens dans le métro ou autres, dans une recherche de dessiner CE QUE VOUS VOYEZ, pas de faire un joli dessin ou de trouver un style. Dans un autre carnet, vous pouvez, dans une mesure restreinte recopier le travail d’autrui pour comprendre certains « codes », mais, attention, la copie ne remplacera jamais le travail de dessin personnel, le travail de l’oeil qui fait passer le réel en 3D au dessin en 2D.

n’ayez pas peur de Tricher en dessin, d’ailleurs. Le dessin n’est pas la photographie, le dessin c’est la tricherie, un peu, c’est refaire le monde non tel qu’il est, mais comme on le voit ou comme on le veut.

cherchez juste à dessiner.

Prenez un beau carnet que vous aurez plaisir à ouvrir et à remplir, pas trop gros pour l’avoir toujours avec vous, ne déchirez pas les pages, gardez les mauvais dessins et pondez du dessin

Faites attention au papier : certains papier ne sont pas agréable à travailler.

J’aime bien les carnets Muji, mais c’est un choix personnel.

  • Acquérir la technique

Pour les cours, c’est souvent utile de suivre des choses techniques : Nu (fondamental pour apprendre à dessiner les personnages), anatomie (ça aide pour la même chose) et perspective (pas mal pour maitriser le décor) il existe des cours du soir à pas cher un peu partout, mais aussi des sessions de dessins en bar ou autre…

Il existe aussi des livres, ma foi, si des gens ont pris le temps de les écrire, il y a surement là-dedans des choses à apprendre. Demandez autours de vous les livres de références, évitez les livres gadgets ou se limitant à un style particulier (dessiner en Manga, dessiner les super héros, dessiner les bonasses…) le dessin, c’est le dessin, le sujet, on s’en branle.
N’ayez pas peur de bouffer du technique, c’est autant d’appris qui vous libérera par la suite. Les mecs qui méprisent la technique sont toujours, je dis bien TOUJOURS, des buses en technique. Ils la méprisent parce qu’ils en sont incapable, trop gland et paresseux pour l’acquérir. En général, ces gens là se réfugient derrière le concept en prétextant que celui-ci est plus important. Le fond supérieur à la forme.

Bullshit : la forme est le résultat direct du fond. Si la forme est à chier, c’est probablement que le fond l’est aussi.
Quelqu’un qui torche son dessin aura probablement torché son histoire.

S’il avait pris du temps sur son histoire, il se serait refusé à torcher le dessin. C’est aussi simple que ça.

  • Changez de technique

Faites plein de choses, testez l’encre, l’aquarelle, le charbon, le crayon… ce ne sont que des choses que vous feriez en cursus scolaire.

L’ordinateur, c’est gentil, mais c’est un outil qui vous bouffe facilement au début : c’est facile, ça rend joli, mais ça ne vous apprend rien en dessin.

Ce n’est pas l’outil qui apprend, c’est le dessinateur.
S’il ne change pas d’outil, le dessinateur n’apprend rien.

Dessinez avec un cruciforme, c’est pas du tout la même sensation qu’avec un tournevis plat, d’après Bastien Vives.

B // L’ETUDE

lisez des choses faites par d’autre, dans des styles différents. Y compris des choses qui ne vous attirent pas mais qui ont du succès auprès des autres.  Cherchez à comprendre ce qui caractérise un style, reproduisez le et puis libérez vous en. Vous garderez des choses de ça, votre oeil et votre main apprendrons dans l’experience, quand bien même le résultat vous déplairait.

Si vous vous contentez de lire ce qui vous plait, vous risquez juste de devenir une pale copie des maîtres qui vous inspirent.
Faites vous violence, allez voir ailleurs.

Il y a des oeuvres dont vous avez entendu parler qui ne vous « disent rien » parce que le sujet, le dessin, que sais-je…

Eh bien allez les lire. J’ai pour ma part découvert MAUS à 25 ans, un livre que je connaissais depuis 10 ans mais dont le dessin et le sujet me rebutaient. Grossière erreur. Des amis libraires m’ont forcé à découvrir le travail des frères Hernandez en m’offrant Locas et Palomar City. Enfin, il m’a bien fallu se forcer à lire V POU VENDETTA ou LES WATCHMEN, quand bien même le dessin me faisait pas bander du tout, pour comprendre pourquoi Alan Moore est un génie.

Quoi ? C’est chiant ? C’est difficile ?
ben oui on petit, mais tu croyais quoi, que ce serait une partie de plaisir ?
La BD c’est du boulot et il faut un peu en chier pour sortir des trucs biens. Alors ferme ton clapet et va te cultiver un peu. Non mais.

C//LA RENCONTRE

L’intérêt d’une formation consiste essentiellement à se confronter à des techniques (vous pouvez le faire seule) à pratiquer (vous pouvez le faire seul) et, enfin, et là c’est plus délicat, à rencontrer d’autres personnes qui font la meme chose que vous et auprès desquels vous apprendrez et vous vous transmettrez des choses.

Essayez de fréquenter des gens qui FONT. Des gens qui éditent des fanzines, rencontrez des auteurs, d’autres dessinateurs.

Ouvrez aussi un blog pour montrer votre travail. Au delà de trouver un public, de vous obliger à produire, ça vous permettra de rencontrer d’autres gens.
de la confrontation née la création. Pas d’oeuvre sans lecteur, pas d’excitation sans émulation.

 

Dernière solution : les vidéos qui vous permettent d’apprendre à dessiner la Joconde sortant des flammes, tel un survivant.

2/ la narration :
Pour le scénario, de toute façon , y a peu d’école.

Malheureusement, les rares écoles d’art que je connaissent qui ne mérpise pas le médium BD ont encore cette vilaine tendance à favoriser le graphique sur le narratif.
ça peut se comprendre, même si c’est très con.  Un joli dessin avec une histoire nulle, ça reste un joli dessin, tandis qu’une histoire géniale avec un dessin baclé, ça reste un truc qu’on ne lira pas.

ça change, je crois, voilà bien dix ans que j’ai quitté les cursus artistiques, ptet on a évolué là-dessus, on me contradira surement dans les commentaires.
Voilà en tout cas mes conseils.

Encore une fois : l’observation, l’étude  et la pratique.

  • Observation

Comme pour le dessin, lisez des choses faites par d’autre, dans des styles différents. Y compris des choses qui ne vous attirent pas mais qui ont du succès auprès des autres.  Comprenez les astuces de narration, essayez de décortiquer le scénario, non par le ressenti, mais par la meccanique : qu’est ce qui rend l’ennui, l’excitation, l’action dans le découpage, quand on enlève tout le dessin : pensez chaque bd que vous lisez avec des personnages batons, redessiner les comme ça, et vous comprendrez la mecanique derrière.

  • L’etude

Faites en fait la démarche inverse de la création : partez du produit final et transformez le en story board. En enlevant le joli dessin qui bluffe, vous reviendrez à la base et vous pourrez décortiquer le truc.

Voire… Parce que finalement FROM HELL dans le genre torché…

  • La pratique : Autoprod rules !

La seule que je recommande est celle-ci : multipliez les petits projets,rien de pire que ces gens qui arrivent avec leur roman graphique de 160 pages ou le dessin a complétement évolué au cours du truc, ou, pire, les mecs qui t’envoie un projetd’une saga de 125 tomes, alors qu’ils ont visiblement eu du mal à découper trois pages.

Donc faire des récits courts, de maximum 16 pages (ça peut être un dessin par page) mais qui soit bouclés à la fin.

Un début, un milieu une fin, un propos.

Voilà, faites en plein et micro-éditez les, vendez les à vos amis et à vos proches pour payer l’édition, éditez en une trentaine au début : vous verrez, quand il faut les vendre derrière, on soigne vachement plus.

Une fois que vous aurez bouclé une demi douzaine de projet, vous aurez déjà résolu plein de petits problèmes de narration et vous vous serez posé des questions de scénariste et d’efficacité : comment raconter une histoire en juste 16 images, est ce qu’on comprend ce qui se passe dans ce dessin et caetera…

Je mets en garde contre le fanzine ou le collectif, qui peut être un truc très bien quand il est associé à l’exigence, mais qui est en général un recueil de trucs bancals mal branlés sans exigence aucune. Rien de pire que ces trucs de bric et de broc où « tout le monde est le chef » (eurk). Evidemment, quand ça va vers des trucs comme ARBITRAIRE ou ALIMENTATION GENERALE et autres choses de valeur, là, ça devient intéressant, on se retrouve dans la confrontation. Mais les projets collectifs ouverts, c’est souvent la démonstration que la bonne volonté ne garantissent en rien la bonne qualité.

Attention, la pratique du fanzinat, si elle conduit parfois à un rajeunissement des cellules, ne garantissent en rien contre le port de la moustache associée au gilet et à la cravatte de représentant en aspirateur.

Restez maitre de votre production jusqu’au bout dans un premier temps et faites vos projets sans les mixer à d’autre chose. Laissez les se défendre seul, sans vous noyer dans la masse.

Vous pourrez aussi vous posez des questions d’éditeurs : choisir un format original, un papier, raisonner une couverture, un titre et un prix… ce sont des choses que j’ai abordé déjà sur mon blog à diverses reprises.

bon ça j’en ai parlé ailleurs, allez donc chercher dans les archives.

Voilà bon courage.

12 mar
2013

Il pleut, il pleut bergère, rentre tes vendangeurs…

Voilà deux petits dessins que bien cinq ou six années séparent… Sauras tu retrouver lequel est le plus vieux des deux ?

Sinon, peu de choses à ajouter autour…

Comme quoi, je fais mentir le nom de ce blog en permanence…

J’avais aussi fait des croquis sur place, il y a dix ans, mais je ne les retrouve pas là… Bref, c’est maigre aujourd’hui…

Bientôt j’aurais du temps pour écrire un texte et là, on verra ce qu’on verra…

5 jan
2013

Pierre Desproges est un gros con

Je ne sais pas ce qu’ont les gens avec ce type, mais moi, ça me dépasse.

Pierre Desproges.

PD, de ses initiales… le mec pas poli par excellence. Une langue chargée d’alcool, c’est l’évidence.

Un nom banal, un physique aux limites de l’ordinaire et du repoussant, mais surtout, un discours au delà du tolérable.

Comment ? Voilà que ce sombre quidam, sous le cachet d’un humour s’affranchissant du bon goût, se met à brocarder les rares juifs qu’il nous reste.

Et tout le monde de trouver ça du meilleur ton. A l’heure de la montée des extrémismes, il me paraît nécessaire d’ostraciser l’individu, dont l’usage d’un français épuré me semble révéler un nationalisme d’un autre temps.

Et ça passes aux heures de grandes écoutes à la télé, oui Madame, et plusieurs fois par jour, même, sur Rire & Chanson, aux dépends d’artistes véritables tels que Gad Elmaleh, Jean-Marie Bigard, Dieudonné ou Jamel Debouze.

On me répondra qu’il a fait profession d’anti-racisme par un sketch réservé à un autre Jean-Marie, lors d’un mythique « Tribunal des Flagrants Délires ». Je ne vois là exercice de style fort bien réalisée au demeurant, mais bien au dessous de la prestation fabuleuse de Luis Rego, lors du même réquisitoire, sur « La journée d’un fasciste ».


Luis Rego la journée d'un fasciste réquisitoires von susacacon

 

Aaaaaah Luis Rego, rappelez vous, cet émouvant GO mal dans sa peau dans ce très beau drame qu’est le film « les Bronzés ».
Mais si, le petit, là.
Le portugais, le portos, ouais.

Et après tout le monde de ressortir comme une vérité biblique qu’ « on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ».
Ah ah, la géniale trouvaille.
Il aurait été plus juste de dire « On ne peut pas rire de tout, mais avec tout le monde ».

Là oui.

Pierre Desproges, ce bourgeois complet qui nous raconte ses histoires de vins et de fesses, dans un français surchargé faisant sentir à tout à chacun l’inculture crasse dans laquelle vit l’auditeur de Rire & Chanson. Il pense à nos banlieues Pierre Desproges ?

Non, bien sûr.

Pas un mot de Verlan.

Mais alors du Verlaine, en veux tu en voilà.

Et ça c’est pour le côté ethnico-social, parce que, en ce qui concerne l’éthique et la morale, monsieur ne connaît plus de limite.

Ah, on a beau jeu de se moquer des cancéreux, en prétextant ses propres métastases.

Non, Pierre : de la décence, de la pudeur, le respect, merde.
Une mort triste et digne, sans rire, sans humour, c’est trop demander ?

D’ailleurs, sur cette histoire de cancer, je note que depuis qu’il en est mort, on l’entend plus beaucoup parler, hein, le Pierre Desproges.
Ça, la maladie, on se moque, on se moque, et puis, quand on en meurt, on fait moins le fier après.

Non mais quelle arrogance, ce type.
Par delà la mort, il nargue.

Et maintenant, on fait quoi ?

J’en viens enfin au point principal de mon article : Pierre Desproges me fait tout de même vachement moins rire depuis qu’il est décédé.
Hé bien, bizarrement, on a l’impression qu’il n’a jamais été aussi drôle.

Vous n’avez jamais remarqué comme tout le monde s’en réclame ?
Saint Pierre Desproges, priez pour nous.

Pierre Desproges, c’est ici. Mettez vos fleurs à droite, vos larmes à gauche et dites une blague de toto, merci

Ah les morts sont tous des braves types.

D’ailleurs, c’est simple, c’est toujours les gens les moins drôles et les plus dépourvus de second degré et de dérision qui vous expliquent à quel point ils adorent Desproges. D’ailleurs, ça ne va pas louper, ça fait deux fois que je posterais cet article, et, comme la première fois, les crétins les plus absolus viendront m’agonir de leurs insultes dans un petit nègre effroyable, bourré d’hérésies grammaticales en m’expliquant que « Desproges ait un jéni ».

Ça, on leur a bien expliqué pourquoi c’était drôle, tellement que, si l’essentiel d’entre eux n’a pas saisi pourquoi c’était drôle, ils ont compris que ça l’est.
C’est formidable.

(Remarquez, moi aussi, je suis incapable de savoir pourquoi la terre tourne autours du soleil, mais vous ne ferez pas démordre non plus.)

De toutes façons, moi, il me gave Pierre, depuis sa mort.

Je vais vous dire, aimer Desproges aujourd’hui, c’est d’un plouc.

Vraiment.

C’est d’un ordinaire.
Et puis il faut dire ce qui est, ça a mal vieilli.

Si.

Qui, de nos jours, a encore peur des communistes français ou des hordes du pacte de Varsovie assoiffées de sang et de viol qui nous guettent par delà le mur de Berlin ?

Personne, moi je vous le dis.

Laurent Gerra, voilà, une valeur sûre qui vieillira bien.
La preuve il est pote avec Johnny.

Desproges, c’est toc.

Allez, salut les ploucs, bisous à vous.

5 déc
2012

Politesse à l’allemande et la française…

Vivant à Berlin, je pense qu’on est de nombreux français expatriés à trouver les berlinois abrupts et parfois très désagréables, voire malpolis. Ma théorie, car ce n’est rien de plus, c’est qu’ il y a un profond malentendu entre ce qu’est la politesse pour un français et pour un allemand. A cela, il faut ajouter la « Berliner Schnautze » , la morgue berlinoise, l’équivalent de la belle humeur parisienne, celle qui fait que le moindre serveur te jettera ton café à la gueule, que le taxi t’engueulera si t’as pas la monnaie et qu’un trajet dans le métropolitain se fait toujours au milieu d’une foule gaie comme l’assistance d’une oraison funèbre.

Les parisiens, concours de coudes.
Ça va être plus facile de leur demander de l’argent qu’un sourire

Pour nous, français, la politesse consiste à mettre les formes, à sourire, à être aimable, à dire bonjour, à rendre le bonjour, à le re-rendre et encore et encore, à dire au revoir pendant des heures, à se présenter en faisant des ronds de jambes, à tenir la porte, bref, à rendre agréable le quotidien par pleins de petites attentions qui, si elles ne sont pas là, c’est pas grave c’est normal, mais, si elles sont là, la politesse à la française exige qu’elles soient rendues ou au moins « actées » (l’autre en prend connaissance et vous en rend grâce au minimum d’un signe de tête, d’un sourire, d’un merci).

Si ce n’est pas le cas, vous êtes un malotru, une connasse, un fils de pute, et on peut à bon droit vous faire la gueule et une crasse, parce que vous n’êtes « vraiment pas poli ».

A Berlin, la politesse, et je crois vraiment que c’est à ça que ça correspond, c’est de respecter l’autre en respectant les horaires et les règles. Bref rendre le quotidien agréable dans le sens que tout est à sa place en son temps.  Si vous le faites, vous êtes polis, sinon êtes un malotru, une connasse, un fils de pute, et on peut à bon droit vous faire la gueule et une crasse, parce que vous n’êtes « vraiment pas poli ».

Quand un allemand ignore votre bonjour, votre sourire, votre rond de jambe, parce que tout simplement ça ne veut rien dire pour lui. C’est comme si une négresse à plateau venait, en signe de politesse, vous agiter l’étui pénien de son mari sous le nez – je me mélange au niveau anthropologique, pardon, mais c’est pour la blague, en même temps, ah ah ah, on a ri, c’est si bon de rire, reprenons… -

Ho, la grosse politesse !

Pour elle, c’est peut être le comble de la politesse, mais vous, vous ne saurez pas forcément comment réagir (pour info, il convient alors de vomir en chantant joyeusement l’hymne national pygmée). Eh bien votre voisin allemand, c’est pareil. Quand vous l’attendez et que vous lui tenez la porte, pour lui, c’est bizarre, parce vous n’avez pas à faire ça : Il n’est pas dans les temps pour passer la porte, elle doit se fermer, voilà. Si vous l’attendez, vous cassez le rythme normal et lui peut à bon droit penser que vous attendez quelqu’un derrière lui ou que vous avez une crampe au bras, la main collée à la porte, ou que sais-je…

En revanche, si vous avez décidé de marcher sur la piste cyclable, si vous ne dites pas bonjour à tout le monde alors que vous êtes le dernier arrivé (bonjour qu’on n’est d’ailleurs pas obligé de vous rendre, car vous êtes le dernier arrivé,  même si vous à l’heure, vous êtes en retard…) alors vous êtes un butor et on peut à bon droit être bien désagréable avec vous, parce que vous dites fuck à la société, avec désinvolture.

C’est ça, souris, sale métèque…
ça ne fera oublier à personne que t’es à contresens et que tu vas payer !

Ainsi, mon joli scooter m’a l’autre jour valu un billet rageur d’un voisin car mon poney mécanique était parqué, un soir de neige, sous le porche qui n’est pour reprendre les termes du billet doux (même si bon… doux écrit en allemand, ça fait un peu billet doux dur), donc le porche n’est »ni un lieu de stationnement, ni un lieu de passage » (Sic pour le lieu de passage, parce qu’un porche, si c’est pas fait pour passer en dessous, je vois pas bien à quoi ça sert, enfin bon…) ; Bref, je me demandais comment faire un gros bras d’honneur à ce voisin vengeur et anonyme, tant vous savez que c’est quand même plus facile de rendre la justice quand on est caché derrière un masque et qu’on n’a pas de compte à rendre.

En même temps, un allemand, lui, n’hésitera pas à venir vous faire la morale en direct, il assume bien… C’est plutôt un truc d’américain ou de mexicain, de rendre la justice sous pseudo (Zorro, ce gros pédoque, les super-héros, ces baltringues).

 

Je ne dis pas que Zorro est pd,
je le trouve juste très proche de Bernardo.

Mais là, le type n’avait pas signé, je ne pouvais pas lui envoyer un chien de ma chienne,  pas moyen de savoir comment lui casser les pieds de façon impolie, voir carrément insultante, c’est mieux.

J’ai finalement trouvé.

Il me suffira tout simplement de passer sous le porche comme de rien. Cela sera bien suffisant pour dire au gars « leck mich am Arsch » (littéralement : « lèche-moi au cul », expression toute berlinoise qui correspond à notre « je t’emmerde, va te faire foutre, pauvre cul »).

Bien sûr, je prends le risque de me faire dégonfler les pneus dans la nuit, mais la cordialité des relations franco-allemande est à ce prix.

Mit freundlichen grüssen, votre

Wandrille

14 nov
2012

Le mariage gay et le mariage triste.

Je suis assez mauvais dans la discussion. Entendre : je suis souvent de mauvaise foi, agressif, et j’ai tendance naturellement à me braquer mes interlocuteurs, ayant soin d’avoir raison sur eux, plutôt que de les convaincre.

C’est nul, mais je me soigne.

En général, sans effet majeur.

Du coup, j’essaie, la plupart du temps de m’abstenir de rentrer dans la controverse, parce que je fais souvent plus de mal que de bien. C’est pour ça notamment que j’évite depuis quelques années de fréquenter les forums, haut lieu de la foire à la connerie, dans lequel le dernier qui a commenté a raison. Bon… il arrive que je ne résiste pas…

Et parfois, la discussion porte sur un sujet suffisamment important ou implique des gens que j’aime, alors j’enfourche mon cheval de bataille, un percheron qui ne fait pas dans la dentelle, je mets mon armure rose de templier et, la hache à la main, je file m’embrouiller avec les petits justiciers de circonstance, en général courageusement dissimulés derrière l’anonymat d’internet.

Y a pas à dire, ça envoie de la virilité l’armure d’Andromède…

Là, je fais du dégât et dis quelques conneries, mais, au passage, je me fais un ou deux de ces  Zorros du dimanche et autres bons samaritains de la connerie. C’est pas très chrétien, mais ça soulage. Ça, quand ça démange, faut gratter.

C’est le cas aujourd’hui, alors je gratte.

Parlons, causons et soyons prolixe et longs, et, pour changer, ne soyons pas trop bête sur un sujet d’actualité pour lequel on entend bon nombre d’horreur bien-pensante.

Oui, tu l’as compris lecteur, mon semblables mon frère, je vais parler de quelque chose d’important, même si pas le plus urgent, je ne parlerais donc pas de la crise du logement, de l’impunité des banques financées et garanties par les états ou, encore mieux, de la soumission des états souverains aux intérêts du privé.

Non, non, ça, c’est peanuts à côté d’un truc qui  menace la planète et toute l’espèce humaine et va briser les sceaux de la destruction : le droit de deux personnes de se marier s’ils n’ont pas d’orifices complémentaires et qu’on ne peut pas brancher la prise d’un monsieur dans celle d’une dame.

Eh oui… c’est le « problème du mariage gay ». La tarte à la crème de jour du jour.

Lesbiennes hétérosexuelles s’embrassant devant des pédés d’anti-mariage gay

Certes,  j’ai bien conscience qu’il y aurait plus d’énergie à dépenser sur des sujets plus généraux, mais voilà… il y a de la vilaine discrimination sale qui se voile du voile blanc de la protection de l’enfance. Bah oui, parce que qui dit mariage, dit mouflet et qui dit mariage homo, dit partouze, drag queen et drogue. Heureusement l’Eglise veille, parce qu’on sait bien que, au bout de ce chemin de perdition, il y a la pédophilie, pré carré de l’Eglise catholique, on comprend donc qu’on ne puisse pas laisser ça à d’autre hommes qui ont le mauvais goût de ne pas porter de robe. Bien entendu, mon entourage catho bon teint a la position qu’on imagine là-dessus, alors je réagis.

Au départ, ça part d’un mail « informatif » d’un ami de mes parents, courriel passablement orienté auquel deux de mes petits frères ont brillamment répondu, bien plus pédagogiquement que moi, notamment mon benjamin, psychologue pour enfant qui a fait un résumé fabuleux et une analyse du rejet de la chose qui lui a valu toute mon admiration, dont certes je ne suis pas avare, ayant le bon goût de m’entourer de gens très forts. Mais, comme dit Renaud, « on choisit ses amis, mais rarement sa famille ». Là, coup de bol, j’ai eu la main heureuse (pour les autres frangins aussi, d’ailleurs). Je copie son texte dans le premier commentaire ci-dessous (ce qui ne vous dispense pas finir de lire cet article, bande de paresseux).

Évidemment, moi, dans l’échange mail, j’étais dans mon rôle habituel, provoc’ et violent. En mots, hein, parce que violent devant son ordinateur, ça vous oblige juste à racheter souvent un écran, sans que l’adversaire soit incommodé plus que ça, c’est nul.

 

Serge Dassault : Un opposant au mariage gay qui confond carte vermeille et permis de voler.

Après plusieurs allez-retour, on ne peut plus courtois, donc -on est entre gens de biens- le débat ne semblant pas retomber, au vu du conservatisme bienveillant et de la force d’inertie propre à notre grande bourgeoisie, il a bien fallu recourir aux grands moyens à savoir « utiliser son intelligence ».

Voilà bien une chose que je répugne à faire, la plupart du temps.
Réfléchir. Alors que je suis censé faire de la bande dessinée le reste de mes heures. Vous imaginez l’effort ?

Alors oui, Virginie Despentes a déjà brillamment répondu aux chrétiens biens pensant dont Jospin c’est fait le chantre récemment. J’avais pas forcément de l’intérêt pour cette femme, dont je n’ai lu aucun des livres ni vu les films (je vais me rattraper, au moins sur les films, il parait qu’ils sont du meilleur goût). Là, elle commence à m’intéresser bigrement vu comme elle a magnifiquement résumé la situation de son point de vue de gouine pas spécialement porté sur le mariage, mais qui voit très bien et met en lumière les droits qui sont déniés aux homosexuels par le refus du mariage gay (sans parler de l’adoption, hein).

Le problème, c’est que, parlant en tant que goudou dans un media homo (Tétu en l’occurence), les adversaires auront beau jeu d’ignorer ce texte. Vous pensez bien, s’intéresser au point de vue des intéressés ? Quelle blague !

Un autre texte, transmis par le fabuleux Pochep, autre baltringue notoire, m’a fait réagir récemment.
Il s’agissait d’un inverti absolument outré et fatigué de la campagne de dénigrement qui fait rage en ce moment, l’auteur met les indécis et les silencieux dans le choix pas cool de « es tu avec moi ou contre moi ? ». Quand on voit que ses amis et sa famille restent muets dans le tonitruant maelström d’amalgames qui sévit en ce moment et qu’on est de la jaquette, c’est effectivement à se demander si ces gens là vous aiment vraiment.

Bon, j’aime pas trop trop cette façon d’obliger à choisir un camp, surtout que, perso, je me fous pas mal que ce que font les gens dans leur intimité. Si vous préférez le goulot au cul de la bouteille ou la bite d’amarrage au chas de l’aiguille… grand bien vous fasse, chacun ses goûts.

Pour tout ceux qui aime la bite : vous voilà servis

Cependant, qu’on ne se méprenne pas, hein, j’ai rien contre les gros pédés du cul, mais j’en suis pas, hein, ah ah ah, non, faut pas déconner… Bon j’ai des amis d’amis qui en sont… bon non, ok, peut être même des amis tout court… Bon dieu, ces gens là sont partout.

Du coup, oui, il y a des gens que j’aime et qui souffrent de la situation et je vais pas laisser d’autres personnes leur chier dans les bottes sous prétexte que ces détracteurs, ce sont des gens de ma famille.

Bien entendu, je ne saurais pas être aussi bon que Virginie Despentes, mais peut être mon apport d’hétéro-macho-beauf permettra t’il d’atteindre d’autres néandertalien dans mon genre et si, au passage, on met un coup de sabre au goupillon, on ne se plaindra pas.

Alors poum, allonzy, on sort les flingues et on va se faire une ministre.

En l’occurence, je m’occupe ci-dessous d’un texte qui a une dizaine d’année, écrit par la mère Guigou, à une époque où elle était ministre, mais déjà vieille. Dans sa tête, hein, on attaque pas sur le physique.

Merde, on avait dit pas le physique…

Elisabeth Guigou, alors ministre du gouvernement Jospin, lors du débat sur le PACS le 3 novembre 1998, avait prononcé le discours suivant. 

Elisabeth Guigou : « Aujourd’hui (…) le Gouvernement soutient la proposition de loi sur le pacte civil de solidarité qui permet à deux personnes d’organiser leur vie commune dans la clarté et la dignité. (…) Pourquoi avoir dissocié le pacte de la famille ? Une famille ce n’est pas simplement deux individus qui contractent pour organiser leur vie commune. C’est l’articulation et l’institutionnalisation de la différence des sexes.

Tout de suite, une affirmation extrêmement discutable. Depuis quand une famille est elle l’articulation de la différence des sexes ? Est ce à dire qu’une famille de garçon dont la mère est décédé n’est pas une famille ? Est ce qu’une cellule familiale ou un homme  adopte un garçon n’est pas alors une famille ? 
Est ce qu’un couple qui divorce ou la mère prend ses filles perd son statut familial ?
Et bien sur les droits qui vont avec.
Non, on voit donc que cette phrase arbitraire est donc éminemment criticable, or, elle sert d’assise à tout le reste de la démonstration…

Elisabeth Guigou : C’est la construction des rapports entre les générations qui nous précèdent et celles qui vont nous suivre. C’est aussi la promesse et la venue de l’enfant, lequel nous inscrit dans une histoire qui n’a pas commencé avec nous et ne se terminera pas avec nous. (…) Nous reconnaissons, sans discrimination aucune, une même valeur à l’engagement de ces deux personnes, hétérosexuelles ou homosexuelles. Il fallait trouver une formule qui traduise cet engagement et le gratifie de nouveaux droits. Mais il fallait aussi bien marquer qu’au regard de l’enfant, couples homosexuels et hétérosexuels sont dans des situations différentes.

On a donc bien ici une discrimination, puisque, au regard des droits, alors qu’une cellule monoparentale de base hétérosexuelle dispose des même droits qu’une cellule hétérosexuelle « complète », on décide que « pour l’enfant » il doit en être différemment s’il s’agit d’une cellule homosexuelle, alors même qu’un enfant de divorcé ou de remarié ou de veuf se trouve lui-même dans une « situation différentes ». Bizarrement, le legislateur n’a pas cru utile de faire la différence, cette fois.

Elisabeth Guigou : La non-discrimination n’est pas l’indifférenciation.

Belle phrase langue de bois, ça séduit le bourgeois. « Science sans conscience n’est que ruineuh de l’âme… »  Si on différencie les homos pourquoi pas les autres ? pourquoi « l’indifférenciation » ne concerne-t-elle pas les divorcés, remariés et autre « particularisme »… Si un groupe subit un traitement différent des autres, inutile d’aller plus loin dans l’acrobatie lexicale, il s’agit de discrimination.

Elisabeth Guigou : Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Voilà pourquoi le PACS ne légifère pas sur l’enfant et la famille. Voilà pourquoi le pacte concerne le couple et lui seul. Les opposants au PACS prétendent que celui-ci serait dangereux pour le mariage. Mais ce n’est pas le PACS qui est dangereux pour le mariage !

On note d’ailleurs que, dix ans après, le PACS n’a en rien diminué la force de l’institution du mariage. A contrario des arguments avancés par ceux même qui, dix ans plus tôt prétendaient qu’il la détruirait et qui sont les même d’ailleurs que ceux qui hurlent contre le mariage gay. 
On peut prendre le pari que celui-ci ne détruira pas plus l’institution du mariage que ne l’a fait le PACS.

Le droit à chacun d’avoir des photos de mariage à la con.

Elisabeth Guigou : Celui-ci est en effet confronté depuis longtemps déjà aux évolutions de la société : crainte de s’engager pour la vie, peur d’évoluer différemment de l’autre, indépendance financière de plus en plus tardive, acceptation sociale de la cohabitation, volonté de ne pas faire sienne la famille de l’autre… mais malgré ces difficultés le mariage reste un idéal et a de beaux jours devant lui. (…) Le pacte civil de solidarité serait en deuxième lieu dangereux pour la famille et pour la société ! Mais le choix a été fait de dissocier pacte et famille car lorsqu’on légifère sur la famille, on légifère aussi forcément sur l’enfant. (…) En troisième lieu, certains s’inquiètent de ce que l’enfant serait oublié. Notre société ne protège pas assez l’enfant et en même temps qu’elle proclame l’enfant roi, elle le soumet trop souvent au seul désir de l’adulte. Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents.

On revient au problème des veuf et des famille monoparentale d’adoption… Ce droit de l’enfant à un père et une mère me parait bien étrange. Est ce à dire que, si un enfant perd un de ses deux parents, on va lui en caser un de force, au nom de son droit à un papa ou une maman ?
Ce droit à une père et à une mère va-t-il bientôt être associé à un droit à deux grand père et deux grands mères ? ça permettrait d’avoir des petits enfants de couples gays…
Et le droit à avoir des frères ET des soeurs, au nom de la diversité génétique au sein de la famille, on en fait quoi ?

Elisabeth Guigou : D’ailleurs aujourd’hui, la situation de l’enfant légitime qui vit avec ses deux parents est plus proche de la situation de l’enfant naturel qui vit lui aussi avec ses deux parents que de celle de l’enfant légitime de deux parents divorcés ou séparés. Enfin, certains ajoutent encore une menace : le pacte ne serait qu’une première étape vers le droit à la filiation pour les couples homosexuels ! Ceux qui le prétendent n’engagent qu’eux-mêmes. Le Gouvernement a, quant à lui, voulu que le pacte ne concerne pas la famille. Il n’aura donc pas d’effet sur la filiation.

De fait, il n’en a pas eu. Le PACS étant  utilisé par tous, homo comme hétéro, y compris  par les simples colocataires, c’est à dire en dehors de tout lien social de type union libre.

Elisabeth Guigou : Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en-dehors de la procréation naturelle.

On hallucine… Pas de droit à l’enfant en dehors de la procréation naturelle… Certains de mes amis, catholiques bon teint qui ont eu recours à l’insémination artificielle, ont donc outrepassé les limites du droit divin et humain.

Les parents adoptifs sont eux aussi de fieffés larrons, voleurs d’enfant, que fait la justice ?

Elisabeth Guigou : Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée ont tracé les limites du droit à l’enfant comme source de bonheur individuel en indiquant que les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant.

Alors au nom de quoi ces lois permettent elle à un être humain infertile ? Au nom du droit à avoir un corps qui fonctionne ? C’est étonnant d’hypocrisie, cette phrase qui prétend séparer l’outil du but… Si on soigne les personnes incapables d’avoir des enfants, c’est bel et bien pour avoir des enfants, et non pour la possibilité d’en avoir s’il le souhaite. Ce genre de jésuitisme ne blouse que ceux qui veulent bien le voir.

Elisabeth Guigou : Je reconnais que des homosexuels doivent continuer à s’occuper des enfants qu’ils ont eus même s’ils vivent ensuite avec un ou une compagne du même sexe, car la paternité ou la maternité confère des obligations qui ne peuvent cesser.

Ainsi la paternité et la maternité sont bel et bien distanciés totalement de la vie sexuelle du parent. On est content de le savoir, tellement c’est l’évidence… On peut donc être parents en étant hétéro et devenir homo après, là, pas de souci, en revanche, si on est homo avant, alors là, c’est mort.

Papa a payé son tribut à l’hétérosexualité, il peut désormais enfin aimer le plombier

Elisabeth Guigou : Or c’est une chose de maintenir un lien de parenté déjà constitué entre parents et enfants, c’en est une toute autre de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un enfant et deux adultes homosexuels. Dans le premier cas,
il s’agit d’une solution conforme à l’intérêt de l’enfant qui a le droit de conserver son père et sa mère lorsque ses parents se séparent. Dans le second, il s’agirait de créer de toutes pièces, par le droit, une mauvaise solution. Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir, la différence entre les sexes.

En quoi accorder le droit à l’adoption des enfants à un couple homo abolirait-il la différence entre les sexes ? Imaginons un couple homosexuelle mâle qui adopterait une petite fille. Est ce que de par la loi, la différence des sexes serait elle ainsi abolie que la petite fille se transformerait instantanément en garçon ?

La différence des sexes n’est en rien « détruite » aux yeux de l’enfant par le fait que ses parents soient deux hommes ou deux femmes et le prétendre est avoir une singulière conception de l’intelligence d’un enfant. Un enfant est certes entouré par ses parents, mais il est aussi confronté au monde où, singulière étrangeté, ce n’est pas parce que ses parents sont homo que, tout d’un coup, tous les être humains d’un autre sexe disparaissent au même moment.

Elisabeth Guigou : Cette différence est constitutive de l’identité de l’enfant. Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin d’avoir face à lui, pendant sa croissance, un modèle de l’altérité sexuelle.

On préférerait que madame Guigou préfère que le parent offre à l’enfant un modèle tout court. N’est il pas plus important qu’un enfant soit choyé et aimé plutôt qu’il ait devant lui des planches anatomiques vivantes des deux modèles reproductifs de l’espèce humaines ?

Préférerait on laisser un enfant battu à sa famille légitime au nom du modèle de l’alterité sexuelle ou le confier à des gens moins dans la norme admise ? Laissera t’on crever de faim un orphelin au nom de ce modèle à lui donner ?

Elisabeth Guigou : Un enfant adopté, déjà privé de sa famille d’origine, a d’autant plus besoin de stabilité sans que l’on crée pour lui, en vertu de la loi, une difficulté supplémentaire liée à son milieu d’adoption.

C’est vrai, pauvre gamin adopté… déjà qu’il a plus de parents, on va pas lui coller une paire de goudou ou un binôme de folles, il risquerait d’être déstabilisé, de perdre ses repères déjà tout chamboulés par le décalage horaire…

Encore une fois, on prend ici l’enfant pour un débile profond.

En parlant d’enfants débiles, je crois que même les sœurs Olsen ont comprise que tous les autres enfants ne sont pas elles. Heureusement pour eux d’ailleurs.



Un enfant adopté semble en général être capable de faire la différence entre ses parents naturels et ses parents d’adoption (comme c’est par exemple le cas d’un enfant africain ou asiatique adopté par des caucasiens). Le même enfant sera t’il incapable alors de faire la différence entre les hommes et les femmes ?



La stabilité passe t-elle par la juste répartition de gonades et de seins au sein d’un couple ou par l’amour et la confiance que lui donne ses parents ? Quelle étrange conception de la stabilité d’un couple et que devrait on penser de toutes ces familles  hétérosexuelles divorcées … Oh les beaux exemples de stabilité… Je ne remets pas en cause le divorce et le remariage, je note juste qu’il s’agit un sport uniquement réservé aux hétérosexuels, au nom de la stabilité à offrir aux enfants… D’ailleurs c’est la même Guigou qui, réclamant la stabilité pour les enfants, a facilité les démarches de divorces… On n’est pas à une contradiction prêt.

Les enfants de divorcés sont ils des tarés, malgré leur cadre instable ?
Je ne crois pas, j’en connais, y en a même qui votent à droite, pour vous dire comme ils sont devenus stables et épanouis.
On voilà mal pourquoi des enfants de couples homo seraient plus traumatisés avec des parents qui s’aiment, eux.

Elisabeth Guigou : Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité.

On voit que la démonstration est éclatante : après tant d’affirmation privée de fondements, il devient évident que, forcément, un couple homosexuel est moins épanouissant qu’une famille équilibrée en sexe parce que… parce que quoi déjà ?

Elisabeth Guigou : C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Je n’ignore pas les procès d’intention sur un éventuel « après » de cette proposition de loi qui préparerait des évolutions plus fondamentales de notre droit. Ce texte serait « une valise à double fond ». Je m’élève avec la plus grande énergie contre de telles insinuations. Ce vocabulaire de contrebande, qui fait croire que ce texte cacherait autre chose et que vos rapporteurs et le Gouvernement exerceraient une fraude à la loi, est inacceptable. Bien au contraire, le débat que nous allons avoir doit être conduit en toute clarté et je souhaite y contribuer. »

Enfin Elysabeth Guigou est honnête : le PACS n’est pas du tout l’ouverture du mariage gay et de l’adpotion, et elle est contre, parce que les gays sont des gens instables incapables d’élever des enfants. A part ça, comme Lionel Jospin, elle n’est pas homophobe pour un sou, hein… 

Un papa, une maman, un joli chapeau

Voilà pour ce texte. Il n’a pas pris une ride, contrairement à son auteur (le physique, merde, on avait dit pas le physique)
Je l’ai lu, et je n’en pense pas de bien.

Dans un pays dont la devise est « liberté, égalité, fraternité » on se demande bien comment nos braves hommes politiques ont compris le mot « égalité » sans parler de la fraternité, dont on sait que c’est le parent pauvre du trio.
On n’a plus qu’à gommer un peu la liberté, et ça y est, on aura de la place sur le fronton de nos mairie pour y remettre des valeurs un peu plus raccords avec le monde moderne, comme le travail, la famille, ou la patrie.

On pourrait y ajouter la religion et on serait les champions.

Concernant la famille, un brin d’honnêteté permettrait à nos bon défenseurs de l’enfance de se rappeler que le fameux modèle de famille occidental « papa maman bébé » est non seulement récent mais surtout battu en brèche tout au long de l’histoire et que ça ne tient pas non plus le déplacement géographique.

Au moyen âge, la mortalité faisait que l’enfant rencontrait rarement ses parents. Le modèle était parfois plutôt « parrain marraine bébé » quand les parrains marraines avaient la bonne fortune de survivre aux parents. La cellule familiale était réduite aux survivants et c’est encore le cas dans bon nombre d’endroits du globe.
Prétendrait on que les enfants sont de ce fait déséquilibrés ? Malheureux, peut être, manquant d’affection, c’est sûr, presque autant que de nourriture, mais heureusement, il existe l’adoption…

 

Mom + Step father + Ox + Donkey : le modèle de la famille divine.
ou : le droit de l’enfant à l’âne et au boeuf

 

Jusqu’au dix-neuvième siècle, dans les familles favorisées, le parent rencontrait rarement son enfant, le modèle familial de l’enfant c’était plutôt Nourrice-bébé jusqu’à ce que l’enfant soit en âge… alors il était où le beau modèle occidental des parents modèles d’hétérosexualité… Pour les couches populaires, l’enfant était surtout confronté à la mine ou aux champs plus qu’au modèle de la bipolarité sexuelle.

Et de fait, dans certains pays, c’est toujours le cas, pas si loin de chez nous, au Maroc par exemple, l’enfant est un employé à pas cher, corvéable à merci. Heureusement que chez ces gens là, on est vigilant à empêcher qu’un couple peu respectueux des édits divins vienne à sortir les chérubins de l’exaltant modèle familial qu’on leur donne, avec un papa-patron et une ou plusieurs mamans, bref, la diversité quoi…

On me répondra, que c’était avant, que c’était le moyen âge que c’est le tiers monde, que c’est le dix-neuvième siécle, que c’est l’Islam, que là on est en France, au vingtième siècle…

Eh ben non, figurez-vous on n’est plus au vingtième siècle, alors c’est moche, mais il va falloir penser à prendre le train en marche. Et, pourquoi pas, remettre Liberté, égalité et fraternité au programme de nos hommes politiques.

C’est pas tout jeune, mais ça complètera efficacement le vide de leurs fameuses « valeurs ».

 

Rocco ne manque pas d’idée pour remplir le vide de nos politiques